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Le 9 juin 2018, cela fera 25 ans jour pour jour que le Canadien a remporté la Coupe Stanley pour la dernière fois. Nostalgique de cette belle époque où le CH réussissait à faire les séries, avait un centre numéro 1 et comptait le prolifique John LeClair dans son alignement, Balle Courbe vous a préparé une série d’articles pour fêter ce triste anniversaire.

Aujourd’hui, François Lemay vous parle des séries éliminatoires de 1993 telles qu’il les a vécues en tant que fan des Nordiques.

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C’est bien beau se remémorer la dernière Coupe Stanley du Canadien (et de tout le Canada, parce que c’est ça qui est ça), il n’en demeure pas moins que cela réveille de très mauvais souvenirs chez l’ancien partisan des Nordiques qui sommeille en moi. Parce que 1993, c’était notre année, à nous.

On venait de passer au travers des saisons tellement misérables que les déboires actuels du CH en sont presque risibles. On avait subi des slogans du genre « La force des jeunes! » ou « Le meilleur est à venir! ». Et, pour ajouter l’insulte à l’injure, un maudit grand fendant de Toronto venait de littéralement envoyer paître la ville de Québec au grand complet en refusant d’y jouer. Disons que, pour les partisans des Bleus, la saison 92-93 fût l’équivalent d’un long orgasme après une disette de plusieurs années. Ça faisait du bien.

Jusqu’à la maudite série contre le Canadien.

On était entré favori dans la série, fort d’une saison de 104 points et d’un alignement composé de joueurs tels Mats Sundin, Joe Sakic, Owen Nolan et Ron Hextall, dans les buts. On était amanché pour veiller tard et, en plus, on aurait le plaisir de se farcir le Canadien en première ronde. Une formalité, parce que l’équipe de qui on doit se méfier, c’est Boston.

Même Ginette, dans ce temps-là, chantait pour les Nordiques!

C’est d’ailleurs ce qui s’est produit lors des deux premiers matchs disputés au Colisée. On gagne le premier en prolongation, merci Scott Young ! Et voilà qu’il remet ça le match suivant, en marquant 2 buts dans une victoire de 4-2. Une formalité, je vous disais!

C’était sans compter sur trois événements qui viendront faire tourner le vent vers l’ouest de la 20.

Le premier? Ron Hextall a comme superstition d’aller toucher le centre de la glace avant chaque match. Mario Roberge a compris le manège et lors du troisième match (le premier disputé au Forum), il se tient en plein centre de la patinoire, bloquant le passage au gardien des Nordiques.

On perd le match 2-1.

Le deuxième? Une phrase anodine lancée par Daniel Bouchard, l’entraîneur des gardiens de but chez les Nordiques, à Réjean Tremblay lors d’une entrevue. « On a décelé une faille dans le jeu de Patrick Roy. » Sans le savoir, Bouchard venait de réveiller la bête endormie et Roy sera impérial jusqu’en finale de la Coupe Stanley. Il ne faut pas piquer l’orgueil de Patrick. Oh, non.

Et le troisième, c’est que le coach du Canadien Jacques Demers a réussi à mettre les dieux du hockey du bord de la Sainte-Flanelle en allant prier à la Basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, juste avant le cinquième match à Québec. Et comme ces mêmes dieux ont toujours été un tantinet défavorables à Québec, il n’en fallait pas plus pour sceller le sort des Bleus qui finirent la saison humiliés, tels un Mats Sundin se faisant engueuler sur le banc pas Pierre Pagé.

Leur seule consolation? Ils auront été éliminés par les champions de la Coupe Stanley.



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