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Pour donner suite à la série des équipes de la LNH qui pourraient surprendre, je vous livre aujourd’hui mes impressions sur celles qui, contrairement aux Canes, aux Jets et aux Sabres, risquent de décevoir leurs amateurs en 2017-2018.

Loin de leur prédire une déroute assurée, je suis, disons, « préoccupé » par le sort de trois formations que les experts voient majoritairement participer aux séries, mais à propos desquels j’entretiens des doutes : les Sharks, les Sénateurs et les Canadiens.

1- Les Sharks vieillissent

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Crédits photo : Getty Images

Après une participation à la finale de la Coupe Stanley au printemps 2016, les Sharks ont assez bien performé l’an passé, avec 46 victoires et 99 points. Voyant l’équipe être éliminée dès le premier tour des séries par les Oilers, l’état-major aurait eu tout avantage à se retrousser les manches pour que l’équipe fasse un retour en force en 2017-2018.

L’été s’est toutefois conclu avec pour seul changement la perte de Patrick Marleau, véritable pilier de la concession pendant 19 saisons, et auteur de 24 buts l’an dernier. Aucun changement à l’attaque, aucun non plus en défensive, et ce malgré un noyau dur vieillissant. Cela peut étonner, car Joe Pavelski et Brent Burns sont de jeunes trentenaires au sommet de leur art, qui figurent parmi l’élite de la LNH à leur position. Par contre, on ne peut en dire autant de certains autres joueurs « clés » de la formation californienne.

Joe Thornton (38 ans) vient de connaître une saison de seulement 7 buts (sa pire récolte depuis son année recrue, il y a 20 ans) et 50 points, 32 de moins que l’année précédente. Joel Ward (36 ans) a perdu de sa vitesse et, suite à des saisons de 19 et de 21 buts, il n’en a marqué que 10 en 2016-2017. Paul Martin (36 ans) est encore un vétéran utile, mais il ralentit peu à peu et ne peut plus se permettre d’accumuler les minutes de jeu comme il le faisait précédemment. Cela ne serait pas si inquiétant si Mikkel Boedker, Tomas Hertl, Joonas Donskoi et Chris Tierney, principaux espoirs à s’aligner avec les Sharks, montraient des signes d’amélioration, mais ils plafonnent, ne semblent pas prêts, du moins pour l’instant, à reprendre le flambeau offensivement.

Pour toutes ces raisons (le départ de Marleau, la baisse de régime de certains vétérans, l’absence d’acquisition sur le marché des joueurs autonomes, les espoirs qui plafonnent), les Sharks pourraient se retrouver hors du portrait des séries, ce qui représenterait certainement LA déception de l’année dans la LNH.

2- La défensive fragilisée des Sénateurs d’Ottawa

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Après s’être rendus jusqu’en finale d’association le printemps dernier, on pourrait s’attendre à ce que les Sénateurs soient logiquement de retour en éliminatoires cette saison, mais je crois qu’il faut éviter de sauter trop vite aux conclusions.

Discrets sur le marché des joueurs autonomes, les Sens n’ont fait aucune acquisition digne de mention, avec pour seule récolte Johnny Oduya, un vétéran défenseur de 36 ans dont les performances décroissent d’une année à l’autre. Résultat : la formation offensive demeure la même que la saison dernière, mais la brigade défensive est affaiblie si on la compare à celle de l’an dernier. En effet, si on additionne la blessure d’Erik Karlsson, qui ratera le début de la saison, à la perte de leur as défensif Marc Methot, on constate que c’est sans la première paire défensive qu’elle alignait en séries qu’Ottawa devra se débrouiller, du moins pour les premières semaines.

Par ailleurs, Derick Brassard, qui après une saison régulière décevante s’est ressaisi en éliminatoires, a subi cet été une chirurgie à l’épaule. En raison de cette intervention, il a manqué la totalité du calendrier préparatoire. Ainsi, même s’il devait commencer la saison régulière à temps, il ne serait pas dans une forme maximale, heurtant ses chances de retrouver le niveau de jeu qu’il avait atteint  il y a deux ans (58 points dont 27 buts).

Sachant qu’un premier mois décevant pourrait suffire à les sortir de la course aux séries (ils se sont qualifiés l’an dernier par une maigre marge de 4 points), ça ne regarde pas très bien chez les Sénateurs, si vous voulez mon avis.

3- L’été sans point ni coup sûr des Canadiens

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L’été a commencé du bon pied du côté du CH. Jonathan Drouin, l’un des meilleurs joueurs à sortir du Québec dans la dernière décennie, a été acquis en retour de l’espoir Mikhail Sergachev. Les fans se sont mis à rêver à une offensive puissante, pleine de munitions.

Puis, tout s’est écroulé.

D’abord, Alexander Radulov, qui avait soulevé les foules tout au long de l’année par son talent et sa fougue, a choisi de quitter vers Dallas. Cela fait en sorte qu’au lieu d’être bonifiée par l’arrivée de Drouin, l’attaque du CH est plutôt, à court terme, « kif-kif » (à court terme, je le répète, car que d’ici 2-3 ans, il sera un bien meilleur joueur que Radulov).

Ensuite, Andrei Markov, exaspéré de se battre avec Marc Bergevin pour un contrat qui le satisfasse, s’en est allé pour la Russie. Cette perte, au-delà des dommages que cela causera à l’avantage numérique et à la productivité offensive de l’équipe, laisse un trou béant du côté gauche de la brigade défensive, déjà fragilisée par les départs de Nathan Beaulieu et d’Alexei Emelin (dont je ne m’ennuierai pas, mais bon, il faut quand même noter son départ). La montée en force de Victor Mete qui, malgré son talent, sa vitesse et son potentiel, ne devrait jamais, au grand jamais, être en mesure de joueur sur une première paire défensive à 19 ans, est la preuve indéniable de l’absence totale de profondeur du Canadien à cette position.

Enfin, les acquisitions sur le marché des joueurs autonomes, outre celle de Karl Alzner (une acquisition satisfaisante, sans plus), n’ont été qu’une suite de coups d’épée dans l’eau. Ales Hemsky, un joueur fini depuis longtemps, qui passe davantage de temps couché dans son divan à caler du Advil que sur la glace depuis des années. Mark Streit, qui aura 40 ans d’ici Noël, si lent et inefficace que, même avec une brochette de blessures, les Penguins ont préféré le laisser de côté durant les séries. Joe Morrow, qui ne cesse de décevoir depuis sa sélection au premier tour en 2011. Éric Gélinas (invité à un essai) qui n’a pu faire mieux que de parapher un contrat pour jouer à Laval. Rien pour écrire à sa mère, comme dirait l’autre. C’est donc dire qu’à moins d’une transaction majeure d’ici demain (ça presse!), le CH amorcera la saison avec un alignement moins talentueux que l’an dernier, ce qui n’est jamais bon signe.

Au risque d’être le party pooper de la gang, je crains fort qu’à moins d’un x’ième miracle signé Jésus Price, le CH ne se qualifiera pas pour les séries le printemps prochain.

Selon vous, quelles équipes de la LNH pourraient décevoir, cette année ?



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