Et si on vous demandait d’identifier la transaction qui a eu la plus grande incidence sur le destin des Flyers de Philadelphie?

Vous seriez nombreux à nommer celle de Jeff Carter ou encore de Mike Richards. D’autres soulèveraient sûrement le nom de Sergei Bobrovsky, qui a remporté le trophée Vézina après avoir quitté la ville de l’amour fraternel. Les gros noms qui ont quitté Philadelphie ces quinze dernières années ne manquent pas, mais un tend à nous échapper : celui de Patrick Sharp.

En décembre 2005, Bobby Clarke procède à une transaction sans faire de bruit.

Il échange un attaquant de 24 ans qui a seulement récolté 15 points en 66 matchs depuis son arrivé dans la LNH. Patrick Sharp ne réussit pas à faire sa place au sein de l’alignement, alors que les postes de centre sont déjà occupés par Peter Forsberg, Michael Handzus et des vedettes montantes, Jeff Carter, Mike Richards, R.J. Umberger…

Il obtient en retour Matt Ellison, aujourd’hui un joueur étoile en Russie et autrefois un espoir avec un certain potentiel de jouer dans la LNH. Celui-ci ne jouera que sept matchs à Philadelphie, alors que Sharp connaîtra sa véritable éclosion avec les Hawks, dans une équipe avec moins de profondeur, davantage prête à lui faire de la place, à l’aile. Le dépisteur québécois Simon Nolet, qui a repêché Patrick Sharp, l’a encore sur le coup. Selon ses dires, Clarke considère même que c’est sa pire transaction à vie.

Et en effet, l’attaquant du Manitoba deviendra partie intégrante de la mini dynastie des Blackhawks de Chicago, qui remporteront trois championnats en cinq ans – dont un premier face à l’ancienne équipe de Sharp.

Lors de la finale contre les Flyers de 2010, Sharp termine meilleur buteur de son équipe alors qu’elle bat Philadelphie en six matchs. Sharp s’inscrit d’ailleurs au pointage dans chacun des deux derniers matchs de la série.

Sharp

Avec du recul, il va de soi que cette transaction est nettement à l’avantage des Blackhawks et même qu’on peut se demander si elle n’a pas fait la différence pour déterminer la formation victorieuse.

Après tout, si les 11 buts et 11 passes de Sharp, cette année-là, avait été inscrit au compte des Flyers, il est fort à parier que certains matchs auraient connu une issue différente.

Maintenant, encore faut-il que Sharp se soit correctement développé, à Philadephie, sous le règne d’un Ken Hithcock peu enclin à lui faire de la place. Qui sait, peut-être que ce serait Sharp qui se serait exilé en KHL, s’il n’avait jamais abouti à Chicago. Mais…

Admettons que Sharp ne passe jamais aux Hawks, qu’est-ce qui se passe? Est-ce que les Flyers gagnent la Coupe Stanley en 2010? Si oui, est-ce qu’ils se départissent quand même Jeff Carter et Mike Richards, dans les mois qui suivent?

Certainement pas. Est-ce que les Kings remportent quand même la Coupe Stanley? Est-ce qu’en 2014, sans Carter ni Richards, les Kings s’inclinent devant… les Hawks, bien ironiquement, en finale de conférence?

Admettons que… Patrick Sharp n’est jamais échangé par les Fl…Bobby Clarke l’a encore sur le cœur, celle-là.

Le premier épisode complet d’«Admettons que…» sera disponible lundi!

Publié par Balle Courbe sur 25 août 2017

Dans le premier épisode du podcast Admettons que…, on explore tous ces scénarios, et bien plus.

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