Associations sportives

Les associations sportives mineures dépendent largement du travail bénévole, souvent offert par des parents soucieux du loisir de leurs enfants. C’est grâce à des volontaires au grand coeur que ces associations peuvent survivre, et permettre aux athlètes de demain de se développer. Malheureusement, la gestion bénévole vient souvent de pair avec un manque de structure et d’instruments de surveillance. La reddition de compte est parfois l’affaire d’une seule personne, qui travaille dans l’ombre. Ce type de contexte peut mener à des dérapages troublants.

C’est ce qui s’est produit dans l’Association de hockey mineur de l’Ontario.  Celle-ci supervise le développement de plus de 100,000 jeunes regroupés dans plus de 200 ligues locales. Une employée de 45 ans, responsable des finances, aurait dérobé plus de 2,4 millions de dollars de la caisse à l’intérieur d’une période de six mois l’été dernier. L’argent, amassé par les coûts d’inscriptions, aurait été utilisé pour du magasinage en ligne et des jeux de loterie électroniques. La femme transférait au compte-goutte des transférer des sommes du compte principal vers le compte secondaire, dont elle était la seule gestionnaire. Elle travaillait depuis plus de 15 ans au sein de l’organisation. Elle connaîtra dans les prochaines mois sa sentence.

Ce cas avait fait les manchettes, en raison de la somme astronomique qui avait été dérobée. Mais une enquête du journaliste Jamie Strashin, pour la CBC, nous indique que ce problème est un fléau répandu à travers le pays.

Des associations sportives dépouillées de 8M$ depuis 10 ans

Dans la dernière décennie, la CBC a dénombré plusieurs cas semblables, où un employé malveillant profitait de sa position de trésorier pour s’en mettre plein les poches. Dans la dernière décennie seulement, on recense environ 8M$ qui aurait «disparus» des coffres de différentes associations sportives canadiennes.

Plus proche de nous, en Gaspésie, le directeur des loisirs de Sainte-Anne-des-Monts est accusé de fraude. Celui-ci aurait encaissé frauduleusement plus de 60,000$. C’est après avoir découvert certaines irrégularités, dans les livres comptables, qu’une enquête a été lancée. Les vols se seraient échelonnés sur une période de dix ans.

Dans la plupart des cas, ce sont des individus en contact direct avec l’argent qui procèdent à ces fraudes: ceux qui gèrent la question, ceux qui signent des chèques, etc. Ces personnes sont généralement très à l’aise avec les budgets, et savent comment manipuler les chiffres.

Le pire dans tout ça?

C’est qu’on peut soupçonner qu’une somme beaucoup plus importante que huit millions de dollars ont été dérobés, récemment. Car comme l’indique l’article, lorsque le pot aux roses est découvert, beaucoup d’organisations préfèrent régler «à l’interne» les dettes. Souvent, c’est mieux ça que d’ébruiter la chose. C’est que les personnes dirigeantes sont responsables de la bonne gestion des finances, et ne souhaitent pas exposer au grand jour leur négligence.

Et tout ça, au détriment des associations sportives… et des jeunes.



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