ouvreurs

Le baseball est en train de changer. Alors que l’utilisation du defense shift est de plus en plus populaire, voilà qu’une nouvelle façon de faire est en train de s’installer tranquillement : l’utilisation de lanceurs dits « ouvreurs » ou, en bon français, des openers.

C’est, en fait, le contraire d’un releveur. Normalement, un bon lanceur partant donne environ six ou sept manches à son équipe et la relève doit s’occuper de terminer le match. Cela signifie qu’il va affronter deux ou trois fois les frappeurs adverses. Or, avec les reprises vidéo disponibles en temps réel dans les abris, et les cartables de statistiques avancées, un frappeur est avantagé à sa deuxième présence qu’il affronte un lanceur — et encore plus la troisième ou quatrième fois qu’il se pointe au marbre. Les bons frappeurs s’habituent au rythme du lanceur, surtout s’il connait une journée moyenne.

C’est là qu’arrive l’ouvreur, un lanceur spécialisé dans les premiers retraits. Comme ce sont les meilleurs frappeurs qui sont en haut de la rotation, l’ouvreur n’a pas à se soucier de ménager son bras pour effectuer une centaine de lancers et il peut donc lancer sa rapide le plus fort possible afin de déjouer le frappeur. Il n’y a pas cette période de flottement dans laquelle les deux équipes s’étudient. De plus, comme l’ouvreur n’a pas à affronter plus d’une fois les frappeurs adverses au cours du même match, il n’est pas obligatoire qu’il possède trois ou quatre tirs différents. Une excellente balle rapide et une cassante font l’affaire.

Une fois les premiers retraits effectués, ou après la première manche, le lanceur « partant » vient remplacer l’ouvreur pour six ou sept manches avant d’être lui-même remplacé par un lanceur de relève, le cas échéant.

C’est nouveau, ça?

Oui et non. En 1924, les Senators de Washington ont remplacé leur lanceur partant après deux frappeurs afin de le remplacer par un gaucher, mieux équipé pour affronter le milieu de la rotation des Giants de New York. Et, en 1993, les A’s d’Oakland étaient tellement poches sur le monticule que leur gérant Tony La Russa avait décidé d’utilisé des escouades de lanceurs de relève avant de mettre un terme à l’expérience après six matchs.

Les Rays, des avant-gardistes du baseball?

L’idée de l’ouvreur en tant que tel, par contre, a commencé à être implantée l’année dernière par les Rays de Tampa Bay qui ont utilisé, dans un premier temps, le releveur Sergio Romo à cette position avant de le remplacer par deux autres lanceurs de relève et de retourner Romo à sa position originale de closer. Et cela a fonctionné ! Alors que la MPM pour toute la MLB s’est élevée à 4,15, les Rays ont maintenu la leur à 3,97.

Alors, même si les équipes de la MLB demeurent conservatrices et continueront, pour l’instant, de jouer de la même manière qu’elles le font depuis l’arrivée des rotations de lanceurs telles qu’on les connait depuis les années 80, si ça fonctionne, il y a de bonnes chances que l’on voit de plus en plus d’ouvreurs au cours des prochaines saisons.

Reste à déterminer l’effet que cela aura sur l’offensive en général, qui est de plus en plus difficile à générer…



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