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Donc, pas de Québécois chez le Canadien hier soir. Dominique Ducharme a parlé d’un concours de circonstances. Il a raison. Si Jonathan Drouin et Phillip Danault ne sont pas sur la touche, il y a ici deux Québécois qui se retrouvent parmi les attaquants les plus utilisés de l’équipe.

Dans des circonstances différentes, soit une place en séries assurée ou une saison perdue d’avance, au cours d’un calendrier de 82 matchs, le Canadien aurait pu rappeler un Québécois du Rocket. Il aurait joué neuf-dix minutes. On lui aurait dit marci dans la langue de Gerry Boulet et le sujet aurait été clos, du moins jusqu’au repêchage.

Cette fois, il n’y en avait pas pour vrai. Ce qui pour un seul match est pratiquement anecdotique. Ce qui est le plus triste, est que ça ne dérange pas grand monde, particulièrement les gens de ma génération.

Ce n’est pas l’absence de Québécois un lundi 10 mai qui accroche, c’est le symbole que ça représente. Je traçais un parallèle, il y a un peu plus d’un mois, entre un jeune Daniel et Jonathan Drouin. En somme, je disais qu’un jeune Daniel aurait voulu être Jonathan Drouin. Pas Nick Suzuki, pas Shea Weber, pas Auston Matthews, pas Connor McDavid.

Je me voyais, et vois encore, à travers le gars de chez nous qui a participé au tournoi Tiri à Repentigny et qui s’est gossé un slapshot au parc Thiffault en arrière du garage municipal.

Hier, pour la première fois, ce gars-là n’était pas là.

N’importe où?

À Chaque repêchage, les mêmes questions reviennent. Les mêmes réponses, aussi.

« Dis-donc, Alexis, François, Jacob, Mathieu, par quelle équipe aimerais-tu te faire repêcher? »

« En autant que je me fasse repêcher, l’équipe ça ne me dérange pas. »

Vraiment? Tu as fait perdre une demi-journée à tes parents pour un autographe de David Wilkie et tu as appris à lire en lisant le résumé du match de François Gagnon ou Marc De Foy.

Puis ça ne te dérange pas de te faire repêcher en troisième ronde par le Canadien ou les Coyotes? Vraiment?

Les joueurs qui évoluent présentement dans la LNH ont mon âge. Ils ont grandi avec les résultats décevants de leur équipe d’enfance et malheureusement, on s’en est habitué. On s’est aussi habitué à tripper sur des vedettes, aussi peu nombreuses soient-elles, qui ne sont pas québécoises.

Petit rappel de garçon vieux jeu, ici. Nous sommes 8 millions de Québécois, plus quelques autres éparpillés, dans une mer de centaines de millions d’anglophones et hispanophones.

Cette petite gang-là a un jour créé une équipe de hockey à qui elle a associé une partie de son identité et de sa fierté. Un rappel ponctuel ne ferait pas de tort.

Notre faute?

Chaque fois que le sujet revient, l’organisation reçoit d’abord le pot. Probablement avec raison.

A-t-elle absolument tout fait pour attirer les talents québécois au bercail? Les apparences font défauts, pourrait-on simplement résumer.

Mais parmi ceux qui critiquent sans retenue l’organisation, certains devraient se garder une petite gêne. Je parle de certains partisans et certains membres du portrait médiatique.

Il me semble qu’un bel exemple est survenu il n’y a pas si longtemps? N’est-ce pas?

 

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Quand un Québécois veut s’impliquer à Montréal en signant un contrat à long terme, on a beau jeu de critiquer son apport s’il n’est pas à point. Ça fait partie de la game.

Mais quand on simplifie l’analyse à le traiter de lâche, de paresseux et de sans-cœur, il ne faut pas se surprendre si le joueur en question suggère à son ami d’y penser à deux fois avant de signer un contrat de six ans à Montréal.

Parlez-en à Patrick Roy, Stéphane Richer, Patrice Brisebois, Guillaume Latendresse, Mike Ribeiro, José Théodore et Jonathan Drouin.

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Mitchell Layton/Getty Images

Quand tu analyses leurs carrières, certaines critiques qu’ils ont dû recevoir relèvent pratiquement de la science-fiction.

Bref, avant de critiquer l’organisation, parfois, un p’tit travail d’introspection…

Ah oui et avant de vous laisser. Ceux dont l’argument est : Aimes-tu mieux gagner sans Québécois ou perdre avec pleins de Québécois?

De grâce, trouvez autre chose. On est loin d’être le Lightning.



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