En ce début de 21ème siècle, le 9e art, celui de la célébration de but, est entré dans une période de Grande Noirceur. Depuis Teemu Selanne et son fameux « Gunshot du gant volant à la 22 », les véritables artistes se font rares, la créativité et l’innovation ayant totalement disparu des patinoires nord-américaines.

Les chefs d’œuvres classiques ont désormais cédé la place aux « sauts arrière dans la baie vitrée », « sourires niais » et « deux bras dans les airs ». Tel Jean Airoldi devant un pantalon de corduroy, les amateurs sont dégoûtés par ce flagrant manque de style et réclament du changement.

Face à tant de vulgarité artistique, je me fais votre sauveur et vous annonce la naissance d’un mouvement visionnaire, celui de la célébration post-moderne. Alliant à merveille pyrotechnie, viandes et substituts, gymnastique chypriote et backflips en bécyk à gaz, ce véritable vent de fraîcheur propulsera assurément la LNH dans une nouvelle ère, transformant à jamais notre sport national.

Voici, en avant-goût, quelques figures de base du post-modernisme de la célébration de but au hockey.

1. La Stojko extra fruitée

Après avoir marqué, le joueur s’élance et exécute un triple axel. Il se dirige ensuite vers le banc de son équipe, où il désaltère ses coéquipiers avec un grand pichet de punch aux fruits McCain en clamant le slogan « De la performance et du goût ».

N.B. Le port d’une délicate Longueuil frisottée ferait exploser la valeur artistique de ce mouvement.

 

2. L’intouchable

Le joueur marque, s’empresse de récupérer la rondelle et, ni une ni deux, il la slappe avec une force surhumaine sur le tableau indicateur. Juste avant l’explosion de l’écran, il se retourne, enfile ses lunettes soleils et patine avec une

dégaine de bad boy sur la chanson « Cool guys don’t look at explosions ».

 

3. Des bananes et des Yakupov

Le joueur prend son élan et traverse la glace à toute vitesse en glissant sur les genoux à la Yakupov. Classique, jusqu’ici, mais coup de théâtre ! La porte au coin de la patinoire s’ouvre soudainement et lui permet de poursuivre sa glissade dans l’entrée de la zamboni sur un tapis banane en caoutchouc bien arrosé. Le tout, bien sûr, en éclaboussant la foule comme un béluga de Marine Land !

 

4. La Jean-Claude Van Damme

Pourquoi limiter l’art de la célébration aux attaquants, quand un gardien réalisant un blanchissage pourrait facilement exécuter une élégante splitte entre deux zambonis filant à toute allure sur la glace ?

volvo

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5. Le prophète

Après avoir marqué, le joueur se dirige vers le cercle des mises en jeu, au centre duquel il plante violemment son bâton. Un joueur suffisamment prophétique fendra la patinoire en deux, séparant ainsi les eaux glacées pour céder le passage à son équipe tel Moïse dans ses belles années.

P.S. Pour les intéressés, un manifeste du post-modernisme de la célébration au hockey sera en vente dans l’entrée de garage de mes parents dès le printemps prochain. Vous pouvez communiquer avec moi pour en réserver un exemplaire ou encore pour proposer une célébration originale de votre cru.

Cordialement,

Antoine Desjardins

Créateur célébrationnel d’avant-garde



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