L'ambiance au Centre Bell pour le Canadien

Lundi soir, le Canadien de Montréal a sorti les balais afin de montrer la porte aux Jets de Winnipeg devant une foule clairsemée, mais survoltée, au Centre Bell.

La popularité du Canadien n’est pas en baisse en se rapprochant ainsi d’une participation à la finale de la Coupe Stanley, au contraire, c’est plutôt les conditions sanitaires toujours en vigueur qui obligent le Centre Bell à réduire ses ambitions par rapport au nombre de partisans dans les gradins.

Mais la vie reprend tranquillement après une longue année pandémique.

Avec le retour des gens dans les gradins, ça voulait aussi dire que les débordements festifs dans la rue suivraient un triomphe de la Sainte-Flanelle. RDS était d’ailleurs sur place pour documenter l’ivresse de ce surprenant triomphe en quatre matchs.

Et c’est ici que réside un petit malaise.

Les célébrations en temps de crise

Petite précision avant de me lancer : je n’ai pas une volonté de revoir les gens enfermés à la maison. Bien au contraire, le retour à la vie normale est souhaité.

Par contre, une année complète à se laver les mains partout, à se tenir loin, à se masquer, à se donner du coude pour éviter les contacts, à ne pas voir sa famille, ses amis, ses proches, et bien, ça laisse des traces. Il y a les traces concrètes, comme les gallons de désinfectants à l’entrée des commerces, mais il y a aussi les traces invisibles, celles en résidence dans notre subconscient.

Je dois avouer qu’au moment d’écrire ces lignes, je trouve ça encore difficile de voir des foules rassemblées sans distanciation, sans masque et sans précaution.

RDS.ca

Oui, on veut reprendre la vie normale, mais il faut avouer que ce n’est pas aussi simple que d’appuyer sur un bouton «on/off».

Lundi soir au Centre Bell, après une série électrisante de quatre matchs victorieux pour le Canadien, les gens ont déversé dans les rues avoisinantes. Comme d’habitude vous me direz. C’est la tradition. Montréal est sens dessus dessous quand le Canadien chevauche un triomphe important.

Mais nous ne sommes pas en temps normaux, malgré l’espoir de la vaccination et le soulagement collectif de voir les régions passer du rouge à l’orange.

RDS.ca

La prudence

Alors nous nous retrouvons à une drôle de croisée des chemins.

Le Canadien poursuivra son aventure et pourra aller jouer aux États-Unis sans quarantaine aux douanes. Les partisans seront encore une fois présents au Centre Bell et, qui sait, peut-être de plus en plus nombreux. La rue Sainte-Catherine, inévitablement, retrouvera ses apparences de fourmilières. Le bleu, le blanc et le rouge seront omniprésents, tout comme les plus festifs sans chandail en raison de la chaleur.

La frénésie se frayera un chemin après une année en jachère.

RDS.ca

Sauf que c’est difficile de ne pas avoir un peu peur, de craindre une rechute, un regain de vie de la terrifiante COVID-19.

C’est difficile de simplement se dire «tout sera ok» quand, depuis un an, on nous martèle que les dangers sont réels. C’est anxiogène, même, de voir autant de joie dans les rues. C’est déstabilisant de l’exprimer ainsi, mais c’est l’effet de la pandémie : jongler avec des sentiments contradictoires.

Alors oui, soyons heureux des succès du Canadien. Extatiques de revivre collectivement quelque chose comme un triomphe après autant d’écrasantes contraintes. Optimistes, même, de revoir une parade dans les rues de Montréal.

Mais soyons quand même prudents. Je pense qu’il est surtout là mon message. Le malaise ne doit pas être un frein aux festivités, mais faites attention à vous autres pour qu’on puisse continuer de dire que «tout va bien aller» sans discrètement croiser nos doigts dans notre dos.

C’est juste ça dans le fond. Faites attention à vous autres et n’oubliez pas tout ce que l’on vient de vivre malgré vos envies de crier votre joie sur tous les toits.



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