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Si vous lisez Balle Courbe de façon régulière, vous savez que c’est samedi le 21 août qu’aura lieu SummerSlam, un gala majeur de la WWE.

En laissant de côté la victoire du British Bulldog contre Bret Hart en 1992 (puisqu’elle a déjà été abordée par mon collègue), je propose ici cinq moments ayant marqué l’histoire de cet événement.

Ceci devrait nous rappeler que souvent, ce qu’il y a de plus intéressant à la lutte, ce n’est pas la lutte.

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Rey Mysterio contre Eddie Guerrero

Parfois, la WWE a davantage des airs de soap opera que de compétition athlétique. Et puisque les soaps mexicains sont parmi les plus ridiculement dramatiques, il apparaît normal que l’histoire opposant Rey Mysterio Jr. à Eddie Guerrero en 2005 ait été particulièrement dégoulinante de drama.

À quelques semaines de Summerslam, alors que Mysterio est sur le ring avec son fils, Guerrero lâche une bombe digne des meilleures telenovellas : c’est lui, et non pas Mysterio, qui est le véritable père du jeune Dominick. Comme ça demeure de la lutte, un seul moyen s’impose donc pour déterminer qui obtiendra la garde légale de l’enfant : un match avec échelles dans le cadre du prochain pay per view.

Un mois plus tard, le match va bon train et — oh DRAMA! — alors qu’Eddie Guerrero est sur le point de mettre la main sur les papiers d’avocats suspendus au-dessus du ring, sa femme fait son entrée en scène, court vers lui, lui dit « Non Eddie! Ne fais pas cela! Nous ne pouvons assumer la garde de cet enfant! », à quoi Guerrero répond « Va t’en! Laisse-moi faire! ». Consciente de l’impasse, elle pousse l’échelle et propulse son mari au loin, permettant à Rey Mysterio de prendre possession de la mallette et d’assumer la garde du garçon qu’il a élevé.

En tous cas, je dis ça comme ça, mais si j’étais producteur télé, je crois que je m’inspirerais de ça pour renouveler la formule de L’arbitre, avec Marie-France Goldwater.

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Le premier match "TLC"

N’en déplaise aux amateurs des pièces « No Scrubs » et « Waterfalls », TLC, dans l’univers de la lutte, est l’acronyme de « Tables, Ladders and Chairs » ; il s’agit donc d’un combat impliquant obligatoirement des échelles, des tables ainsi que des chaises. La WWE avait déjà présenté des matchs impliquant l’un ou l’autre de ces accessoires, mais à Summerslam 2000, elle innove en les réunissant tous dans le même affrontement.

Quand on dit qu’un seul match peut être suffisant pour lancer une carrière, on peut évoquer celui-ci comme bon exemple ; cela dit, il n’a pas propulsé qu’un seul lutteur vers le statut de supervedette, mais bien six. Les trois équipes avaient toutes leur spécialité et se complétaient parfaitement bien l’une l’autre, en plus d’avoir le courage d’effectuer des manœuvres que peu d’autres lutteurs auraient osé imposer à leur corps.

Vraiment, un match d’anthologie et le début d’un concept qui en produira d’autres.

Ultimate Warrior c. Honky Tonk Man à SummerSlam 03

Ultimate Warrior contre Honky Tonk Man

Photo : WWE.com

La ceinture intercontinentale a une riche histoire et l’un des moments les plus marquants de celle-ci a eu lieu lors du premier Summerslam, en 1988.

Après avoir vaincu Ricky Steamboat, le Honky Tonk Man — un lutteur se prenant pour Elvis — devint le douzième champion intercontinental, titre qu’il conserva pendant 454 jours, ce qui demeure encore à ce jour un record absolu. Personne ne semblait en mesure de battre le lutteur-musicien, lui qui était alors accompagné par Jimmy Hart.

À SummerSlam, donc, c’est un Honky Tonk Man très confiant qui lance un défi au vestiaire : quiconque est assez courageux n’a qu’à venir l’affronter pour le titre. Un moment passe, puis les premières notes de la chanson du Ultimate Warrior résonnent dans le Madison Square Garden, au grand plaisir d’une foule presque hystérique. Avec son énergie habituelle, le Warrior saute sur le ring, la cloche sonne et, 31 secondes plus tard, la ceinture change de main.

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Shane McMahon contre Steve Blackman

Lorsqu’on pense à l’ère Attitude, on pense avant tout à Stone Cold Steve Austin, à The Rock ainsi qu’à Mick Foley. Ces lutteurs avaient certes le sens du spectacle, mais peu d’entre eux étaient prêts à repousser les limites comme le faisait sporadiquement Shane McMahon, le fils du boss (bon, ok, peut-être à part Mankind…).

Shane O’Mac, qui n’était pas lutteur « de formation », a rendu certains matchs mémorables en effectuant certaines des cascades les plus audacieuses de l’histoire de la compagnie. Si, à mon sens, sa cascade la plus spectaculaire demeure sa descente du coude sur Big Show à Backlash 2001, la légende de Shane commence véritablement à Summerslam 2000, alors qu’il affronte Steve Blackman pour le défunt titre Hardcore.

À un certain moment du combat, Shane décide en quelque sorte de prendre la fuite, mais n’a de meilleure idée pour cela que de commencer à escalader la structure qui tient en place le décor de l’événement. Évidemment, Blackman l’imite, mais est armé d’un bâton. Rendu au sommet de la structure, McMahon constate qu’il n’a plus d’issue et, après avoir mangé quelques coups, lâche prise et tombe à la renverse, atterrissant une trentaine de mètres plus bas. Personne n’avait jamais rien vu de tel et Shane devint aussitôt respecté par tous.

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Le mariage de Macho Man

Ce top débute et se termine avec des moments où le spectacle et le divertissement priment sur l’athlétisme. Après tout, c’est justement cette dimension qui fait de la lutte professionnelle une discipline sportive si différente des autres.

Les scénaristes de la WWE savent depuis longtemps que pour qu’une histoire soit vraiment intéressante, ça prend de l’amour. Au fil des ans, plusieurs mariages ont donc été mis en scène, qu’on pense à Triple H et Stephanie McMahon, à Kane et Lita, à Edge et Vickie Guerrero ou même à Mad Dog Vachon et Ophelia. Mais peu ont été aussi marquants de celui de Macho Man et Elizabeth ; en fait, c’est cette cérémonie, et non un match de lutte, qui fut le véritable « main event » de Summerslam 1991.

Si la cérémonie nous a permis de voir le côté sensible de Macho Man, la réception, dont les images ont été diffusées quelques jours plus tard, a été encore plus divertissante. Alors que les nouveaux mariés y déballaient leurs cadeaux, le serpent de Jake « The Snake » Roberts s’est échappé d’une boîte, créant une commotion. Aussitôt, The Undertaker est apparu et a sacré un coup d’urne sur le crâne du marié. Une échauffourée s’en est suivie, pour rappeler à tous que ce qu’ils écoutaient était bien de la lutte et non une émission à Canal Vie.



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