La réponse est simple : ça vous prend une bonne dose de mauvaises décisions et une pincée de malchance. Pour élaborer, prenons comme exemple les pitoyables Browns de Cleveland. Ça tombe bien, RGIII vient de signer avec eux la semaine dernière.

Depuis leur retour dans la NFL il y a 17 ans, les Browns ont une fiche de 87-185 (.320) et n’ont pris part aux séries éliminatoires qu’à une seule reprise. Grosso modo, les Browns ont en moyenne une fiche de 5-11 à chaque saison.

Amateurs des Canadiens, si vous pensez que la saison est longue et que la saison morte laisse place à de faux espoirs, imaginez la vie des pauvres amateurs des Browns. Ils sont aussi cyniques et désabusés avec l’état-major de leur équipe que nous avec nos politiciens.

Voici quelques raison qui expliquent pourquoi les Browns en arrachent tant, et depuis si longtemps.

Une longue liste de quarts

Pour gagner dans la NFL, ça te prend un bon quart-arrière. Ou un vieux qui aime la Budweiser, Papa John’s pis qui est appuyé par une défensive qui torche solide.

À Cleveland, on en a inséré 24 quarts dans l’alignement partant en 17 ans. Pendant ce temps, les Patriots ont accumulé plus de championnats que de joueurs derrière le centre.

Quarts-arrières partants depuis 1999

CLEVELAND                                    NOUVELLE ANGLETERRE

Tim Couch                                         Drew Bledsoe
Ty Detmer                                         Matt Cassel
Doug Pederson                                 Tom Brady
Spergon Wynn
Kelly Holcomb
Jeff Garcia
Luke McCown
Trent Dilfer
Charlie Frye
Derek Anderson
Brady Quinn
Ken Dorsey
Bruce Gradkowski
Colt McCoy
Jake Delhomme
Seneca Wallace
Brandon Weeden
Thad Lewis
Jason Campbell
Brian Hoyer
Connor Shaw
Josh McCown
Austin Davis
Johnny Manziel

Quart Brown

Repêchages bousillés

Les Browns ont un talent exceptionnel à complètement manquer leur coup, et ce avec une constance désarmante. Un exemple :

En 2012, les Browns envoient leurs choix de 1re, de 4e, de 5e et de 7e ronde aux Vikings pour grimper d’un seul rang et ultimement choisir Trent Richardson, un joueur qui, à moins de ressusciter à Oakland, se classera parmi les pires choix de l’histoire de la ligue.

L’année suivante, ils expédient Richardson aux Colts contre un choix de 1re ronde. Ce choix deviendra ultimement Johnny Manziel alias le gars qui se retrouve déjà dans la discussion des pires choix de l’histoire de la NFL.

Les Browns, c’est pas mal ça.

Chaise musicale d’entraîneurs

Est-ce qu’il y a quelque chose dans la vie d’une équipe professionnelle qui peut faire plus mal qu’un problème de stabilité? Les Browns sont à leur 9e entraîneur-chef et leur 7e directeur général à la barre de l’équipe depuis leur retour en 1999.

Ouch.

L’effet Nordiques

En 1995, à la surprise de plusieurs, Art Modell, le propriétaire des Browns annonce que l’équipe déménagerait à Baltimore. C’est une question de stade pour faire original.

Les Browns renaissent (bon, le terme est peut-être un peu poussé…) en 1999 sous forme d’équipe d’expansion. Mais comme le destin fait mal les choses pour les ClevelandoisClevelandiens,  pour le monde de Cleveland, les Ravens de Baltimore finissent par remporter le Super Bowl en 2000, à peine 5 ans après leur départ de Cleveland. Ça vous rappelle la saga Nordiques/Avalanche?

Cleveland Browns

Une culture de losers

On dit que quand une personne décède dans une maison, ça sent la mort. Même en changeant de propriétaire, même en rénovant, ça reste.

C’est un peu ce qui se passe à Cleveland. Ça prend plus que du Febreze pour faire enlever l’odeur de la défaite perpétuelle.

Les Browns ont une histoire faste en victoire et en championnats dans les années 50 et 60. Et même dans le temps de Bernie Kosar dans les années 80, c’était du solide.

Pis un jour la pyrite a pogné dans le scellage, les fissures, le ciment qui s’effrite, jusqu’à leur départ pour Baltimore en 1995. Malheureusement, au retour des Browns en 1999, tout semble avoir été bâti sur cette même maison qui sentait encore la mort.

Un mauvais sort signé Belichick ?

On vous rappelle qu’avant leur départ pour Baltimore en 1995, l’entraîneur des Browns était un certain Bill Belichick qui a été remercié et a tenté de se bâtir une carrière ailleurs. On me dit que ça s’est bien passé ses affaires. Mais on dit aussi qu’avant de partir, l’empereur Palpatine de la NFL aurait jeté un sort à la ville.

Ça explique pas mal de choses.



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