Comment ça, Montréal n’est pas une ville de baseball?

À toutes les fois qu’il est question d’un éventuel (et de plus en plus probable) retour du baseball à Montréal, il y a deux ou trois pisses-vinaigre pour nous ramener dans la face les années Brochu et Loria (et la démolition systématique) des Expos pour nous dire que ça fonctionnera pas. Que Montréal n’est pas une ville de baseball parce qu’ils sont allés au stade une fois en 2004 et il y avait seulement 3 ou 4 personnes dans les gradins.

Mais, on oublie vite que l’histoire du baseball dans la métropole ne commence pas en 1969, au Shea Stadium, lors d’un match contre les Mets. Et qu’il y a déjà eu un stade pas très loin du centre-ville. En fait, si le baseball professionnel montréalais débute en 1897 avec la première mouture des Royaux de Montréal, il prend son envol en 1928 avec la construction du stade Delorimier (coin Ontario et Delorimier) et le retour des Royaux (tiens tiens), qui s’étaient absentés quelque temps durant les années 20.

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L’âge d’or du baseball professionnel mineur commence en 1939,  avec l’affiliation aux Dodgers de Brooklyn, et se termine avec le départ des Royaux pour Syracuse en 1961 (suite à leur départ pour Los Angeles cette même saison, les Dodgers s’affilient avec les équipes AAA de Spokane et d’Omaha).

Durant ces années, plusieurs futurs grands noms du baseball majeur passent par Montréal. Le premier qui vient en tête est bien entendu Jackie Robinson, premier joueur noir à jouer dans les majeures, qui passe la saison de 1946 avec les Royaux.

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Il y a eu aussi Roberto Clemente qui est passé par Montréal en 1954, avant de connaître une carrière extraordinaire avec les Pirates de Pittsburgh. Le Portoricain est malheureusement décédé prématurément en 1972, alors que l’avion dans lequel il prenait place pour aller aider des sinistrés nicaraguayens s’est écrasé au large de Puerto Rico.

Le lanceur Don Drysdale, quant à lui, a joué en 1955 à Montréal. Il gagnera le Cy Young avec les Dodgers en 1962, prendra sa retraite en 1969 et deviendra descripteur des matchs de Los Angeles, à la radio, jusqu’à son décès en 1993. Ironie du sort, il meurt d’une crise cardiaque à l’hôtel Sheraton, au centre-ville de Montréal, alors qu’il devait décrire un match au stade olympique.

Et, c’est sans oublier Tommy Lasorda, l’éternel gérant des Dodgers (1976 à 1996), qui a séjourné deux fois avec les Royaux, comme lanceur, entre 1950 et 1955, et entre 1958 et 1960.

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Même les Royals de Kansas City ont volé l’uniforme et le nom des valeureux Royaux ! (Bon, je sais ben que c’est pas ça, mais j’avais besoin de m’indigner.)

Bref, Montréal n’est pas une ville de baseball? Trouve donc un autre argument.



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