Dans la voûte du Musée Guindon, c’est une série où je vous présente hebdomadairement un joyau de ma collection sans prétention de cossins sportifs, en insistant sur le « pourquoi-du-kossé-que-j’ai-c’t’asti-de-bébelle-là », mais aussi en se servant de ce prétexte pour se raconter des belles histoires sportivo-historiques.

La World League of American Football (ou la WLAF, ou la Ligue Mondiale de Football si vous préférez) est une de ces étranges créatures apparues dans le monde du sport professionnel à la fin des années 80 / début des années 90. On se reparlera une autre fois de la ligue de roller-hockey, de la ligue canadienne de basketball ou du arena football pour mieux se concentrer, aujourd’hui, sur cette ligue de développement mise sur pied par la NFL.

Les plus nostalgiques prendront plaisir à réciter les fabuleux noms des clubs, tout en insistant sur leurs logos ou leurs couleurs à la fine pointe du nec plus ultra du raffinement sophistiqué de 1990: les Monarchs de Londres, les Dragons de Barcelone, le Galaxy de Francfort, les Knights de New York-New Jersey, le Fire de Birmingham, les Riders de San Antonio, le Surge de Sacramento, les (très anonymes) Skyhawks de Raleigh-Durham, le Thunder d’Orlando (favoris de tout le monde à cause de leur gilet vert fluo), et bien sûr, la Machine de Montréal.

Pour mieux connaître la rocambolesque histoire qui a mené au retour du football professionnel à Montréal (les Alouettes s’étant envolées en 1987), je vous conseille fortement le documentaire Avalés par la machine, disponible sur rds.ca. (Ça a l’air d’une grosse plogue mon affaire, mais je vous jure que c’est bon! Jacques Dussault en a long à raconter! )

Bref, après une première victoire à l’étranger à Birmingham, c’est en pleine confiance que la Machine s’est amenée à Montréal en avril 1991. Un gros buzz médiatique entourait ce match inaugural, qui avait lieu un lundi soir (drôle de choix), 1er avril (drôle de hasard!). Ce sont pas moins de 53 238 personnes qui ont pu assister à la première partie en sol montréalais de la nouvelle grosse machine bourgogne, MAIS PAS MOI.

Plus de 20 ans plus tard, je ne sais toujours pas si j’ai été victime d’un poisson d’avril, mais je sais très bien que j’ai en ma possession un billet inutilisé pour ce match et que je n’y suis pas allé. Donc, le billet n’est pas un billet de trop pour qui nous n’aurions pas trouvé preneur puisque nous n’y étions pas… À moins que….

À l’époque, j’avais 11 ans. Lundi soir. 20 heures. J’avais de l’école le lendemain… Je pense avoir été victime d’un coup monté du genre:

Maman à moi: « Papa va revenir tard ce soir. Il a eu un billet pour le football. »

Et cinq ans plus tard:

Papa à moi: «Tiens mon fils, tu te souviens quand je suis allé voir la Machine? Non? Bon, anyways, j’avais pas UN billet. J’en avais DEUX. Mais je trouvais que t’étais trop jeune pour sortir un lundi soir… Faque le v’là ton billet. Mets-le dans ta boîte à cossins. »

La douleur étant trop vive, j’ai préféré oublié comment j’ai acquis ce billet.

Depuis ce moment, il fait partie de ma prestigieuse collection.



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