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Carey Price clignotera des yeux pour aiguiser ses réflexes. Brendan Gallagher enfilera du ruban sur sa main endolorie. Tomas Tatar, tiens, écoutera un rythme slovaque pour se préparer au grandi défi qui s’amorce.  Vous aussi, partisans, vous entamerez votre routine.

Ça fait un bon moment que nous n’avons pas vécu ça, un match des séries, quand il commence à faire beau dehors. Printemps 2017, la dernière fois. La saison où nous avons été enchantés par Alexander Radulov.

Cet été, ça ne compte pas vraiment. C’était cute, la série contre les Penguins et la tentative contre les Flyers, mais nous n’étions pas dans l’ambiance.

Ces temps-ci, si tu te promènes sur Twitter, tu constates qu’il y en a de l’ambiance. Une ambiance tout à fait négative, avec les retraits maintenant officiels de Jesperi Kotkaniemi et Cole Caufield, mais une ambiance quand même.

Et savez quoi? Une victoire de 4 à 1, avec 2 buts d’Eric Staal et 34 arrêts de Carey, puis tout vient de changer.

 

PC

Les préparatifs

En attendant, vous partisans, quelle sera votre routine?

Commençons par le souper. On se trouve souvent des excuses pour favoriser la pizza à la salade grecque, puis une IPA à 7% au jus de tomates. Le premier match des séries, c’est une excuse tout à fait valable. On est jeudredi en plus.

Avec le beau temps et la technologie, on peut maintenant écouter le match dehors, sur le patio. On a tu le droit d’inviter le voisin dans sa cour ou on n’a pas le droit-là? Les allègements s’en viennent, invite donc le voisin et paie lui la pizza. On fera comme oublier qu’il est 21h30 au milieu de la troisième période quand il n’aura qu’à sauter par-dessus la clôture pour retourner chez lui.

Une rencontre des séries écoutée à l’extérieur quand le soleil se couche plus tard sur le patio flambette, construit avec le bois payé plus cher que la maison, ça doit ressembler à ça un début d’été parfait.

On va avoir le soleil dans la face pendant toute la première période, mais ce n’est pas grave, ça va faire une belle photo sur Instagram.

L’avant-match

 Ça fait un bon moment que tu n’avais pas écouté les observateurs y aller de leurs analyses avant le début de match. C’est certain qu’un Canadien-Canucks de début mars perd un peu de son unicité.

Pour la première rencontre des séries, tu fais comprendre à ta copine, ton copain, tes enfants, qu’à compter de 18h30, tu ne réponds plus à l’appel de ton nom. Un partisan du Canadien n’allume pas sa télévision à la presse à 19h37 sur une fin d’hymne nationale.

Non, il se met dans l’ambiance 1h avant. Il réapprend ça détester les Maple Leafs, si ça peut. Au passage, il constate que ses favoris sont mieux de ne pas écoper de trop de pénalités, parce que son trippe d’écouter les séries dehors va se terminer assez sec merci.

Le partisan a également une heure pour se pomper solidex sur le fait que KK et Caufield ne jouent pas le premier match. « J’en reviens pas. On a besoin de goals », répète-tu pour la huitième journée consécutive.

Ça commence!

 Il est 19h37, l’hymne nationale vient de finir, on est prêt à commencer. On a enfilé le vieux t-shirt de Michael Ryder #73 acheté à la boutique souvenir après sa saison recrue. Certains souvenirs vieillissent plus mal que d’autres.

On est sur le bout de notre siège et soudainement, on a oublié la fois où on a dit : « Moi, le Canadien, c’est fini. Je suis tanné. »

Quand on aime, une équipe, on l’aime inconditionnellement. On se débouche une deuxième IPA et sur le bout de notre siège, on encourage nos glorieux et on y croit!

 

Eric Staal, bloque un tir du défenseur aves ses jambières. Il met le gros cargo en marche et s’échappe à la vitesse de… Il s’échappe, tire, et compte! Staal donne les devants au Canadien d’une belle feinte du revers.

Un à zéro Montréal dès la 2e minute de jeu. Il est lent comme un paquebot, mais il a encore des mains le vieux vétéran.

« On va n’avoir besoin de notre Staal. Un vieux vétéran qui a déjà gagné la Coupe, tu en as jamais de trop. Il attendait les séries pour se mettre en marche », dis-tu à ton voisin qui fait le tour de la cour en chantant Olé Olé!

Un vrai partisan, quoi. Et c’est bien parfait comme ça. C’est ce qui fait vivre cette équipe depuis 111 ans, au fait. N’écoutez pas ceux qui vous disent quoique ce soit avec la phrase qui commence par : « il y a juste à Montréal que… » Il n’y a rien de plus faux.

Canadiens – Maple Leafs, ne sait-on jamais.

Bonnes séries, tout le monde!



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