Trois époques de Dennis Rodman

Le 13 mai 1961, venait au monde Dennis Keith Rodman qui allait devenir, durant les années 80 et 90, l’ultime vilain garçon de la NBA.

Avec la diffusion du documentaire The Last Dance sur la dernière saison de Michael Jordan à Chicago, on apprend aussi à mieux connaître son entourage de l’époque et Rodman, membre très important de la deuxième trilogie de championnats, reçoit une attention particulière en raison de son excentricité, de son histoire, de son talent indéniable sur le terrain et de son magnétisme indescriptible.

Le Worm a captivé les amateurs de la NBA d’abord avec son talent, puis il s’est invité dans le grand cercle des célébrités avec ses fréquentations, ses propos et ses projets à l’extérieur du terrain.

Mais qui est Dennis Rodman?

Pour sa fête, on tenait à vous montrer plusieurs de ses visages au fil du temps.

Le Bad Boy sur le terrain

Dennis Rodman a travaillé d’arrache-pied pour se sortir d’une situation précaire lors de son enfance et c’est avec son travail acharné qu’il s’est finalement taillé une carrière sur les terrains de basket malgré un talent moins naturel que d’autres.

C’est pourquoi il a été sélectionné tard lors de la 2e ronde du repêchage de 1986 et il a débuté sa carrière dans la NBA à chauffer le banc des Pistons d’Isiah Thomas et Bill Laimbeer – les Bad Boy Pistons.

De fil en aiguille il s’est imposé avec son flair pour attraper des rebonds et sa défensive très physique. Il a remporté deux championnats avec les Pistons, en 1989 et 1990, tout en semant la terreur dans l’Est auprès de ses coéquipiers.

Lorsqu’il a été échangé aux Spurs de San Antonio, on croyait qu’il était sur le déclin. Mais le Worm a retrouvé la forme et il a rejoint les Bulls la saison suivante afin d’y remporter trois championnats avec Michael Jordan et Scottie Pippen.

De 1986 à 2000, Dennis Rodman a remporté deux fois le titre de joueur défensif par excellence de la NBA en plus de détenir pendant sept saisons les meilleures statistiques sous les paniers au niveau des rebonds. Même s’il était un spécialiste de la défensive, Rodman a rejoint le Temple de la renommée de la NBA en 2011.

L’incident avec un caméraman

Le 15 janvier 1997, lors d’un match entre les Bulls et les Timberwolves du Minnesota, Dennis Rodman a dépassé la ligne sur le terrain alors qu’il a envoyé un violent coup de pied à l’endroit d’un caméraman.

Fâché d’avoir chuté après avoir trébuché sur le caméraman Eugene Amos, qui s’était aussi retrouvé au sol, Dennis Rodman lui envoie un franc coup de pied dans les parties.

Disons que sa suspension de 11 matchs après coup allait alimenter énormément son personnage déjà bien fourni de vilain garçon sur le terrain.

Membre de la NWO

Le 10 mars 1997, alors qu’il est toujours actif dans la NBA, Rodman en a surpris plusieurs lorsqu’il a rejoint le groupe de méchants lutteurs menés par Hulk Hogan à la WCW de l’époque : la NWO.

Cette alliance allait ultimement mener à un match impliquant aussi un autre joueur de la NBA et un rival de Rodman sur le terrain : Karl Malone du Jazz de l’Utah.

Ce combat, à l’été de 1998, sonnait le début de la fin de la carrière de Rodman dans la NBA après son passage avec les Bulls. À la fin de sa trentaine, le spécialise du jeu physique et des rebonds suivait de moins en moins le rythme imposé par les jeunes jambes du circuit.

Un mariage avec soi-même

En 1996, Dennis Rodman lançait un livre : Bad As I Wanna Be. Cette autobiographie mettait notamment l’accent sur la sexualité fluide de Rodman, quelque chose d’encore très tabou à l’époque.

Pour faire la promotion de ses attirances multiples et de sa liberté, Rodman s’est marié lui-même avec la robe de mariée et un sourire immaculé.

C’était évidemment un coup de pub pour vendre des livres, mais il n’était pas rare de voir Rodman utiliser des vêtements féminins pour s’exprimer lors de ses présences publiques. À sa façon, Rodman a contribué à l’installation d’un climat plus tolérant dans le monde machisme du sport.

Ses relations très médiatisées

Quand il n’était pas en train de se marier lui-même, Dennis Rodman avait le don d’avoir à son bras une personne aussi flamboyante que lui et les caméras se sont vite entichées des relations turbulentes de la vedette de la NBA.

On ne sait évidemment pas tout de la vie amoureuse de Rodman, mais il a tout de même eu des relations affichées avec plusieurs vedettes des années 90, incluant Madonna, Toni Braxton et Carmen Electra qui allait devenir son épouse. Cette relation était hautement surveillée par les journaux à potins puisque les deux tourtereaux ne lésinaient pas sur les déclarations. On a même parlé d’un divorce quelques jours après le mariage suivi d’une réconciliation. Les deux avaient une sexualité très affichée et un «sex tape» était en circulation à l’époque.

Il a ensuite posé ses pattes avec Michelle Moyer, sa seconde épouse, avec qui il aura deux enfants. Cette longue relation marque la fin des «années de galipottes» devant les caméras des paparazzis.

Ses problèmes de consommation

Dans The Last Dance, Phil Jackson et Michael Jordan parlent ouvertement du caractère plus explosif de Rodman et de l’espace qu’on devait lui donner à l’extérieur du terrain afin qu’il soit présent lors des matchs.

Un incident, notamment, parle d’une pause autorisée par l’équipe où Rodman est «partie sur la go» à Las Vegas sans donner de nouvelles.

En 1993, aux prises avec des problèmes de consommation et de dépression, Rodman avoue avoir songé au suicide et il était près de passer à l’acte avant de s’endormir dans sa voiture avec une arme chargée.

Les problèmes de Rodman avec l’alcool ne s’arrêteront pas là. En 1999, il est arrêté en état d’ébriété. Durant les années 2000, il participe à des émissions de télé-réalité (The Celebrity Apprenctice) et on en apprend plus sur ses séjours dans des maisons de désintoxication. Il a même participé à l’émission Sober House sur le sujet.

Par contre, en 2010 lors de la première télé d’une autre émission, Celebrity Rehab, Rodman est de nouveau arrêté par la police en état d’ébriété.

Cette partie de Rodman est moins colorée que le reste de son personnage, mais elle offre une perspective troublante sur les démons qui bouillonnent en lui depuis sa plus tendre enfance.

Son amitié avec Kim Jong-un

Depuis plusieurs années, Dennis Rodman affiche une amitié surprenante avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Même qu’il agit, à l’occasion, comme agent de communication entre les États-Unis et les Corée du Nord.

C’est même pas des blagues.

Unis par l’amour du basket-ball, Rodman a même déjà raconté des soirées de débauches à Pyongyang avec son «ami pour la vie». Cette relation très étonnante a souvent fait les manchettes depuis 2013.

N’empêche que grâce à Rodman, on imagine Kim Jong-un un peu chaudaille dans un karaoké et l’image nous fait sourire.

Dennis Rodman l’acteur

Comme s’il n’avait pas déjà suffisament de cordes à son arc, Dennis Rodman a aussi tenu la vedette d’un film avec Jean-Claude Van Damme où les deux devaient affronter un méchant Mickey Rourke.

D’une certaine façon, Rodman était comme une version plus grande, plus musclée et plus colorée de Wesley Snipes. Mais le talent d’acteur n’y était absolument pas alors qu’il jouait essentiellement son rôle devant les caméras.


Revisiter la carrière de Dennis Rodman nous rappelle que les vedettes sportives, à l’ère des médias sociaux et des communications contrôlées par les équipes, sont beaucoup plus lisses. On ne reverra pas un personnage divertissant comme lui, du moins, ça nous surprendrait énormément.

Et c’est dommage.



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