J’ai cherché un angle toute la journée pour vous parler de cette essentielle vidéo publiée par Katie Nolan du réseau Fox Sports à propos du retour au jeu de Greg Hardy, suspendu par la NFL à la suite des allégations de violences conjugales répétées à l’endroit de son ancienne conjointe.

Voici la vidéo ici, on en parle ensuite.

Nolan fait généralement dans l’humour et parfois dans l’humeur. C’est une étoile montante du journalisme sportif aux États-Unis et cette prise de position risque de malheureusement lui valoir autant d’éloges que de reproches.

Pourquoi? Parce qu’elle a raison.

Elle a raison de critiquer les priorités des médias. Elle a raison de critiquer l’entretien que l’on fait d’une culture misogyne et violente. Elle a raison de dire que la NFL se fout pas mal de qui joue dans la ligue, tant que les profits sont au rendez-vous.

Elle a raison sur toute la ligne, et pourtant, encore beaucoup de gens vont s’insurger contre sa franchise et son langage coloré.

Pour ceux moins familiers en anglais, voici les grandes lignes de sa vidéo.

> Elle déplore le fait que Greg Hardy parle aux médias en utilisant une expression reliée aux armes à feu (coming out guns blazing), lui qui a été suspendu en raison d’accusations de violence conjugale avec son ex-conjointe incluant, notamment, la présence d’armes à feu.

> Elle critique aussi la NFL de diffuser la vidéo sur son site officiel, qui arbore le logo pour la sensibilisation au cancer du sein.

> Greg Hardy a ensuite commenté l’apparence de la conjointe de Tom Brady et de sa sœur.

> La chroniqueuse souligne que le joueur n’a même pas été capable de tenir 12 minutes sans manquer de respect aux femmes, même en considérant ses actions du passé.

> Elle en rajoute en soulignant le fait que d’autres journalistes ont surenchéri en demandant à Hardy s’il appréciait aussi la copine de Blake Bortles des Jaguars de Jacksonville.

> Elle conclut ensuite en soulevant une question essentielle : qu’est-ce qui est important pour les médias sportifs? La sacro-sainte NFL ou faire la promotion de la décence humaine, du respect et de l’égalité.

Elle s’attaque à une cible très puissante, c’est-à-dire la NFL. D’autres, comme le populaire Bill Simmons ou encore Keith Olbermann, s’y sont brûlés. Elle y va pourtant avec toute la franchise qu’on lui connait avec une arme de poids que l’on sous-estimait encore récemment : c’est une femme.

Katie Nolan peut dénoncer ce genre de situations, car elle en est la principale victime. Les histoires de violence, de harcèlement, de traitement inéquitable, ce sont des maux presque exclusivement féminins. Si avant on ne leur permettait pas d’avoir une opinion sur la chose, nous sommes maintenant à l’ère de la dénonciation, de la conscientisation.

Nolan «commence» dans le métier, mais elle dit les bonnes choses et utilise la bonne tribune pour le faire : l’Internet.

Libérée des contraintes des médias traditionnels, généralement contrôlés par des hommes, elle peut faire raisonner sa voix féminine sur des causes qui la touchent directement. Et elle touche la cible, et il faut partager son message. Massivement!

Si un diffuseur ne retire pas le micro de ses humains médiocres qui abusent des femmes, peut-être le feront-ils quand le public se désistera de son offre, affectant ainsi la rentabilité des opérations. Après tout, diminuer les profits est encore, malheureusement, la seule façon de faire changer les choses en ce bas monde.

Bravo à Katie Nolan pour la franchise. Ne parlons pas ici de courage, s’il vous plaît. Elle n’est pas courageuse, elle fait seulement ce que nous devrions tous faire : user du gros bon sens.

Chapeau!



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