Eli Manning au Super Bowl XLVI

L’inévitable nouvelle est tombée cette semaine du côté des Giants de New York : Eli Manning sera cloué au banc dès le prochain match. Daniel Jones, le controversé choix de première ronde de l’équipe au printemps, prendra le relais avec l’objectif de relancer l’attaque famélique des G-Men.

Bonne chance.

Cela dit, on doit maintenant regarder la carrière d’Eli Manning dans son ensemble en s’imaginant qu’elle est peut-être terminée — ou du moins sur ses derniers kilomètres.

Eli Manning — futur membre du Temple de la renommée?

Le cadet des frères Manning joue présentement sa 16e saison dans la NFL, toutes avec les Giants de New York. On se souvient que lors du repêchage de 2004, les Chargers avaient sélectionné Manning avec le premier choix au total, mais Eli a refusé de jouer pour San Diego. Une transaction a donc été faite avec les Giants et les Chargers héritaient de Philip Rivers, le 4e choix au total, ainsi que d’autres compensations.

L’ancien quart de l’Université Ole Miss s’est donc installé chez les Giants et il a remplacé Kurt Warner durant sa saison recrue pour ne plus jamais regarder derrière lui. En fait, c’est probablement sa plus grande qualité comme quart : il n’a pas raté de matchs (ou presque).

Eli Manning a une impressionnante séquence de 210 départs consécutifs derrière le centre des Giants qui s’est terminée en 2017, la deuxième plus longue de l’histoire.

Par contre, ce que l’on retient surtout d’Eli Manning c’est ses deux conquêtes du Super Bowl avec les Giants en plus de ses deux titres de joueurs par excellence de l’ultime match de la saison. En fait, seulement un quart dans l’histoire de la NFL a remporté deux Super Bowl sans se voir introduire au Temple de la renommée et il s’agit de Jim Plunkett. Il a soulevé deux fois le trophée Vince Lombardi avec les Raiders durant les années 80, remportant le MVP une fois, mais les portes du Temple se sont fermées devant lui.

Et ça pourrait arriver à Eli Manning aussi.

Bon, mais pas légendaire

Oui, si on s’arrête au Super Bowl d’Eli Manning, on peut facilement se convaincre qu’il mérite sa place chez les immortels de la NFL. Mais quand on creuse un peu sa carrière, il y a des nuances à faire.

Eli Manning a surtout des stats impressionnantes en raison de sa longévité. Il est le septième de l’histoire avec 56 537 verges par la passe et huitième de l’histoire avec 362 touchés. Deux top-10 de l’histoire, c’est bien, mais c’est aussi du volume seulement.

De 2005 à 2012, les Giants n’ont pas connu de saisons perdantes. Sauf que l’équipe était solide et la défensive absolument terrifiante. Au final, Eli Manning a une fiche de .500 comme partant des Giants. 116 victoires et 116 défaites (excluant les éliminatoires). C’est bon, mais ce n’est pas légendaire. À titre de comparaison directe, Philip Rivers a une fiche de 119-91 en 22 matchs de moins.

L’autre élément qui n’aide pas la candidature de Manning c’est qu’il n’a jamais été considéré comme le meilleur à sa position durant une saison complète, même qu’il n’a jamais passé proche. De 2011 à 2015, sa meilleure période statistique, il perçait à peine le top-20 au niveau de la cote de passeur (passer rating) et du pourcentage d’efficacité. Au mieux, il s’est classé au 7e rang pour les passes de touchés, mais il lançait beaucoup d’interceptions.

Il n’a jamais mené la NFL dans une catégorie offensive durant une saison, sauf une : les interceptions.

Et si on cherche des grands matchs d’Eli Manning, il faut creuser. En 16 ans, il a cinq matchs de plus de 300 verges, trois touchés et aucune interception. Jared Goff, à titre d’exemple, en a déjà plus que lui et il a 200 matchs de moins de joués.

Le verdict

Personne ne pourra jamais enlever à Eli Manning une chose : le 3 février 2008 et le 5 février 2012, il était le meilleur quart au monde. Il a connu ses hauts aux bons moments et il s’est sorti de l’ombre de son frère grâce à ses deux conquêtes du Super Bowl contre les Patriots.

Encore là, il n’était pas spectaculaire. Il était bon — mais pas légendaire.

Pour ces raisons, on sait que les partisans des Giants garderont une place spéciale dans leur cœur pour Eli Manning, mais on ne pense pas que sa carrière mérite un buste à Canton. Deux Super Bowl, c’est énorme, mais une carrière dans le milieu du peloton ne devrait pas être immortalisée pour deux journées spéciales en 16 ans.

Malheureusement.



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