Élie Hamel

Élie Hamel est un petit garçon de 7 ans qui vient de terminer sa première saison de baseball au niveau Atome B. Au cours de l’été 2020, il a pu jouer à toutes les positions, frapper des balles, se déplacer sur les sentiers, etc.

Rien de bien extraordinaire à première vue. Mais une chose rend Élie spécial : à chaque présence au bâton, tous les parents présents dans les gradins l’encouragent et l’applaudissent. Même ceux de ses adversaires.

Un défi de tous les jours

Dès les premiers moments de sa vie, Élie reçoit des diagnostics de myélite transverse et d’ataxie cérébrale. Deux expressions qui ne sont pas très connues mais qui font partie de son quotidien. Les conséquences physiques sont nombreuses pour le garçon : difficulté à parler, problèmes moteurs et une douleur telle qu’il se réveille la nuit en criant.

Il y a des journées plus faciles que d'autres, mais parfois, il n'est pas capable de marcher tellement il a mal aux jambes.

Audrey Hamel, maman d'Élie
Élie Hamel

Crédits photo : Audrey Hamel

Outre son handicap, une autre chose est aussi présente dans la vie d’Élie depuis son arrivée sur cette planète et c’est le baseball. Il passe beaucoup de temps autour des terrains à regarder d’autres membres de sa famille jouer et avoir du plaisir. Par le plus beau des hasards, son ergothérapeute est aussi présente puisque ses enfants jouent au baseball sur les mêmes terrains.

Au fil du temps, l’idée fait son chemin. Et si Élie s’inscrivait au baseball?

C’est finalement cette année que le petit garçon décide d’accepter de jouer. Mais d’autres barrières doivent être franchies avant de pouvoir enfiler l’uniforme des Fireballs de Longueuil. Lettre de motivation à l’appui, son inscription est acceptée par les Pionniers de Longueuil, l’organisation qui chapeaute le niveau Atome B.

Sous la recommandation de son ergothérapeute, nous avons décidé de l'intégrer avec les autres joueurs sans handicap. C'était un grand défi pour l'organisation mais ça nous donnait l'impression de changer quelque chose dans la vie d'Élie. Les parents d'enfants différents ne devraient jamais hésiter à approcher les organisations sportives.

Frédéric Ostiguy, directeur Atome chez les Pionniers de Longueuil
Élie Hamel

Crédits photo : Audrey Hamel

Des questions

Mais de nombreuses questions sont présentes dans la tête de tous.

  • Est-ce qu’il sera capable de marcher ou de courir?
  • Est-ce qu’il sera capable de frapper une balle?
  • Est-ce que l’environnement sera assez sécuritaire?
  • Quelle sera la réaction des gens?

C’est surtout cette dernière interrogation qui rend Élie et sa mère nerveux. Comment les parents des autres joueurs vont réagir quand ils verront un enfant frapper à partir d’un « tee-ball » alors que tous les autres utilisent un lance-balle mécanique? Fera-t-il rire de lui? Quels seront les commentaires dans les estrades?

Dès sa première présence au bâton, les craintes font place à de la fierté.

Tout le monde s'est mis à applaudir quand Élie s'est avancé au marbre, même les autres enfants. J'avais la gorge nouée par l'émotion et les yeux dans l'eau. On ne savait tellement pas à quoi s'attendre parce que plus il vieilli, plus il est conscient de son handicap. Mais là, il faisait partie de la gang. Il pouvait enfin être comme tous les autres.

Audrey Hamel, maman d'Élie

Une progression personnelle

Ses proches avaient remarqué que l’étincelle dans ses yeux d’enfant était malheureusement de moins en moins présente. Le sport a ramené cette lueur. Les chances d’améliorations de sa condition physique sont faibles, mais son intégration au baseball se fera longtemps ressentir sur son moral.

Quand nous faisons des exercices d'écriture, Élie n'en a que pour le baseball. Son estime de lui est plus grande grâce au sport et ça fait une énorme différence dans son cheminement personnel. On voit vraiment une transformation marquée.

Véronique Roy-Beaudry, ergothérapeute
Élie Hamel

Crédits photo : Audrey Hamel

Oui, le jeune garçon est entouré par des gens avec une volonté aussi grande que l’immensité de leurs cœurs. Mais au final, c’est lui qui a surmonté la douleur et tous les autres obstacles psychologiques pour oublier son handicap l’espace de quelques heures, deux fois par semaine.

Acceptation. Intégration. Inclusion. Trois mots plus faciles à écrire qu’à mettre en pratique. Élie, sa famille, ses proches et les Pionniers de Longueuil nous prouvent que c’est possible de rendre ces concepts concrets.



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