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9 novembre 1997 — soirée tristement célèbre au Centre Bell : le Montreal Screwjob, sonnant le départ de Bret Hart vers la WCW et le début d’une longue rivalité entre Hart, Vince McMahon et Shawn Michaels.

21 ans plus tard, on en parle encore même si beaucoup d’eau à couler sous les ponts. À l’époque, la réconciliation semblait impossible et la suite des carrières de Hart et Michaels ne laissaient pas indiquer qu’un jour cette trahison serait oubliée.

Visiblement, tout se pardonne, même l’équivalent de la nuit des longs couteaux à la WWE.

Pour la petite histoire, Bret Hart venait d’accepter un lucratif contrat pour passer chez le compétiteur de la WWE, la WCW, à la fin de son entente avec Vince McMahon. Au moment des négociations, Hart est le champion de la compagnie et au cœur d’une rivalité avec le populaire Shawn Michaels.

Pour alimenter leur rivalité, Hart et Michaels doivent s’affronter lors de l’événement payant Survivor Series à Montréal. Bret Hart, au fort de son personnage très patriotique et très apprécié des partisans canadiens, ne souhaitait pas perdre son titre au Canada devant ses partisans et proposait plutôt de le perdre le lendemain soir lors de l’enregistrement de Monday Night Raw.

Cette alternative proposée n’a jamais enchanté Vince McMahon, mais il y avait une entente verbale sur la table entre Hart et McMahon pour y aller de l’avant avec un scénario où le match se terminerait par une double disqualification.

Le « Screw Job » est survenu par la suite lorsque Vince McMahon, Shawn Michaels et Triple H ont convenu de terminer le match du Survivor Serie d’une autre façon, sans en informer Bret Hart et son entourage. En effet, l’arbitre Earl Hebner était de connivence et il a fait sonner la cloche lorsque Michaels appliquait le « Sharpshooter » sur Hart, la prise de soumission fétiche de ce dernier au cours des 15 dernières années.

La suite des événements a fait l’histoire. Earl Hebner est allé se cacher dans sa chambre d’hôtel jusqu’au lendemain. Michaels et Triple H ont rapidement quitté vers les coulisses et Vince McMahon a essuyé la foudre d’un Bret Hart enragé dans le ring et aux alentours afin de tout casser. En coulisses, après l’événement, Hart et McMahon en seraient venus aux coups tandis que Michaels et Hart ont eu une discussion musclée durant laquelle Michaels niait son implication.

La vérité ne sera sortie que plusieurs années plus tard, un peu avant la réconciliation des deux lutteurs.

De multiples documentaires existent sur cette triste soirée, notamment celui sur la carrière de Bret Hart, Wrestling with Shadows, dévoilé un peu après le scandale et dévoilant des images exclusives prises en coulisse par l’équipe documentaire présente à Montréal.

Il y a aussi le spécial pour le WWE Network, WWE Rivalry : Bret Hart vs Shawn Michaels, qui revient sur les événements. Ce document, produit par la WWE, délaisse plusieurs éléments par contre.

Hart et Michaels ont fait de multiples entrevues, tout comme Vince McMahon et plusieurs lutteurs de l’époque.

La vérité absolue ne sera jamais connue, mais on sait que cette décision de Vince McMahon a chamboulé le monde de la lutte — en bien et en mal.

Après le « Screwjob », McMahon donnera sa fameuse entrevue à la télé où il déclare que « Bret Screwed Bret », lançant la carrière de méchant patron à l’écran de McMahon, personnage à la genèse même de l’ère Steve Austin et de la gloire de la « Attitude Era ».

De son côté, Bret Hart connaitra une fin de carrière décevante à la WCW, souffrant d’une utilisation négligée et de blessures infligées par Goldberg, notamment.

Pour ma part, j’y étais au Centre Bell lors de cette fatidique soirée. Mais, âgé de 13 ans, je ne comprenais pas l’ampleur des événements. Tout ça est un spectacle après tout, je n’y ai vu que du feu et comme les partisans présents, j’étais surtout fâché de voir Bret perdre son titre ainsi, devant ses plus fidèles admirateurs.

L’histoire donnera raison à Vince McMahon, ultimement, mais la manière ne sera jamais noble.



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