bol

Il y a neuf ans aujourd’hui mourait le tout premier joueur soudanais à jouer dans la NBA, le géant Manute Bol.

Bol, qui n’a pas que son nom de remarquable, a eu tout un chemin à parcourir pour quitter son Soudan du Sud natal et s’imposer comme l’un des joueurs les plus mémorables de l’histoire de la ligue.

Bol tient ses origines d’une ethnie africaine que l’on retrouve surtout au Soudan, les Dinka, reconnue pour la grandeur de ses membres. Ce qu’il y a d’encore plus impressionannt, c’est que dans la famille Bol, Manute n’est pas même pas le plus grand. À 7 pieds 7, il était l’un des deux plus grands joueurs de la NBA, mais son arrière grand-père le dépassait quand même de 3 pouces!

Manute Bol ne débute le basketball qu’à 15 ans, parce qu’il est bien trop grand pour jouer au soccer avec les autres. Il est repéré lors d’une partie à Khartoum, capitale soudanaise, par un entraîneur universitaire américain. Les Clippers de San Diego tentent de la repêcher en 1983, mais la NBA le juge trop jeune.

En plus, il est vraiment, vraiment maigre. 180 livres. Pour 7 pieds 7.

Il vient tout de même aux États-Unis où des universités lui ouvrent leurs portes, mais le fait qu’il ne parle pas anglais lui met des bâtons dans les roues. Il finira par jouer une saison à l’Université Bridgeport. Il se rend disponible au repêchage de 1985, même si les dépisteurs lui conseillent de passer deux autres années à l’université, parce qu’il voit ainsi une façon de gagner assez d’argent pour faire émigrer ses sœurs, toujours au Soudan où la guerre civile gronde.

Les Bullets de Washington le recrutent et il devient rapidement l’un des piliers défensifs de la NBA, en raison de sa grande taille. Il passera 10 ans dans la ligue et jouera éventuellement avec le plus petit joueur à jamais avoir foulé les courts, Muggsy Bogues. Encore aujourd’hui, il est le 2e meilleur de la NBA pour la moyenne de tirs bloqués par match, avec 3,34.

Tout au long de sa carrière et bien après sa retraite en 1995, Manute Bol était un activiste et un philanthrope. On dit qu’il distribuait plus de 50 % de ses revenus à des causes diverses, notamment pour venir en aide aux centaines de milliers de réfugiés soudanais déplacés par la guerre civile et le combat politique contre le génocide du Darfour. Il a d’ailleurs fini par se ruiner.

Manute Bol, père de dix enfants, meurt à seulement 47 ans d’insuffisance rénale causée par le syndrome Stevens-Johnson, une maladie provoquée par la prise de certains médicaments.

Selon plusieurs de ses proches, Manute Bol est mort pour le Soudan. C’est lors d’un voyage dans le pays que la spirale de problèmes de santé qui ont causé sa mort aurait commencé et il serait resté plus longtemps sur place au lieu de rentrer se faire soigner aux États-Unis.

Chapeau bas, Manute. Un athlète qui se bat pour l’endroit d’où il vient, c’est toujours formidable.



Commentez cet article