Jonathan Huberdeau connaît une saison complètement incroyable.

Tellement, qu’il est devenu le 1er Québécois depuis Martin St-Louis et Vincent Lecavalier en 2006-2007 à marquer 100 points dans une saison.

Un brin de jalousie s’installe à chaque fois que je le vois rayonner dans nos bulletins Sports 30. Pourquoi c’est pas à nous c’te joueur-là?

Justement, notre collègue Stéphane Leroux avait proposé l’idée que les Canadiens échangent leur 3e choix au total à l’encan de 2012 aux Panthers en échange d’Huberdeau, qui évoluait avec les Sea Dogs de Saint-John à l’époque.

On connaît l’histoire, le CH avait gardé le choix, mettant le grappin sur Alex Galchenyuk.

Ouin.

Mais si seulement on pouvait tout changer, retourner dans le temps et faire cette transaction. Rien ne nous l’empêche ici, on s’amuse. On réécrit l’histoire : Alex Galchenyuk se retrouve en Floride, Jonathan Huberdeau est un Canadien. Je vais essayer de me coller à la réalité, mais y’a des chances que j’me permette des folies. Je fais ce que je veux, je suis maître de cet univers parallèle.

Des débuts intéressants (2013)

Tout commence en 2013, la fameuse saison écourtée par le lock-out. Le bon vieux Michel Therrien fait confiance au jeune Huberdeau, l’employant à la gauche de Tomas Plekanec et Brian Gionta.

Difficile de tout chambouler aussi tôt dans notre univers réimaginé. Le Québécois de 19 ans récolte une trentaine de points en 48 matchs et met la main sur le Trophée Calder. On pouvait quand même pas lui enlever ça.

Huberdeau joue du bon hockey en séries, mais l’équipe s’incline en 1re ronde.

Les Maple Leafs s’écroulent contre les Bruins au 7e match en 1re ronde, ce scénario demeure inchangé.

La guigne de la 2e année? (2013-2014)

Comme c’est souvent le cas, la 2e saison est plus difficile pour le Québécois. Il tarde à se mettre en marche, et se retrouve même sur le 3e trio de temps à autres.

L’équipe connaît quand même du succès grâce aux Pacioretty-Subban-Price de ce monde.

Huberdeau connaît un regain de vie après les Jeux Olympiques. Therrien décide de le muter à David Desharnais, les deux hommes se complètent à merveille. Le numéro 11 du CH (Gallagher a gardé le 73) complète la saison avec 42 points en 71 matchs.

En séries, Montréal défait les Red Wings en 1re ronde, Boston en 2e. Rendez-vous avec les Rangers en finale de l’Est. Comble de malheur pour Huberdeau, qui sur un repli défensif, entre en collision avec Chris Kreider. Séries terminées pour les deux attaquants. Montréal a le dessus sur les Rangers en 6 matchs.

Malgré le fait qu’il est épargné du dangereux Kreider, Carey Price est brûlé en finale. Le CH perd contre les Kings en 5 matchs.

La pression (2014-2015)

En 2014-2015, les attentes sont élevées. L’équipe vient d’atteindre la finale, on a faim d’une Coupe Stanley à Montréal.

Maintenant âgé de 21 ans, Huberdeau évolue toujours à la gauche du 2e trio. Son début de saison est difficile, il n’obtient que 2 buts et 6 passes dans les 20 premiers matchs. Coach Therrien décide même de le laisser sur la passerelle le temps d’une rencontre.

Avons-nous fait le bon choix? Le débat Galchenyuk-Huberdeau est lancé. Muté à Aleksander Barkov, Galchenyuk connaît une excellente saison offensive.

Frappé à l’orgueil et motivé par les critiques, Huberdeau se relève et passe en 5e vitesse. Il termine la saison avec 62 points, sa meilleure récolte jusqu’ici.

Malgré l’acquisition de Jaromir Jagr (un rêve personnel), le Canadien n’est pas en mesure de battre le Lightning. C’est terminé en 2e ronde. Carey Price gagne le Vezina et le Hart, c’était quand même son année.

Carey Price / Getty Images

Un peu de drame (2015-16 et 2016-17)

C’est une saison pivot pour le CH. Après avoir signé un contrat de deux ans, P.K. Subban n’est pas heureux, il est en chicane avec Max Pacioretty et quelques vétérans.

Huberdeau fait preuve d’attitude exemplaire pendant que ça brasse dans le vestiaire.

Le brouhaha impacte la saison 2015-2016 de l’équipe, qui chute au classement. Subban fait part de son intention de quitter l’équipe à la direction. Il est échangé aux Blackhawks à la date limite. Pour Phillip Danault et deux choix de 2e ronde.

Malgré le départ de Subban, Pacioretty ne performe pas selon ses standards habituels en 2016-2017. Le nouvel entraîneur du CH, Bob Hartley, lui fait passer une 3e période sur le banc. Huberdeau bénéficie du tout, il est maintenant sur le 1er trio, avec Plekanec et Gallagher.

Dans cette tempête, Huberdeau amasse plus de 60 points à chaque saison. Il en est à trois de suite de 60 et plus.

Max Pacioretty est échangé aux Rangers, le CH rate les séries en 2016 et en 2017.

Un nouveau leader dans le virage jeunesse (2017-18 et 2018-19)

Sans capitaine depuis le départ de Brian Gionta en 2014, l’équipe repart sur de nouvelles bases. Jonathan Huberdeau devient le 29e capitaine de l’histoire de l’équipe. Dans cet univers, Trevor Timmins est un dieu. Il sélectionne Matthew Tkachuk au 6e rang en 2016 et Nick Suzuki (!) au 13e échelon en 2017.

Marc Bergevin et Trevor Timmins / Getty Images

Tkachuk fait l’équipe en 2017, il forme un 1er trio avec Huberdeau et Phillip Danault. Toujours en reconstruction, l’équipe manque de profondeur, surtout en défense. L’échange Subban-Weber n’a jamais existé.

Huberdeau atteint la moyenne d’un point par match pour la 1re fois de sa carrière. Il en inscrit 85 en 82 matchs. Matthew Tkachuk se fait ravir le Calder par un certain Auston Matthews. Les 6 David Schlemko en défense font en sorte que le Canadien rate les séries pour une 3e saison consécutive.

Le master-mind Timmins met la main sur Quinn Hughes au 7e rang du repêchage. Il rejoint l’équipe dès la saison 2018-2019, tout comme Suzuki. Y sont prêts. Guy Carbonneau redevient l’entraîneur du Canadien, je trouve juste ça drôle.

Beaucoup plus compétitive, la jeune formation Montréalaise donne du fil à retordre à bien des clubs, mais se voit tout juste écartée des séries à la fin de l’année. Vous me voyez venir. Au 15e rang, Montréal est fier de sélectionner Cole Caufield. Toute est dans toute.

Capitaine Huberdeau continue de traîner l’attaque du Canadien sur son dos. Il termine avec une récolte de 75 points.

Retour en puissance (2019 à 2022)

Toujours en poste en 2019, Marc Bergevin parvient à s’entendre avec Ben Chiarot et Tyler Myers afin de renforcer sa brigade défensive.

Huberdeau connaît la meilleure saison de sa carrière avec 93 points, le premier à atteindre ce plateau avec le Canadien depuis Vincent Damphousse et Pierre Turgeon en 1996.

Jonathan Huberdeau

Le jeune 1er trio est excellent. Suzuki et Tkachuk font plus de 60 points chacun. Beaucoup plus équilibrée, l’équipe atteint les séries en 2020 mais perd en 1re ronde.

En 2020-21, Huberdeau continue de prouver qu’il est le leader incontesté de l’équipe. Il atteint les 100 points, l’équipe fait encore les séries. Tout le monde performe, Carey Price est de retour au sommet de sa forme. Les séries sont plus heureuses, Montréal sort Toronto en 7, les Leafs perdent en 1re ronde pour la 8e saison consécutive et n’ont jamais repêché Auston Matthews.

Matthews évolue plutôt à Columbus, qui l’a choisi au 1er rang en 2016. C’est justement les Jackets qui éliminent le Canadien en 2e ronde en 2021.

Auston Matthews

Ça nous amène à aujourd’hui, Gabriel Landeskog signe à Montréal, Phillip Danault reste, Carey Price est prêt pour une dernière run. Toute se peut dans cet univers, j’peux faire ce que je veux. Alex Ovechkin signe à Pittsburgh pour jouer avec Crosby. Connor McDavid joue à Calgary avec Johnny Gaudreau.

La fin ultime, la consécration. Jonathan Huberdeau rafle tout en 2021-22. Le Art-Ross, le Hart, le Conn Smythe. On gagne la Coupe.

Pis Galchenyuk vous me demandez, y’a fait quoi? On s’en fout, on a Huberdeau pis on a gagné la Coupe.



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