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Michael Leighton a annoncé hier qu’il mettait fin à sa carrière.

Oui oui, ce même Michael qui avait étonné tout le monde en menant les Flyers en finale de la Coupe Stanley, en 2010, brisant du même coup les espoirs des fans du CH. Il avait été sensationnel face aux Canadiens ce printemps-là, réalisant trois jeux blancs en cinq matchs.

Il n’aura accordé que sept buts au total pendant la série, menant les Flyers à une victoire facile. Même Michael Cammalleri, qui avait connu des séries grandioses, avait été incapable d’en venir en bout. Aucun expert n’aurait pu soupçonner que ce gardien allait donner autant de fil à retordre au Tricolore, puisqu’il a toujours été un gardien numéro 2, au mieux. Un éternel backup. Un substitut de profession.

En dix-huit ans de carrière, Leighton n’a jamais été d’office plus que 35 matchs à l’intérieur de la même saison. C’était le quinze minutes de gloire de ce gardien qui a toujours dû se contenter du titre de second violon. Un mandat bien ingrat, qu’il a toutefois su relever avec honneur, comme en témoignent son pourcentage d’efficacité (90 %) et sa moyenne de buts accordés (2,98).

Sa retraite m’a inspiré ce top-5 des éternels backups, rappelant du même coup leurs principaux accomplissements.

Mes critères (arbitraires) pour les identifier : le gardien doit avoir disputé au moins 200 matchs en carrière, sans jamais avoir joué plus de la moitié des matchs de son équipe au cours d’une même saison (petite exception permise, à la fin).

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Jamie McLennan

Photo : Crédits photo : Getty Images

Jamie McLennan a joué 11 saisons dans la LNH avec sept équipes différentes. Il est devenu entraîneur adjoint avec les Flames en 2010, équipe avec laquelle il a disputé 9 rencontres en 2007 pour y terminer sa carrière d’athlète.

En 2004, il a temporairement hérité du poste de gardien partant après la blessure de Roman Turek. Mais le directeur général des Flames a fait l’acquisition d’un certain Miikka Kiprusoff, qui a pris les rênes de l’équipe, reléguant à nouveau McLennan au rôle de second.

En carrière, il compte 80 victoires étalées sur 13 ans et 254 duels. C’est en 2001 qu’il a entamé le plus de matchs, avec 38, pour le Wild du Minnesota. Il partageait alors le filet, presque équitablement, avec Manny Fernandez. Il a seulement disputé un match complet en séries lors de sa carrière, c’était en 1994 avec les Rangers, accordant 6 buts sur 36 tirs.

Son fait d’armes principal aura certainement été de remporter le trophée Bill Masterton, en 1998, remis au joueur ayant démontré le plus de persévérance. Cette année-là, McLennan faisait un retour dans la LNH avec les Blues après une année passée dans les ligues mineures.

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Jacques Cloutier

Photo : Crédits photo : Getty Images

Jacques Cloutier a longuement roulé sa bosse dans la LNH, et la plupart du temps, dans un rôle d’adjoint. Le gardien originaire de Rouyn-Noranda a toutefois brièvement flirté avec le titre de numéro 1 en 1990, avec les Blachawks de Chicago.

Cette saison-là, il défend la cage des Hawks à 43 reprises, soit 4 fois de plus que l’autre gardien, Alain Chevrier. Malheureusement, il n’inspirait pas suffisamment confiance à l’organisation qui a décidé, à la date limite des échanges, d’acquérir Greg Millen des Nordiques de Québec pour lui confier le filet.

C’est donc Greg Millen qui mènera Chicago jusqu’en finale de conférence, cette année-là, limitant l’utilisation de Jacques Cloutier. Il verra quand même de l’action à quatre reprises, lors de ce printemps.

Cloutier a par la suite connu une longue carrière d’entraîneur avec l’Avalanche et les Flames.

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Ty Conklin

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Ty Conklin a bien failli devenir numéro 1 à quelques occasions dans sa carrière, sans jamais y parvenir réellement. Ça avait pourtant bien commencé pour lui en 2004. Lors de sa première saison complète dans la LNH, il sort gagnant dans 17 de ses 39 départs. Il parvient même à déloger Tommy Salo, installé à Edmonton depuis un moment.

Les efforts combinés de Conklin et Jussi Markkanen, un autre jeune gardien, persuadent la direction d’échanger Salo à l’Avalanche et de céder le filet aux petits nouveaux. Malheureusement, ça se corse la saison suivante et les Oilers décident d’acquérir un autre gardien, Dwayne Roloson, pour lui confier le rôle de numéro 1.

En 2009, Ty Conklin est à son meilleur. Il remporte 25 matchs en 40 sorties seulement, ajoutant 6 jeux blancs, avec les Red Wings. Toutefois, l’homme de confiance de Mike Babcock demeure le vieux routier Chris Osgood.

En 216 matchs en carrière, Conklin aura terminé à 4 victoires près du plateau des 100.

Fait étonnant : 3 de ses 216 matchs ont été joués… à l’extérieur. Par des concours de circonstances, Conklin a participé aux trois premières rencontres extérieures organisées par la LNH:  en 2003 avec les Oilers, en 2008 avec les Penguins, en 2009 avec les Red Wings. Eh ben.

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Doug Keans

Photo : Crédits photo : Getty Images

Vos grands-parents se souviennent peut-être du bon vieux Doug Keans, qui a longuement défendu les couleurs des Bruins de Boston. Il était un substitut fort respectable qui a rendu de fiers services aux Bruins et aux Kings, pendant sa carrière de 210 matchs.

C’est le deuxième gardien dans ce palmarès (avec Conklin) à présenter une fiche gagnante : 96 victoires, 64 défaites et 26 matchs nuls (ben oui, ça existait encore, puisqu’il a joué dans les années 1980). Il a joué un excellent rôle de soutien derrière Pete Peeters, récipiendaire du trophée Vézina en 1983.

En 1985, il vient en relève à celui-ci, blessé, et arrache deux victoires aux grands rivaux de son équipe, les Canadiens, lors de la première ronde des séries éliminatoires. Le Tricolore va tout de même l’emporter.

Un gardien qui avait une passion brûlante pour le hockey, peu importe le rôle qu’on lui confiait. Pour preuve : il est sorti de sa retraite deux fois pour venir prêter main-forte à une équipe des ligues mineures, les Bullets de Jacksonville, en 1993 et en 1996!

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Gary Edwards

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Pour boucler ce top-5, il faut faire une légère entorse aux critères précédemment identifiés : Gary Edwards, qui a joué 286 matchs en carrière, a été devant les filets pour 44 duels lors de sa première saison, en 1972, avec les Kings.

Comme les saisons à l’époque regroupaient 78 rencontres, c’est techniquement plus que la moitié des matchs que Edwards a disputés. Toutefois, il a pris part à plusieurs de ces matchs par défaut, alors que Rogatien Vachon, qui venait d’être obtenu des Canadiens afin d’être numéro 1, a subi une blessure ayant mis fin à sa saison.

Ce sera l’unique fois que Gary Edwards obtiendra la chance d’être partant dans la LNH. Lors de ses 10 saisons suivantes, il a dû se contenter, la plupart du temps, d’un rôle de spectateur sur le banc de son équipe.

Les autres?

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Après, ça devient difficile d’identifier des cerbères qui répondent aux critères cités.

D’autres éternels substituts, tels que Wade Flaherty, Jason LaBarbera, Al Montoya, Scott Clemmensen… n’ont pas atteint le plateau minimum de 200 matchs joués pour se qualifier, mais personne ne va contester leur étiquette de second.

Les noms de Garth Snow et Bunny Larocque vous sont certainement venus en tête, en lisant l’article. Mais ils ont déjà été momentanément gardiens partants : Snow en 1999, et Larocque en 1982.

Il y a ensuite Craig Billington, qui se qualifie presque

Être gardien numéro 1 d’une équipe comme celle des Sénateurs, en 1994, est-ce que ça compte vraiment?

Cette année-là, le pauvre Craig Billington, laissé à lui seul, a mérité 11 gains en 63 matchs. Il a par la suite connu de meilleurs jours au Colorado, en secondant Patrick Roy. Derrière une bonne défensive, en 1998, il a affiché une moyenne d’efficacité de  de 92,3 % en plus de présenter une moyenne de buts par match inférieur à 2,33.

Le point fort de sa carrière est toutefois survenu au niveau junior, alors qu’il a gagné une médaille d’or avec Équipe Canada au Championnat junior, à Helsinski. Eh oui, il était gardien partant, lors de ce tournoi!

Sinon, est-ce que j’ai oublié des noms? Écrivez-moi-les en commentaire!

Et qui sait, peut-être qu’un jour allons nous devoir ajouter le nom de Keith Kinkaid à cet article…



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