Je ne m’en tire pas trop mal dans la vie. Je suis bien entourée, je suis en santé, je gagne ma vie, pis toute, pis toute. Mais un malheur ennuage le ciel de mon existence. Malgré tous mes efforts, je suis poche au tennis.

Pas mauvaise, genre ouin, c’est pas facile. Mais plutôt poche, genre isshhhhhhh. Les deux personnes qui acceptaient parfois de commettre du tennis avec moi, Mathieu et Simon, ont toutes deux fini par renoncer à la séance de jogging au travers des autres terrains qu’une joute amicale avec moi impliquait.

Il faut savoir que je suis une demoiselle généralement assez à l’aise dans les sports. Ou sinon, je suis assez en forme pour pouvoir compenser, avec beaucoup de bonne volonté et un manque généralement assumé d’orgueil. Mais surtout, je suis plus du genre: plus-vite-plus-loin-plus-longtemps que: viser-des-affaires-frapper-des-affaires. Alors le tennis, que niet.

J’ai pris des cours, il y a quelques étés. En théorie, je connais les mouvements et la bonne technique. En pratique, j’ignore quoi faire de mes bras. Et pourtant, on me souffle à l’oreille que les membres supérieurs sont dans le haut de l’échelle alimentaire du joueur de tennis. Je sais que je dois utiliser mon épaule et mon coude pour réussir un coup puissant et précis. Mais j’ignore QUAND utiliser ladite épaule et ledit coude. Un gérant d’estrade me dira: bien quand la balle arrive devant toi, mettons. En théorie, facile. En pratique, nope.

Même ma bonne volonté et les«bravos man, beaux coups» que je lance à tout vent pour au moins flatter mon adversaire essoufflé et barré du dos ne me servent à rien. Je suis une adversaire pénible, désolante. Au-delà des performances, il est de bon ton de s’amuser lorsque l’on pratique une activité sportive non-commanditée, à ce qu’on dit. Mais avec moi, les possibilités de s’amuser au tennis relèvent plus du sadisme que de la franche camaraderie.

Alors, Eugenie maintenant. Vous avez sans doute cliqué sur ce texte parce que le titre laisse croire que je vais parler d’Eugenie Bouchard, la darling du tennis intersidéral. Et bien je n’en parlerai pas vraiment. Si ce n’est que je me désole de sa défaite contre Maria Sharapova en quarts de finale des Internationaux d’Australie. Surtout pour les projecteurs que sa participation braque sur un sport que j’adore.

Mais j’avais surtout envie de parler de moi (mais j’ai quand même mis une grosse photo d’elle en haut de cet article, ça fait au moins ça de pris). Voilà.

Et j’ajoute cette merveille.

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