Becky Lynch durant la Women's Revolution de la WWE

Après avoir parlé des décennies d’utilisation douteuse des femmes et avoir étudié le point tournant de la Diva’s Revolution, nous sommes maintenant rendus en 2016.

À partir de ce moment, il y a des forces à l’intérieur de la WWE qui semblent non seulement bien intentionnées, mais qui finissent — enfin — par exécuter certains changements de la bonne façon. Évidemment, rien n’est parfait sous la supervision de Vince McMahon.

Une bonne lancée de premières

Les drafts de la WWE sont tellement chose commune aujourd’hui qu’on n’y trouve rien de spécial. Surtout que la compagnie passe son temps à tricher sur ses propres règles.

Cependant, au draft de l’été 2016, Charlotte, la championne des femmes de l’époque est envoyée à Raw, laissant Smackdown sans titre féminin pour la deuxième fois de son histoire.

C’est pour cette raison qu’il a été annoncé qu’il y aura un six-pack challenge à Backlash pour déterminer la première championne du brand bleu. Les honneurs vont à la steampunk Becky Lynch :

Du côté de Raw, Charlotte et Sasha Banks s’échangent la ceinture comme RVD et Sabu s’échangent des joints. Certains trouvent que ça enlève de la valeur au titre et à leurs règnes, mais elles font le main event de l’émission hebdomadaire deux fois, une première en 12 ans, en plus de disputer le premier falls count anywhere match féminin depuis 2007.

En octobre, Banks contre Charlotte (encore!) sont les premières à headliner un pay-per-view dans le premier Hell In A Cell féminin.

L’année se conclue avec le premier tables match féminin depuis 2010 entre Becky Lynch et Alexa Bliss.

Évidemment, certaines de ces premières ne sont pas de vraies premières – il y a eu des précédents. Mais que la WWE en fasse autant en si peu de temps, ça c’est une première!

Échec In The Bank

Tout se passe généralement bien dans cette série jusqu’au premier Money In The Bank féminin en 2017.

La WWE échappe la balle comme The Shockmaster a échappé son casque alors que le match se conclut avec un homme, James Ellworth, un total jobber, montant l’échelle pour prendre la valise et la donner à Carmella au sol.

Absolument personne n’est heureux de cette finale. Voir un homme littéralement gravir les échelons destinés aux femmes est frustrant pour tous et toutes.

Contrairement à ses habitudes, la WWE réagit aux huées, mais fidèle à ses réflexes, elle appuie sur le bouton reset et nous offre un rematch à Smackdown avec le même résultat, mais où c’est Carmella qui décroche elle-même la valise.

Le nouveau visage de la Révolution

Vers la fin de l’année 2017, Stephanie McMahon annonce le premier Royal Rumble féminin. Un de mes Royal Rumble préférés de l’histoire où nouvelles athlètes et anciennes lutteuses ont défilé les unes après les autres et non durant un show de Kid Rock cette fois-ci!

Le tout est remporté par Asuka, mais ce n’est pas elle l’élue de la WWE pour porter le message de la Révolution au grand public.

C’est Ronda Rousey qui arrive sous l’euphorie totale et qui pointe l’enseigne de Wrestlemania comme Drew Gulak pointe ses présentations Powerpoint.

Un mot sur Ronda Rousey : bien qu’elle porte certains aspects féministes avec elle, il serait naïf de passer sous silence ses propos transphobes, que les femmes qui utilisent du lubrifiant sont paresseuses, affirmation qu’elle a empiré en disant que les femmes nécessitant du lubrifiant ont du sable dans le vagin en plus d’avoir avoué avoir frappé un ancien conjoint dans le passé.

Bref, je ne suis pas certain que Ronda Rousey soit la meilleure porte-parole pour le mouvement des femmes, mais sa popularité et sa portée médiatique sont indéniables.

Pas si fabuleuse Moolah

Dans la recherche d’équité avec les hommes, la WWE a aussi décidé de leur donner un battle royale dont on se fiche dans le preshow de Wrestlemania.

Par contre, pour Wrestlemania 34, on l’appelle le Fabulous Moolah Battle Royal, ce qui fait controverse en raison des allégations de très mauvais traitements financiers et sexuels des étudiantes de l’école de lutte de Moolah.

Évidemment, un homme en particulier s’est porté à sa défense. Devinez qui. Et oui, encore lui.

Aussi, le trophée remporté par la gagnante a l’air d’un gros utérus.

Ronda et The Man

Ronda Rousey devient rapidement la porte-étendard de la compagnie. Elle est au centre des histoires alors que l’ancienne figure de la UFC est suspendue pour ensuite squasher la championne à Summerslam pour le titre. Où ai-je déjà vu ça?

Ce même soir, Becky Lynch éclot enfin de son cocon et brutalise Charlotte Flair (qui a retrouvé son nom de famille). Alors qu’elle était supposée devenir heel, elle devient la plus grande face de la compagnie et se fait rapidement appeler The Man.

Son nouveau personnage de femme badass intense à la Stone Cold Steve Austin renverse le public : enfin une femme avec du mordant à l’écran!

Les McMahon-Helmsley prennent la place

Il y a un an, nous avons eu le premier PPV entièrement féminin, Evolution, annoncé par Stephanie McMahon, Triple H et Vince McMahon.

C’était vraiment un bel évènement que la WWE a placé dans sa section des évènements du passé sur son site internet. C’est une façon de dire « bon, vous avez eu ce que vous vouliez, êtes-vous contents là? ».

Somme toute, c’est à partir de ce moment que les femmes s’installent véritablement comme les hommes dans la compagnie.

Lynch est tellement bonne qu’elle vole littéralement la vedette à Rousey, ne s’arrêtant pas alors qu’elle a le visage ensanglanté :

Alors que tout va pour le mieux pendant la rivalité Becky Lynch-Ronda Rousey, la direction retourne à ses vieilles habitudes: se mettre au milieu de l’histoire avec — encore — des histoires de suspensions, d’arrestations, d’autorité et autres niaisages qui empêchent la tension de se développer entre les participantes du triple threat.

Alors que Becky Lynch avait remporté le Royal Rumble 2019 et qu’on aurait du continuer l’histoire considérant que sa place était garantie dans le premier main event féminin de Wrestlemania, on se retrouve avec Stephanie McMahon qui a plus de temps au micro que les concurrentes en tentant d’agir comme une salvatrice de la division.

C’était rendu au point où j’avais personnellement peur qu’elle s’insère dans le match comme arbitre spéciale.

Le main event se termine en queue de poisson weird alors que Rousey subit sa première défaite par pinfall, mais sans avoir les épaules au sol. Une conclusion nous laissant tous sur notre faim. ¯\_(ツ)_/¯

Mine de rien, Becky Lynch est passée de «perdre dans un battle royal du preshow de Wrestlemania» à «gagner le main event l’année suivante»! C’est plus que digne de mention!

La malédiction des championnes en équipe

Au même moment, la WWE a instauré les premières championnes par équipe de la nouvelle ère : Bayley et Sasha Banks dans un excellent Elimination Chamber où tout le monde a bien paru.

Malheureusement, ces ceintures ne mènent semi-nulle part étant donné qu’elles n’auraient servi qu’à mettre les Bellas Twins over.

Essentiellement, posséder ces titres revient surtout à perdre tous ses matchs en simple et parfois en équipe.

Il ne manque pas d’extraits de Billie Kay qui perd, de Peyton Royce au sol, de Nikki Cross qui tap out régulièrement, d’Asuka, autrefois une fois une force dominante de la division, qui abandonne contre Natalya.

En même temps, tous les champions masculins subissent le même traitement…

Par contre, les IIconics sont presque toujours absentes du petit écran et ne sont utilisées que pendant les pauses publicitaires:

Après être passés au travers des années d’exploitations féminines, de la dénonciation d’AJ Lee et des bons et mauvais coups qui ont suivi, que peut-on conclure sur la Women’s Revolution?

C’est ce dont nous discuterons ensemble la semaine prochaine!



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