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(NDLR : ce texte a été publié une première fois en septembre 2019, mais on avait envie de le repartager avec vous.)

Si tu as grandi en tant que de fan de hockey dans les années 1990, fortes sont les chances que tu reconnaisses dans ce texte. Et que tu sois rouge de gêne à la fin de celui-ci. Mais je vous assure qu’il n’y a pas de honte à avoir — on est tous passé par là.

Aujourd’hui, je vous dévoile le top 10 des fausses croyances que j’entretenais sur mon sport préféré alors que j’étais bambin.

1- J’avais (vraiment) de la misère avec les noms

Pas juste sur l’épellation. C’est difficile écrire « maisonnée » quand tu es un enfant de 9 ans, imagine quand tu essayes d’écrire « Dimitri Yushkevich » au liquid paper sur ton coffre à crayon parce que tu le trouvais cool.

Moi, ça allait plus loin que ça : j’avais de la misère à mémoriser les noms des joueurs, et souvent, j’inversais ses composantes. Par exemple, mon gardien préféré, c’était Curtis Joseph — mais j’étais persuadé que son nom de famille c’était Curtis et son prénom Joseph. Il faut probablement blâmer mes cours de catéchèse du primaire pour ça.

Même problème avec les noms d’équipe : quand mon père m’a annoncé qu’il allait y avoir un nouveau club à Atlanta, je pensais qu’il allait s’appeler « Les Tricheurs ». Mais pour ça, je blâme aussi l’anglais de mon père. Qui avait au moins la gentillesse de me corriger quand je faisais référence aux Sabres en tant que « Les Buffalos ». Comme dans la phrase « Les Canadiens jouent contre les Buffalos ce soir » (à ma défense, leur logo de l’époque c’était toujours ben un maudit Buffalo).

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2- J’inventais des liens de parenté

Quand tu grandis dans une petite ville de quelque 25 000 habitants, il y a de fortes chances que la personne que tu croises avec le même nom de famille que toi soit un cousin ou du moins un arrière-petit-cousin éloigné du côté de ta mère. Bref, il ne faut pas m’en vouloir d’avoir toujours présumé que Claude et Mario Lemieux étaient des frères. C’était dans la limite du rationnel.

Ce qui est moins raisonnable, c’est d’avoir imaginé que Jarome Iginla et Jaromir Jagr étaient sûrement des frères. Ou des cousins. À la limite des amis. Parce que leurs prénoms étaient semblables. Oui, c’est ma seule justification. Mais je vous l’ai dit que j’avais de la misère avec les prénoms et les noms…

3- J’imaginais les numéros distribués en fonction du talent

La convention voulant que les joueurs ne peuvent seulement choisir des « petits numéros », alias La loi Lou Lamoriello, était plus respectée dans les années 1990 qu’aujourd’hui. À l’époque, quand un joueur arborait un « gros numéro », c’était rare, et les seuls qui contrevenaient à cette tradition étaient les plus talentueux. Du moins, c’est ce que je croyais.

C’est ainsi que j’ai développé une burlesque association entre le talent d’un joueur et son numéro. Comme si c’était son overall à EA Sports. Ça expliquait pourquoi Eric Lindros portait le 88, Sergei Fedorov le 91, Mario Lemieux le 66, Ray Bourque le 77 et, bien évidemment, Wayne Gretzky le 99.

Inutile de vous dire que je riais pas mal de mon camarade de classe qui tripait sur Artus Irbe.

4- Je pensais que San Jose était au Vermont

De toutes les fausses idées présentes dans ce texte, celle-ci est probablement la plus difficile à expliquer. Mais mon cerveau a tendance à boguer, et on a ici un bel exemple. Quand j’étais enfant, Mike Vernon gardait les buts pour les Sharks de San Jose. Mais dans ma tête, son nom c’était Mike Vermont. Je sais pas pourquoi.

Ainsi, j’ai cru qu’il avait choisi de jouer pour les Sharks parce que San Jose était une ville de l’état du Vermont, dont il était le fier porte-étendard.

Beaucoup de choses ridicules dans cette phrase, j’en conviens. Et ce n’est pas tout : pendant tout ce temps, je croyais aussi que le turquoise était la couleur officielle du Vermont.

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5- J’étais persuadé que je ferais un bon coach

Avec mes idées novatrices, comme ma stratégie de défense consistant à demander aux joueurs de s’empiler devant le filet, afin de prévenir un but dans les derniers instants d’un match. (Je persiste à croire qu’il faudrait au moins essayer une fois.)

Ça m’a aussi pris un moment pour comprendre que c’était pas possible de demander un temps d’arrêt pendant que le jeu se déroule — et je me demandais pourquoi Alain Vigneault sifflait pas des temps d’arrêt quand Mogilny s’en allait en échappée (que j’ai rebaptisé « Moginly », à tort, sa carrière durant).

6- Je pensais que les lettres désignaient des positions

J’ai longtemps cru que Raymond Bourque était un joueur de centre (ou un « centreur », comme j’aimais dire) parce qu’il avait un C de brodé sur son chandail. C’était quand même logique : Steve Yzerman, Joe Sakic, Mats Sundin… étaient tous centres et capitaines. Puis Brian Savage était un ailier, ce qui expliquait le A sur son chandail.

Parlant de ça…

7- Je pensais que c’était une question de temps avant que le Canadien obtienne un bon centre

J’étais jeune et naïf. Mais Yanic Perreault nous a quand même donné de belles années.

8- J’étais convaincu que Joe Sacco, c’était un surnom

Pour vrai, come on. Je suis sûrement pas le seul. C’est quoi les chances que deux joueurs de hockey s’appellent respectivement Joe Sakic et Joe Sacco? J’étais convaincu que c’était un sobriquet cool pour désigner Sakic! Quelqu’un?

La face que j’ai faite quand j’ai appris que Joe Sakic avait embauché Joe Sacco à titre d’entraîneur…

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9- Je connaissais mal le livre des règlements

-Je pensais qu’un double-échec, c’était donner deux coups consécutifs sur un joueur;
-Je pensais que si un gardien obtenait une pénalité, il devait aller au banc des pénalités et que c’est pour ça qu’il y avait un auxiliaire;
-Je pensais que si c’était encore égalité après une période de prolongation, le nombre de tirs au but déterminait l’équipe gagnante.

10- Je croyais que l’uniforme du Colorado rendait hommage à Adam Foote

Dans les années 1990 et 2000 — les bonnes années de l’Avalanche, alors que je les appelais encore « Les Avalanches » —, Colorado avait comme logo secondaire un pied, au niveau des épaulettes.

Un pied. En référence au Yéti des hautes montagnes, sans doute. Ça aurait du sens. Plus que « hey, comme Adam Foote joue pour nous, on pourrait dessiner un pied sur nos uniformes! »

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(Au moins, c’était pas pour honorer Grant Clitsome.)

J’ai l’air vraiment niaiseux comme ça, mais j’ai vite corrigé mes erreurs et plus tard au secondaire, j’ai rencontré un gars qui pensait que la raison pour laquelle le Canadien jouait si peu souvent contre l’Avalanche, c’était parce que Montréal avait peur.

Au secondaire! Bref, il y a toujours pire que soi.

Et ainsi se termine la visite de mon jardin secret — et ça prenait beaucoup d’humilité pour y inviter du monde.

En retour, je t’invite à faire de même et écrire en commentaires les fausses idées que t’avais, aussi, sur le hockey, quand t’étais enfant.



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