*Ceci est une critique avec PEU de divulgâcheurs.*

Lorsque la WWE a lancé la bande-annonce de Fighting With My Family, elle a baissé les attentes de tous. La présence disproportionnée de The Rock dans la bande-annonce était de mauvais augure. C’est comme si la bande-annonce du premier Seigneur des Anneaux mettait en vedette Gollum.

Lorsque vient le temps pour WWE Studios de faire des films, Sheamus et Cesaro ne sont pas la barre, The Chaperone est la barre.

En résumé

Fighting With My Family est inspiré par un documentaire du même titre. S’inspirant de faits réels de la famille Knight, ce long-métrage est un feel good movie sportif.

Tout d’abord, il y a l’histoire de Paige qui peut rappeler toutes celles d’une outcast qui déménage loin de sa famille pour tenter de percer dans un milieu où toutes les filles sont plus belles qu’elle. Nous suivons aussi le cheminement de son frère Zak, qui doit gérer son refus par la WWE tout en devenant père de façon prématurée. En arrière-plan, leurs parents s’occupent d’une école de lutte en plus d’une fédération indy dans un quartier lourdement défavorisé.

Des émotions pures

L’histoire de Fighting With My Family est simple, mais extrêmement bien exécutée.

Premièrement, une famille un peu trash d’une région de l’Angleterre, ça donne une prémisse rafraîchissante. Ensuite, le scénario permet aux acteurs de nous faire croire réellement à une famille tissée serrée. Nick Frost et Lena Headey incarnent deux parents qui souhaitent sincèrement le mieux pour leur progéniture.

Ça prend peu de temps avant qu’on s’attache aux personnages et qu’on désire les voir réussir. Florence Pugh, la Paige du film, est prise avec la réalité de l’époque à la WWE : une compagnie qui veut des pitounes. Jack Lowden réussit à jouer le frère attachant qui agit parfois comme une marde dans une famille où on ne règle pas nos problèmes en s’assoyant ensemble dans le salon pour en parler. Le coach de NXT est joué par Vince Vaughn et représente un mélange de plusieurs coachs en même temps. Il personnifie plusieurs anciens lutteurs devenus coachs sans le côté extrême de Bill DeMott.

Ce film nous présente des histoires et des personnages simples touchant la cible. Le public a éclaté de rire à plusieurs reprises durant la projection en plus d’être ému aussi, à l’occasion.

La représentation de la lutte

Les films de lutte ont tendance à malmener le sport. Ici, comme The Rock est un producteur, on a un film qui respecte et expose la business.

D’ailleurs, la présence de The Rock dans deux scènes est plaisante, mais il n’y a aucune façon de me faire croire que ces évènements se sont déroulés ainsi.

La WWE monte sa propre autopromotion tout en se moquant de son passé. Ici, NXT est extrêmement simplifiée pour le bien de l’histoire. La WWE ne reconnaît pas nécessairement ses bourdes de NXT saison 3, mais elle accuse qu’elle a longtemps mis en vedette des bimbos sans aucune connaissance de la lutte.

La représentation de la lutte indy est assez juste pour n’importe qui ayant déjà mis les pieds dans un gala indépendant. Les matchs sont filmés d’une façon à nous montrer que les performances dans le ring peuvent être dangereuses même si elles sont planifiées.

N’importe qui ayant a visionné The Monday Night War sur le WWE Network sait que la WWE réécrit souvent son passé. Ici, le révisionnisme historique arrive au dernier match. Il y a énormément de différences entre la confrontation originale entre AJ Lee et Paige, mais ces ajustements servent l’histoire. Bien dirigée, la victoire de Paige a fait pleurer mon voisin de siège.

Après tout, ce n’est pas un documentaire. Tessa Blanchard, qui fait Paige durant les combats, et Zelina Vega, qui incarne AJ Lee dans une réalité alternative, peuvent intéresser des gens à la lutte.

Verdict

Je recommande à tout fan de lutte d’aller au cinéma pour voir Fighting With My Family. Ce film anglais réalisé par Stephen Marchant ne réinvente pas le cinéma, mais c’est une belle heure quarante remplie d’émotions. Le long métrage, qui sera présenté au Sundance Film Festival, traite de l’importance de famille, de notre communauté, d’être différent, de travailler fort; tout ça en ayant pour point central la lutte.

J’y ai été accompagné de mon ami William Barbeau, animateur du podcast Spoiler Alert Qc, un non-amateur de lutte qui lui donne un 8/10! Je dois ajouter un point juste parce que pour qu’un film sur le cercle carré touche des non-initiés, il doit être extrêmement efficace : 9/10!

William m’a confié avoir pleuré deux fois. Imaginez combien de fois ça m’est arrivé à moi! C’est sûrement plus que ce vous pensez!

Les bons films de lutte se font rares. Profitons de ceux qui passent.

Fighting With My Family arrive en salle le 15 février prochain.



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