baseball

Il fait beau et chaud en ce magnifique après-midi d’été au stade. Nous sommes au début de la sixième manche d’une partie de baseball assez tranquille (c’est 1-0 pour l’équipe visiteuse), et il ne se passe pas grand-chose dans le stade. Tout à coup, venue de nulle part (mais probablement des sièges situées près du champ gauche), une grosse voix se fait entendre alors que le frappeur prend position : « Eille, t’es aussi laitte que ton bobblehead! »

Tout le monde se met à rire (même les joueurs) et le perturbateur (heckler) a réussi à déconcentrer l’adversaire.

Le heckling, un art

Ce n’est pas pour rien que le « heckling » existe au baseball au point d’en être devenu un art : les temps morts sont fréquents, l’intensité des bruits de foule fluctue (on est loin du désagréable show rock qu’est devenu le hockey) et, avouons-le, c’est le fun en maudit.

Par contre, on ne peut pas faire (et crier) n’importe quoi. C’est un art ! Il y a quelques années, Harry the heckler, qui fait maitrise l’art d’écœurer les joueurs qui viennent jouer contre les Padres à San Diego, a révélé ses secrets dans une entrevue :

1- Attendez que le bruit de la foule et la musique dans le stade soient à leur moins fort.

2- Criez le plus fort que vous le pouvez.

3- Gardez ça propre (pas de fuck, et rien qui implique la famille du joueur).

Il faut dire qu’Harry est un vrai de vrai : il raconte que des douzaines de joueurs adverses lui ont donné des gants et des bâtons autographiés pour qu’il leur sacre la paix. À l’inverse, certains joueurs vont même jusqu’à lui donner des informations sur leurs adversaires pour que son insulte puisse faire mouche.

Mais le comble du succès pour lui est lorsque certains joueurs demandent à changer de position pour ne pas se retrouver près de son siège, au champ gauche. C’est la preuve que cela fonctionne!

Des hecklers reconnus

Larry the Heckler est le descendant d’une longue lignée de ces spectateurs-perturbateurs dont fait aussi partie Pete Adelis, surnommé à l’époque le « poumon d’acier de Shibe Park ». Fan des Phillies, Adelis était tellement bon qu’en 1942, l’équipe s’est mise à lui verser un salaire.

Comme il nous reste quelque temps à attendre avant le retour des Expos, cela nous laisse amplement le temps pour perfectionner notre art du « heckling ». Je vous suggère le site The Heckle Depot, comme ça, tout le monde sera prêt pour le match d’ouverture (qui, je le maintiens, aura lieu avant le retour des Nordiques…).



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