Djokovic et Osaka

À quelques jours du premier tournoi majeur de l’année, le jupon des associations de tennis dépasse drôlement alors que Novak Djokovic, au moment d’écrire ces lignes, est toujours la première tête de série des Internationaux d’Australie.

Pourquoi c’est problématique? Parce que Djokovic, neuf fois champion en Australie, n’est pas vacciné contre la COVID-19 et il ne se fera pas vacciner contre la COVID-19.

C’est, selon les règles sanitaires en vigueur en Australie, contre les politiques nationales. Djokovic est d’ailleurs en pleine lutte juridique afin de ne pas se faire expulser du pays. Jusqu’ici, il y est encore, mais le ministre de l’Immigration Alex Hawke pourrait décider de lui pointer la porte à tous moments s’il juge que les choix personnels de Djoko mettent en danger le bien-être commun des Australiens et Australiennes.

Manque de sérieux

Si ce n’était qu’une bataille juridique, on passerait peut-être l’éponge. Mais les associations de tennis et les organisations des tournois majeurs ont des précédents avec les athlètes qui ne se plient pas aux exigences et ils ont affiché, pas plus tard que l’année passée, une intransigeance très peu flexible à l’endroit de Naomi Osaka.

Pour résumer, Osaka ne voulait pas se plier aux points de presse obligatoires à Roland-Garros et l’organisation lui avait flanqué une amende de 15 000$ en plus de laisser planer la menace de sanctions encore plus sévères allant jusqu’à l’expulsion du tournoi si elle récidivait.

Le tout a mené au retrait d’Osaka du tournoi alors qu’elle s’est éloignée un peu du tennis afin de réfléchir.

Moins d’un an plus tard, alors que Djokovic se dresse face au gouvernement australien, l’organisation du tournoi ne fait rien. Pas de sanctions, pas de répercussions. Un simple report du tirage au sort et puis tout va.

Mais pourquoi?

Le dossier de Djokovic est une patate chaude évidente cette année et une véritable bombe à retardement. L’approche de l’organisation, ici, est d’attendre que le gouvernement australien prenne l’ingrate décision de l’expulser à leur place. Pourquoi? C’est le bout qui m’échappe.

La guillotine était bien aiguisée pour Naomi Osaka pour quelque chose qui n’affectait pas la santé des spectateurs et des autres joueurs.

Djokovic, lui, est visiblement au-dessus de tout ça et il agit comme quelqu’un au-dessus de tout ça.

C’est déplorable.

Si l’organisation était un minimum conséquente, Djokovic serait retiré du tableau cette année AVANT que le gouvernement australien applique une sanction. Ça serait la moindre des choses après l’odieux traitement reçu par Osaka au printemps dernier.

Mais parions que ça n’arrivera pas, parce que…



Commentez cet article