Je ne prendrai jamais pour les Blue Jays. Ni lors des matchs présaisons qui seront disputés dans le Stade qui tombe en morceaux, ni lors de la saison régulière, ni lors des séries s’ils se classent, ni jamais.

Est-ce une forme de chauvinisme? Oh que oui, et je l’assume en maudit.

Est-ce que c’est parce qu’ils jouent à Toronto et qu’il est de bon ton de haïr Toronto lorsque l’on vit à Montréal? Un peu, mais mes motivations sont plus profondes que ça. Mononc’ François va plutôt vous raconter comment les Blue Jays ont contribué à la mort financière de nos z’amours.

Et pour cela, il faut retourner à 1981, pareil comme dans le film de Ricardo Trogi, mais en moins drôle.

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En 1981, les Expos est l’équipe préférée du plus meilleur pays du monde. Tous les efforts mis de l’avant depuis 1969 afin de les rendre compétitifs portent ses fruits, comme un beau gros pamplemousse juteux de la ligue du même nom. Les Expos se portent aussi bien sur le terrain que financièrement, grâce au plus lucratif contrat de télévision de tout le baseball majeur, qui leur permet de présenter 35 parties régulières partout au Canada.

Cela inclut la région torontoise qui représente, sans contredit, le plus gros marché télévisuel canadien. Mais c’était sans compter sur la Guerre mondiale des brasseries qui fait rage à l’époque!

Eh oui, dans ce temps-là, c’est Labatt qui est propriétaire des Blue Jays alors qu’O’Keefe est le commanditaire principal de la seule vraie équipe de baseball digne de ce nom au Canada. Et Labatt n’aime pas qu’O’Keefe vienne jouer dans ses plates-bandes. Alors, que font les Blue Jays? Ils vont se lamenter au commissaire du baseball majeur comme le fait le petit braillard du groupe à la garderie et demandent à ce que les parties des Expos ne soient plus diffusées en Ontario.

Et le commissaire de l’époque leur donne raison et ordonne que l’on diminue graduellement le nombre de parties des bleus poudre diffusées en Ontario et, surtout, à Toronto. Cela fait donc beaucoup moins de revenus télévisuels pour les Expos, qui passent d’équipe nationale ayant accès à un marché bilingue à un équipe provinciale dont le marché de pub est principalement francophone.

Cette immense perte de revenu, qui mènera Charles Bronfman à vendre l’équipe quelques années plus tard, représente le premier jalon de la descente aux enfers.

Au printemps 1981, les Expos perdaient leur contrat de télévision national. Quelques mois plus tard, Rick Monday des Dodgers frappait son fameux coup de circuit en neuvième manche, privant peut-être les Expos d’une Série mondiale.

Alors quand les Jays viennent se remplir les poches à Montréal pour un match hors-concours, ça goûte un peu sûr dans ma bouche. Go les Reds !

amusingtime.com

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