Manziel

Dimanche, au lendemain d’une autre cuisante défaite à Calgary, les Alouettes ont fait l’acquisition du quart-arrière des Tiger-Cats Johnny Manziel contre deux choix de première ronde ainsi que Jamaal Westerman et Chris Williams.

L’ancien récipiendaire du trophée Heisman à Texas A&M et choix de première ronde des Browns dans la NFL aura le mandat de relancer une attaque qui peine à marquer dix points par match depuis le début de la saison.

Mais, est-ce que le jeu en vaut la chandelle?

Matthieu Proulx, de RDS, pense que oui — les Alouettes sont meilleurs avec Manziel. Mais est-ce que c’est parce que Manziel est une bonne solution ou c’est tout simplement parce que les Alouettes sont mauvais à ce point?

Poser la question c’est un peu y répondre.

En 2016, Manziel devenait l’un des rares quarts sélectionnés en première ronde à se faire libérer par son équipe dès sa troisième saison. Même des « busts » légendaires comme JaMarcus Russell, Tim Couch et David Carr ont vécu plus longtemps dans la NFL que Manziel. Un manque de sérieux sur le terrain et un style mal adapté à la rudesse de la NFL auront causé la perte du spectaculaire Johnny Football.

Alors, que retient-on de Manziel à part ses exploits d’adolescence?

Dans la NFL, on peut oublier sa contribution. Sept passes de touchés en deux saisons et seulement huit départs derrière le centre. Rien pour écrire à sa mère.

Dans la Ligue canadienne, il était le réserviste de Jeremiah Masoli et il a laissé une bonne impression à Hamilton même sans jouer. Semble-t-il que le turbulent jeune homme est maintenant sérieux dans sa démarche. Qui vivra verra, mais nous sommes sceptiques.

Sinon, on retient de Manziel ses frasques à l’extérieur du terrain, son signe de main (le Money Sign) et une arrogance indécrottable avec les médias en plus d’une consommation d’alcool jugée problématique au début de sa carrière.

Qui plus est, Manziel vient d’une famille qui a fait fortune avec le pétrole au Texas et la controverse lui colle à la peau depuis ses années au secondaire. On lui présume une indépendance de fortune et les rigueurs de la LCF pourraient l’éteindre rapidement si les portes de la NFL se ferment définitivement devant lui.

Alors, pourquoi s’exciter pour la venue de Manziel à Montréal? Il va vendre quelques chandails, un peu comme Chad Johnson, mais changera-t-il le sort d’une équipe à la dérive?

Parions un vieux deux dollars que non, surtout au prix qu’il a coûté aux Alouettes afin d’offrir une chance honnête d’élever un entraîneur, Mike Sherman, dépassé par les événements et le rythme de cette ligue de football extraterrestre pour lui.

Au moins, ils essayent des choses. Mais…



Commentez cet article