Jordan Myles et la WWE

Vous avez peut-être vu passer le nom de Jordan Myles cette semaine sur les médias sociaux si vous êtes un amateur de lutte ou juste un visiteur de différents sites sportifs. C’est inhabituel, puisque Myles n’est pas un lutteur très connu de la WWE.

Il fait partie de ce qu’on appelle la relève à la NXT. Anciennement connu sous le nom de « ACH » sur la scène indépendante, notamment à la Ring of Honor, Myles a rejoint les rangs de la WWE en début d’année avec un contrat de développement et l’espoir de percer la troisième marque de l’organisation après Raw et Smackdown.

Jusqu’ici, disons que c’est modéré comme succès et cette semaine, une controverse risque de compliquer les choses.

Un t-shirt dérangeant pour Jordan Myles

Tout d’abord, commençons par établir la grogne de Jordan Myles.

Sur les médias sociaux, Myles dénonce l’utilisation de cette iconographie choisie pour le représenter. Si vous êtes moins familiers, disons que la position de son nom dans ce qui est pas mal l’image d’une bouche souriante rappelle l’utilisation caricaturale des Afro-Américains il y a plusieurs décennies dans les médias afin de s’en moquer et de les ridiculiser, notamment lors des Minstrel Show.

En voici un exemple.

Lyles, donc, dénonce le manque de jugement de la WWE qui lui propose cette image pour le vendre à ses partisans.

La réponse officielle de la WWE est que Myles a accepté le design avant de mettre le chandail en vente et qu’il est, depuis, retiré de son site. La WWE se basait aussi sur le fait que Myles, dans la vie et sur le ring, est très souriant. C’était donc normal de le représenter avec un large sourire.

Pour Myles, le retrait du chandail ne suffit pas et, selon lui, ça part d’une culture encore raciste alimentée par les vieilles idées de Vince McMahon.

Est-ce que la WWE est raciste?

Ici, la question devient épineuse. Jordan Myles affirme qu’il avait vu le design du chandail sur un fond blanc, donc il n’avait pas relevé le lien avec les caricatures d’époques. Il souligne aussi qu’il avait proposé une alternative au chandail qui a été écarté de la main par la WWE et Triple H plus spécifiquement qui chapeaute les opérations de la NXT.

Donc là, ça devient la parole de Myles contre celle de la WWE. Le hic, c’est que les histoires raciales favorisent rarement la WWE.

Pensons, par exemple, aux tirades racistes de Hulk Hogan qui lui ont valu une suspension de trois ans de la part de la WWE. Ce dernier est cependant de retour à l’avant-plan et au centre de l’histoire majeure en route vers le prochain gala controversé en Arabie saoudite cette semaine. (Ces galas aussi, par ailleurs, attirent les foudres sur la WWE en raison des politiques rétrogrades de l’Arabie saoudite).

Ensuite, on pourrait souligner que Kofi Kingston, en 2019, est devenu le premier champion du monde de la WWE originaire du continent africain. Pas le premier de la décennie ou du siècle, non, le premier de toute l’histoire du championnat qui remonte à 1963. Avant lui, The Rock est le plus près d’un Afro-Américain qui a soulevé cette ceinture, et on parle ici d’un athlète issu d’un métissage né aux États-Unis.

On vous épargne aussi les nombreuses histoires en coulisses soulignant le profilage racial et les blagues de mauvais goût à l’endroit des lutteurs noirs.

La suite des choses

Jordan Myles, ici, devient la voix active pour dénoncer le double standard de la WWE au niveau de l’inclusion raciale. Il dénonce aussi le fait que les lutteurs/euses noirs/es sont plutôt utilisés dans des rôles comiques, caricaturaux ou de faire-valoir.

Depuis le dévoilement du chandail en septembre, Myles dit qu’il n’est plus en paix avec son employeur et ne fait plus confiance aux dirigeants de l’organisation.

Au moment d’écrire ces lignes, il n’y a plus de chandails de Jordan Myles sur le site de la WWE et on ne sait pas ce que réserve l’avenir au lutteur à la NXT qui a maintenant son émission hebdomadaire à la télévision américaine. Mais on se doute que la relation restera envenimée entre les deux parties.



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