J’adore la course à pied, j’en fait on and off depuis plusieurs années. Je n’en ai pas honte mais je ne ressens pas le besoin d’en parler sans arrêt.

Sauf que là, il y a truc qui me gosse.

Dans la vie comme dans ta face, Instagram et la réalité, c’est pas mal différent. Les lattes sont toujours beaux, les chiens ne puent pas, les enfants sont adorables et les madames ont les seins vraiment très proches du menton.

C’est pourquoi je crois qu’Instagram ne rend pas justice à la course à pied, anciennement l’activité d’une mince frange de crinqués, maintenant devenue courante comme Isabelle Boulay dans les speakers de la pharmacie.

Non, c’est pas vrai que toutes les filles courent en top fluo à 6h le dimanche matin en portant un rouge à lèvres assorti à leurs chaussures.

On ne s’attend pas non plus à ne voir que des coureurs végétariens ayant complété leurs quatre marathons annuels le 2 novembre.

On n’est pas obligé d’avoir un folichon chien à promener, pas besoin de ne sortir qu’au soleil couchant, pas besoin d’aller manger un brunch garni de verts après. Pas besoin de courir ni vite ni bien.

Alors maintenant qu’on a mis ça au clair, il est temps de vous révéler qu’au contraire, la course à pied pue, sue, fait mal et parfois chier, aussi. Mais ça fait du bien, c’est amusant, gratifiant et rend vite accro, si on sait à quoi s’attendre.

Voici une liste des vraies choses qu’il se passe quand tu cours et qu’Instagram ne te dira jamais.

– Si tu cours dans un parc fréquenté, tu vas nécessairement croiser des gens qui ont des cernes de sueur à des endroits que tu n’aurais jamais soupçonné et qui vont te donner une connaissance de leur intimité qui pourrait être qualifiée de «exagérée».

– Si tu cours lorsqu’il fait froid, tu vas découvrir qu’avoir simultanément froid aux chevilles, chaud aux genoux et mal aux dents, ça se peut. 

– Plusieurs personnes aiment profiter de ce moment d’effort pour relâcher certains gaz emprisonnés. Au début, tu vas trouver ça dégueu. Ensuite, tu vas le faire et découvrir que c’est libérateur. #totalabandon

– Tu vas souvent regretter tes excès de la veille au début de ta course, être vraiment fier d’y être allé ensuite et utiliser ça pour expliquer qu’ils sont pas si trash que ça, tes vendredis soirs, la preuve, le samedi, t’es allé courir.

– Après ta course, tu vas avoir envie de manger sainement, tu vas te faire une salade formidable, te coucher tôt et te dire que tout cet exercice est en train de remettre toute ta santé sur les rails. Et le lendemain midi, tu vas manger un cheesburger-frites avec du Pepsi.

Maintenant qu’on sait à quoi s’attendre, la semaine prochaine, je vous montre des photos prises au sommet du Mont-Royal après ma course matinale où j’ai assisté au moment précis de l’arrivée du printemps.

Même pas vrai, j’ai oublié de mettre mon cadran, ce matin là.



Commentez cet article