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Lorsque Kevin Lalande s’est envolé pour la Russie, en 2010, il ne s’est jamais douté qu’il deviendrait le premier gardien de but de l’équipe nationale du Bélarus. Sa naturalisation, en 2012, lui a toutefois permis de défendre les couleurs de ce pays aux Championnats de Minsk en mai 2014. Après 4 ans de loyaux services, il a dû tirer sa révérence en prenant sa retraite du hockey professionnel.

« J’ai pris cette décision, parce que j’étais à un point où je devais choisir entre ma santé et ma carrière. Dans les 5 dernières années, j’ai eu 4 commotions cérébrales. La rémission est chaque fois de plus en plus longue. L’an passé, ça m’a pris 3 mois avant de revenir au jeu. Je suis aussi rendu très fragile de ce côté. Un coup de coude ou une rondelle sur le masque peut me renvoyer à l’infirmerie. »

Kevin a joué sa dernière saison avec le Dinamo de Minsk. Après les championnats mondiaux de Paris, l’équipe l’a libéré. Il n’a donc pas joué la dernière année de son contrat de 3 ans. Le Franco-Ontarien s’est donc retrouvé agent libre, mais dans un piteux état de santé.

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Crédits photo : Alexandre Pouliot-Roberge

« Ce n’est pas une histoire très plaisante. J’avais des problèmes aux hanches et j’ai fait des examens à Helsinki. Ils ont constaté que je devais être opéré aux 2 hanches. L’intervention nécessitait 6 mois de réadaptation. Le Dinamo ne voulait pas que je me fasse opérer avant la fin des séries éliminatoires. La Fédération me voulait absolument aux Mondiaux. J’ai donc joué à Paris pour apprendre mon congédiement avant notre retour de France. »

Kevin s’est donc fait opérer à Toronto. La deuxième intervention chirurgicale a eu lieu à la fin décembre et il est toujours en réadaptation. Il est triste de prendre sa retraite, mais heureux d’avoir réglé un vieux problème de santé ayant trainé trop longtemps.

« Ça devenait très difficile. J’avais mal au dos en montant les escaliers. Une marche de 45 minutes me gâchait la journée suivante. Grâce à cette opération, j’ai repoussé de 25 à 30 ans le risque d’un remplacement de la hanche. Ça valait la peine. »

Aucun regret, mais quelques critiques

L’an dernier, le Bélarus a réussi à se maintenir de justesse dans l’élite des Championnats mondiaux à Paris en battant la Slovénie. En 2016, à St-Pétersbourg, le pays adoptif de Kevin a terminé aux devants de la Hongrie même s’il a perdu son match contre cette dernière. Le gardien natif d’Ottawa a peur pour le Bélarus cette saison.

« Mikhail Karnaukhov est un excellent gardien. Il travaille très fort. J’ai fait tout ce que je pouvais pour l’aider. Malheureusement, il n’a presque pas joué cette saison. Le Bélarus n’a pas beaucoup de relève. L’équipe manque donc de profondeur. Ce sera difficile cette année. »

Selon Kevin, au Bélarus, les attentes sont souvent trop élevées pour les moyens investis dans le système de hockey.

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Crédits photo : Alexandre Pouliot-Roberge

« Le Dinamo n’a pas de club-école dans la VHL (deuxième échelon russe) à cause des coûts de transports. Le club-école est donc dans le championnat national et les recrues sont souvent perdues sur la glace lorsqu’elles sont rappelées dans la KHL. La différence de calibre entre les 2 circuits est beaucoup trop grande. Ces jeunes sont talentueux, mais ils n’ont pas la chance d’être bien préparés pour la grande ligue. Lorsqu’ils rejoignent l’équipe nationale, lors des Mondiaux, ils ont les mêmes problèmes que dans la KHL. Dans ces circonstances, on ne peut pas se permettre de promettre des médailles tous les ans. »

Malgré ses critiques, Kevin ne regrette aucunement son passage au Bélarus. Il est toujours citoyen de ce pays et en est toujours fier.

« À Minsk, je me suis fait beaucoup d’amis. J’ai joué pour d’excellents entraineurs et d’excellents coéquipiers. Je regarde les résultats du Dinamo de Minsk. Ce club m’a permis d’avoir une belle carrière dans la KHL. J’ai souvent été blessé et ça n’a pas toujours été facile, mais je suis très reconnaissant envers le club. Grâce au Bélarus, j’ai aussi pu jouer aux Championnats mondiaux. Je suis très fier d’avoir défendu les couleurs du pays. »

Dans la KHL, Kevin Lalande a remporté 55 de ses 161 joutes en carrière jouées avec le Dinamo de Minsk, le Club de l’Armée rouge et le Vityaz de Tchekhov. Il a aussi défendu les couleurs du Bélarus lors de 18 joutes lors de 4 éditions des Mondiaux.



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