Nigel Dawes a joué 212 matchs dans la LNH et sa fiche s’y limite à un total 84 points. Lorsqu’il a quitté l’Amérique du Nord, l’idée de le voir devenir une vedette n’a jamais effleuré l’esprit des amateurs de hockey.

Aujourd’hui, Dawes est un héros national au Kazakhstan. Il y défend les couleurs du Barys d’Astana dans la KHL depuis 2011. Durant 6 saisons, le natif du Manitoba a formé un trio d’enfer avec Brandon Bochenski et Dustin Boyd. Les trois compères ont aussi reçu la citoyenneté kazakhe et ils ont ensemble représenté ce pays lors des compétitions internationales.

Toute bonne chose a toutefois une fin. Cet été, Bochenski a pris sa retraite et Boyd a transféré au Dinamo de Moscou. Après le départ de ses 2 compagnons de trio, aurait pu croire que Dawes ralentirait. C’est tout le contraire. L’ancien du tricolore est toujours en feu.

« Après leur départ, on ne savait pas comment les choses allaient se passer. J’ai toutefois eu la chance de me retrouver avec Linden Vey. Nous n’avions jamais joué ensemble, mais nous avons rapidement développé une belle complicité sur la glace. »

Nigel Dawes - Match des étoiles  (A. Pouliot-Roberge)

Nigel Dawes – Match des étoiles (A. Pouliot-Roberge)

Son duo avec Vey a propulsé Nigel Dawes au premier rang des compteurs de la ligue. En 43 joutes, le natif du Manitoba a marqué 33 buts et il a aussi récolté 18 aides pour produire au total 51 points. Cela le place au quatrième rang de la KHL pour les points récoltés cette saison. Nigel a aussi été élu par le public pour participer au Match des étoiles de la KHL du 14 janvier dernier.

Malheureusement, le Barys n’a pas d’aussi bons résultats que Nigel. Après un début de saison, l’équipe a plongé au classement après une fiche de 2 victoires et de 23 défaites en 25 joutes. Ce désastre a exclu l’équipe des séries éliminatoires au grand dam de Nigel.

« Ce type de situation n’est pas facile. C’est triste. La seule chose à faire, lors de ce type de léthargie, c’est de continuer à travailler fort pour trouver le fond du filet. »

Faux scandale islamophobe

Désespéré d’arracher une victoire, le club a pris les grands moyens. Pour vaincre le Yugra de Khanty-Mansiysk, l’équipe a sacrifié un mouton sur la glace lors de l’entrainement pour obtenir la grâce de Dieu. L’histoire a enflammé les médias sociaux après avoir été rapportée par la presse russe. Certains se sont même permis des publications douteuses sur Twitter.

Certains sites Internet sportifs occidentaux se sont donc jetés sur l’affaire avec pour seule source cette publication sur Twitter. Nigel désapprouve cette couverture peu glorieuse.

« Je ne vais pas revenir sur chaque détail publié dans la presse, mais plusieurs choses écrites dans les journaux étaient tout simplement fausses. Je ne comprends même pas pourquoi cela s’est retrouvé dans les médias. »

Dinara Baikadamova (A. Pouliot-Roberge)

Dinara Baikadamova (A. Pouliot-Roberge)

Il n’y a effectivement rien de neuf sous le soleil. Dinara Baikadamova est une des figures les plus connues des médias sportifs au Kazakhstan. Comme elle l’explique, cette tradition est répandue dans le pays.

« Lors des fêtes du calendrier musulman, la tradition veut qu’on sacrifie un agneau pour en distribuer la viande aux familles défavorisées. C’est fait dans le même esprit que la Thanksgiving. Il arrive aussi que ce soit pratiqué pour porter chance. Notre club de soccer, le Shakhter, le fait régulièrement avant les matchs. Ce n’était toutefois jamais arrivé au hockey. »

Comme Nigel, Dinara a été surprise par cette couverture quelque peu hystérique.

« Au Kazakhstan, nous n’avons pas écrit à ce propos. Ça n’a aucun intérêt du point de vue journalistique. Il s’agit d’une tradition bien ancrée dans notre culture. J’ai grandi en voyant cela lors des fêtes religieuses. D’ailleurs, aucun joueur n’a été malade après le rituel. Franchement, j’aimerais bien connaître le nom de l’individu ayant soufflé ça aux oreilles de la presse russe… »

En tout cas, si quelqu’un a eu un malaise, ce n’est certainement pas Nigel.

« Lorsqu’on vit à l’étranger, la culture est souvent différente de la nôtre. Ici, ils pratiquent régulièrement ce rituel et ça ne me cause aucun problème. »



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