J’ai écouté le documentaire Parfaites, sur l’équipe nationale canadienne de nage synchronisée, et mon coeur s’est brisé mille fois.

Le film commence avec le camp de sélection des huit filles qui formeront l’équipe nationale. Huit filles qui partent à la conquête d’un rêve olympique tellement proche et tellement loin. Et ça termine mal et bien en même temps.

Si vous avez encore en tête que les nageuses synchronisées sont d’espèces de femmes-robots trop maquillées qui sont toutes semblables, vous allez être pas mal surpris. Ce sont des guerrières, dont les corps sont mis à rude épreuve, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

«C’est comme courir un 400 mètres, mais sans oxygène.»

La capitaine de l’équipe, Marie-Lou Morin, une vétérane qui voit s’égrainer devant elle ses derniers mois de carrière, décrit ainsi son sport, et ça me semble plutôt juste. Des heures dans l’eau, des heures au gymnase, des heures à répéter les mêmes mouvements, à assouplir le corps malmené qui est lui-même mesuré et scruté. Un travail de moine, autant en puissance qu’en force et en précision.

Et puis les nageuses doivent être minces bien sûr, idéalement toute se ressembler. Je ne sais pas pour vous, mais l’adolescente que j’étais aurais étouffé sous la pression des pesées régulières, des comparaisons. Les troubles alimentaires, le poids, la perception de soi, le film ne cache pas ses aspects là du plus féminin des sports de brutes.

Le travail des juges, les notes et cette vilaine impression que les dés sont pipés, on en parle aussi. On ressent la colère, mais aussi la résignation des nageuses et de leur étourdissante entraîneuse.

Bien sûr, si on s’intéresse un peu à la nage synchronisée, pas que ça soit nécessaire pour voir le film, on sait en commençant que leur objectif ultime, la qualification pour les Olympiques de Rio, leur filera entre les doigts.

On regarde le film et on les voit s’aimer et s’entraider, douter, travailler si fort, énumérer leurs bobos, on les voit tout déconstruire pour tout réapprendre mille fois plutôt qu’une et parfois, on se rappelle que le calendrier de carton qu’elles font pour les qualifications va s’arrêter ce jour-là. Qu’elles n’auront pas la chance d’en faire un deuxième pour les Jeux.

Mille fois mon coeur a été brisé, mais avec la formidable proximité qu’offre le film sur les athlètes, je vais suivre leur parcours jusqu’à Tokyo.

Parfaites est à voir, vraiment, pour se rappeler des sacrifices dans la victoire, mais aussi dans la déception.

Voici la bande-annonce, pour vous mettre l’eau (lol) à la bouche:

PARFAITES – PERFECT teaser from Rapide Blanc on Vimeo.



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