Dans l’ombre d’une très grosse soirée lors du UFC 199, avec l’annonce du retour de Brock Lesnar dans l’Octogone et de la date du combat revanche entre Conor McGregor et Nate Diaz, Dana White et le UFC ont écarté un journaliste très respecté de sa soirée parce qu’il a fait son travail et depuis, les médias placent le projecteur sur l’abus de pouvoir de l’organisation.

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Avec raison, c’est absolument inacceptable qu’une organisation écarte un journaliste qui fait son travail parce qu’il dévoile des scoops avant le temps. Surtout quand il n’y a pas d’embargo clair sur l’information. Quand un journaliste trouve une info, il la partage – c’est la beauté et l’utilité de la liberté de presse. Sans ça, le monde ne serait qu’une marionnette corporative, déjà que c’est pas mal ça, il faut se battre bec et ongle pour le peu d’intégrité qui existe encore.

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Ariel Helwani, de Montréal, couvre les arts martiaux mixtes depuis très longtemps et il est extrêmement respecté dans le milieu. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que le UFC lui fait la vie dure.

En 2014, lorsqu’il travaillait encore pour FOX, Helwani a vu ses accès bloqués temporairement par le UFC. La raison? Apparemment, Helwani parlait trop en bien du Bellator, le compétiteur aux États-Unis de Dana White.

Plus tôt cette année, Helwani s’est fait montré la porte chez FOX et on croit encore que le UFC serait derrière la manœuvre. La raison? Helwani aurait discuté avec Rory McDonald du potentiel qu’il aura à titre de combattant autonome sur le marché, lui qui avait un contrat à échéance avec l’organisation.

Il y a beaucoup de ouï-dire et de rumeurs dans cette histoire, mais une chose demeure certaine : c’est inacceptable d’empêcher à un journaliste de faire son travail quand il ne commet pas de bévues graves.

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NON – faire couler un scoop n’est pas une entrave à son métier.

NON- parler de la compétition non plus.

Le UFC n’est pas la seule à jouer ce genre de jeu, pensons notamment à l’extrême précaution entourant toute l’information entrant et sortant de l’organisation du Canadien de Montréal.

Ici, comme ailleurs, les journalistes doivent jouer le jeu avec les organisations afin de préserver leurs accès privilégiés. Le hic, c’est que le jeu qu’ils jouent en est souvent un de désinformation, d’infopub et de rayonnement positif à défaut d’informer le public.

La ligne entre la promotion et le journalisme est de plus en plus floue. Les organisations voudraient tout contrôler parce que c’est plus payant, ceci inclut l’information que les journalistes divulguent. Le public, lui, veut tout savoir parce qu’il y a un réel investissement envers les athlètes.

Le journaliste se retrouve tiraillé entre les deux. D’un côté, informer le public adéquatement offre une certaine notoriété et de la crédibilité. De l’autre, faire la belle pour les organisations met du beurre sur la table.

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Idéalement, ce dilemme ne devrait pas exister. Un journaliste devrait avoir le droit d’exister en périphérie d’une organisation sans avoir des bâtons dans les roues parce qu’il pose trop de questions.

Dans l’exemple qui nous intéresse, Ariel Helwani devrait avoir le droit de dire ce qu’il veut, rencontrer qui il veut et discuter de ce qu’il veut avec ses invités. Point final.

Si Dana White rumine parce que ses grosses surprises sont dévoilées quelques heures avant qu’il ne puisse le faire comme il le voudrait, ben Boo-Oo-Oo! C’est son problème.

Un abus de pouvoir comme celui de cette fin de semaine est inacceptable.

AJOUT

Pour ajouter de l’huile sur le feu, Dana White confirme à TMZ qu’Ariel Helwani ne recevrait plus d’accréditations tant et aussi longtemps qu’il dirigera le UFC. Par contre, Helwani peut venir au UFC 200 … s’il achète un billet!

Quel culot.



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