Certains athlètes attendent plusieurs années après leur retraite pour faire une passe de cash (environ le quart du salaire annuel de Dale Weise) en publiant une autobiographie écrite « avec l’aide » d’un scribe qui, lui, a fini son secondaire.

D’autres sont vraiment pressés de livrer au public un récit de vie rempli de platitudes. C’est ce qu’a choisi de faire Wayne Gretzky, qui avait à peine complété sa deuxième saison avec les Kings au moment de lancer son autobiographie.

Je résume rapidement les informations plus prévisibles que vous connaissez déjà :

– Il aime beaucoup son père;

– Il est contre les bagarres au hockey, et

– C’est vraiment le fun gagner la coupe Stanley (ceci est pratiquement une citation littérale)

Passé ces évidences, j’ai découvert quelques détails plus intéressants sur la vie du Great One.

1 – Il a passé son enfance à se faire haïr.

Comme Gretzky a passé une partie de sa carrière à dominer une ligue professionnelle d’adultes, vous pouvez imaginer qu’il était encore plus dans une classe à part en jouant avec des enfants. Mais ça aide de mettre des chiffres sur cette domination : à l’âge de dix ans, mesurant 4 pieds 4 pouces, il a compté 378 BUTS EN 69 PARTIES, gagnant le titre du meilleur marqueur par… 238 buts.

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Petit Wayne, personnage de cauchemars.

C’est assez évident que les gardiens de but qui jouaient contre lui, et leurs parents, devaient se réveiller la nuit pour le haïr, mais même les parents de ses coéquipiers étaient jaloux. Certains d’entre eux se pointaient aux parties avec un chronomètre pour calculer combien de temps le petit Wayne gardait la rondelle (avant de compter un but, si on se fie à ses stats).

Tu fais de ton mieux et les gens te critiquent quand même? Gretzky aurait dû jouer à Montréal, il aurait géré les médias montréalais sans problème.

 

2 – Il a joué avec le « meilleur quelque chose de TOUTTE »

Gretzky ne comprend manifestement pas comment utiliser le mot « meilleur », parce qu’il mentionne plusieurs meilleurs pour chaque catégorie.

Par exemple, le joueur le plus compétitif, c’est Mark Messier, mais quelques pages plus loin ça devient Denis Potvin, quoique Gordie Howe est aussi le meilleur compétiteur de l’histoire. Le meilleur marqueur est Glenn Anderson, mais Jari Kurri est aussi le meilleur compteur, sauf que Mario Lemieux est le meilleur marqueur, après Gordie Howe, qui est le meilleur. Ça devient mêlant.

Gordie, le meilleur en clin d'oeil

Gordie, le meilleur en clin d’oeil.

3 – Il aime pas trop Mike Bossy

Même si Wayne joue la carte de l’humilité dans son autobiographie, il consacre quelques passages à expliquer que la face de Mike Bossy ne lui revient pas. Il dit par exemple que c’est Bryan Trottier qui était le moteur de la dynastie des Islanders et que Denis Potvin avait mieux joué que tous ses coéquipiers. Ça a l’air que Bossy aurait été jaloux de Gretzky.

Mike et Wayne, irréconciliables capillairement

Mike et Wayne, irréconciliables capillairement

Par contre, il n’a que des bons mots pour Mario le Magnifique. Il croit que Lemieux serait capable de battre ses records… si seulement il arrêtait de fumer!

4- Il était vraiment pas top shape.

Gretzky raconte avec une étrange fierté qu’il était toujours bon dernier lors des évaluations physiques au début du camp d’entraînement.

Un vrai athlète?

Un vrai athlète?

D’ailleurs, il explique que son « régime d’entraînement » pendant l’été se limitait à faire deux-trois étirements en se levant le matin, un peu d’aérobie avec sa femme en matinée et des parties de basketball quand il fait beau en après-midi. C’est… pas exactement un modèle pour la jeunesse?

5 – Il essaie de nous faire croire que sa femme était une grosse vedette hollywoodienne avant de déménager à Edmonton.

Wayne explique que sa femme a sacrifié sa carrière pour aller le rejoindre dans la morne ville d’Edmonton. C’est que, voyez-vous, Janet était en pleine ascension : après avoir joué dans le très quelconque film The Flamingo Kid, elle avait obtenu un rôle… dans POLICE ACADEMY 4!!!! Y a pas à dire, le prochain arrêt pour Janet c’était le tapis rouge des Oscars.

Elle, c'est une athlète.

Elle, c’est une athlète.

Wayne essaie de nous faire croire que le couple a dû choisir entre les aspirations professionnelles de l’un des deux. J’imagine que la conversation a ressemblé à ça :

Wayne : Chérie, on doit choisir entre le hockey et le cinéma. Qu’est-ce qu’on fait?

Janet : Coudonc, as-tu eu une commotion cérébrale? T’ES WAYNE FUCKING GRETZKY, DIEU VIVANT DU HOCKEY.

Wayne : …Ouais, dans le fond, t’as raison.

Janet : Ok, good, le choix est fait! En passant, c’est comment, Edmonton, mettons comparé à Los Angeles?

Wayne : … je te dirais de pas trop amener de maillots de bain dans tes bagages…

6 – Il a bien fait d’écrire son livre en 1990.

On regrette que le livre ait été écrit aussi tôt dans sa vie, parce qu’il ne contient pas des chapitres sur :

– Les belles années de réchauffage de banc sur le 4e trio à New York.

– À quel point il est un coach pourri.

– Les problèmes de jeu de sa femme.

– Les problèmes de drogue de son gendre.

– La fois où il a passé 45 minutes à l’arrière d’un pick-up sous la pluie battante en tenant la torche olympique.



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