Selon ladage, on peut faire dire nimporte quoi aux chiffres. Et on va pas se gêner. 

Ayant vécu la fin des années 2000 à Montréal, je peux vous dire qu’il n’y manquait pas d’intrigues : Saku Koivu promettait d’exploser à tout moment, Ryan O’Byrne volait des sacoches et Alex Kovalev pilotait une variété surprenante de véhicules.

Depuis, le Canadiens est devenu une équipe sérieuse qui délaisse la rue Crescent. Le commentateur sportif ne peut plus miser sur la nature pour l’aider à garnir son compte-rendu. C’est ici qu’il doit emprunter une page au baseball et revisiter le hockey à travers les chiffres.

Le chiffre de l’année au hockey, c’est le but gagnant.

Je me suis amusé à interroger cette catégorie statistique pour trouver quelle vérité profonde, quel génie secret se cache entre ses lignes. Sous le coup des références croisées, elle a fini par parler.

Devinez quoi ? En matière de buts gagnants, c’est nul autre que Lars Eller, le Dane Devil, qui brûle la ligue.

Graphique scientifique fait par François Lanthier

Graphique scientifique concocté par François Lanthier

Eller transforme 55% de ses buts en coup de grâce. Son plus proche poursuivant dans cette catégorie est un certain Nick Bonino, avec 40% de buts décisifs, mais j’ai choisi de comparer Eller à l’élite, puisqu’il appartient à l’élite.

À titre comparatif : si Ovechkin avait le même taux de succès, les Capitals auraient déjà 60 victoires et le Trophée du Président en poche.

Ovechkin dans mon équipe ? À la lumière des faits, je ne peux que dire « Non ! », et même pas merci.

Mais qu’est-ce au juste qu’un “but gagnant” ? Est-ce un genre de billet de loterie ? Possible. Je sais pas ce que Loto-Québec fait ces temps-ci.

Quoi qu’il en soit, la LNH définit le « but gagnant » en ces termes : « After the final score has been determined, the goal which leaves the winning Club one goal ahead of its opponent is the game-winning goal. » 

Mais ça, c’est de l’anglais.

Un but gagnant, ça ne s’explique pas vraiment, ça se vit. En cours de partie, on ne sait jamais quel but sera consacré. C’est souvent après la fin du match qu’on réalise toute la gagnitude de son but.

Tout le monde peut faire du bourrage de filet comme Stamkos ou Seguin, mais ça prend un réel artiste pour, soir après soir, accomplir l’oeuvre qui sciera les jambes de l’adversaire avec un sick move le gros.

Eller pour le Hart.



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