Les journaux anglais parlant de la main de dieu

Les hommages affluent de toutes parts, depuis le décès du grand Diego Maradona, le 25 novembre dernier. Un symbole qui transcendait son sport, sans aucun doute. Il passera à l’histoire pour de multiples raisons, mais beaucoup en raison de certains de ses célèbres buts.

Impossible de prononcer son nom sans avoir en tête le but de la « main de Dieu », lors de la Coupe du Monde 1986. À la 51e minute du match quart de finale, entre l’Argentine et l’Angleterre, Maradona marque en utilisant très clairement sa main. Le but sera officialisé par l’arbitre, dans l’une des séquences les plus controversées de l’histoire du sport.

Plus tard, l’attaquant évoquera une intervention divine pour justifier son filet. L’Argentine gagnera par la suite la Coupe du Monde, au grand désarroi du peuple anglais. Il faut comprendre l’Angleterre et ses partisans: le but de Maradona n’aurait jamais dû être accepté.

Mais la main de Dieu, c’était en 1986!

Mais les Anglais n’ont toujours pas tourné la page. Lorsque le décès de Maradona a été annoncé, les tabloïds d’Angleterre ont été incapables de souligner son départ, sans faire mention de l’épisode de 1986.

Le Daily Express, le Daily Mirror, The Sun, The Daily Star… chacun fait référence en sa manière à ce match, profondément ancré dans la mémoire collective anglaise. Là-bas, le nom de Maradona est encore synonyme d’amertume.

Même dans la mort, Maradona ne peut échapper au fiel anglais. Dans un texte sorti cette semaine, un chroniqueur du Daily Mail déplore que le footballeur ne se soit jamais excusé pour son but, un manque flagrant d’esprit sportif à son avis.

Sur le site de journalisme universitaire The Conversation, le professeur Matthew Brown stipule que l’incapacité du peuple anglais à pardonner à Maradona vient peut-être de sa relation particulière avec les pays d’Amérique latine. En outre, l’emprise culturelle, économique et financière qu’il a longuement détenu sur l’Argentine.

L’économie d’Argentine a en effet été partiellement sous le contrôle d’investisseurs anglais, pendant longtemps. Après la chute de l’Empire britannique, les liens financiers entre l’Angleterre et les pays de l’Amérique latine se sont amoindris. Mais une guerre vient à nouveau troubler l’histoire entre les deux pays, en 1982, pour la possession des îles Malouines. Dans son autobiographie, Maradona racontera d’ailleurs que les duels sur le terrain de soccer servaient de substitut cathartique au conflit armé, et que ses coéquipiers «considéraient les adversaires  comme les responsables de la souffrance du peuple argentin».

À partir de 1986, les relations entre les deux pays sont surtout définies par le sport

Le triomphe de l’Argentine, en 1986, marquait ainsi une rupture nette avec la domination qu’exerçait autrefois l’Angleterre sur cette nation. Cette défaite traumatisante sur le terrain de soccer était le reflet d’une autre défaite, encaissée quant à elle sur l’échiquier mondial.

Elle venait renforcer l’idée voulant que «le soccer a été inventé par les anglais, mais perfectionné par l’Amérique latine».

Cette inversion des rôles était doublement difficile à accepter pour les Anglais, considérant que le but a été il faut le rappeler marqué de façon déloyale.

Mais comme on dit, à la guerre comme à la guerre…



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