malédictions

Dans le grand schème de la vie, 108 ans, c’est pas si long quand on y pense. En années de baseball, c’est une éternité.

Et, hier soir, même les dieux de la balle paraissaient ne pas être, encore, du côté des Cubs qui semblaient pourtant en voie de remporter de manière relativement facile ce septième match historique. Un seul homme pouvait se dresser entre les fantômes de la balle, la malédiction de Billy la chèvre, et ce moment historique : Theo Epstein, l’homme qui met fin aux malédictions.

Theo Epstein, c’est un prodige en matière de gestion d’une équipe de baseball. Il a obtenu son premier poste de directeur général dans les majeures avec les Red Sox en 2002, alors qu’il n’avait que 28 ans. Et qu’est-ce qu’il a fait? Il a reconstruit rapidement le club et réussit là où plusieurs avaient échoué avant lui : battre la malédiction du Bambino et remporter la Série mondiale en 2004, après une traversée du désert de 86 ans. Moi, à cet âge-là, j’étais même pas encore tout à fait certain de ce que je voulais faire une fois grand.

C’est en 2011 qu’il est engagé par les Cubs à titre de président des opérations baseball alors qu’il est âgé de 37 ans. Il a pris une équipe de fond de classement et l’a reconstruite pour finalement l’amener là où elle était hier soir. En tout et pour tout, il a mis fin à 194 années de disette, réparties entre deux équipes. Moi, à cet âge-là, je commençais à peine à être pas trop pire dans ce que je fais.

Theo Epstein mène 2-0 contre les malédictions.

Et, sait-on jamais, peut-être avons-nous assisté, hier, à la naissance d’une nouvelle : la malédiction de Wild Thing.

Pensez-y! Avec leur défaite, hier, les Indians de Cleveland deviennent l’équipe n’ayant pas remporté la Série mondiale depuis le plus longtemps, leur dernière remontant à 1948.

C’était pourtant si simple : faire plaisir aux partisans en demandant à Charlie Sheen de remettre son costume de Wild Thing pour un simple lancer protocolaire. Tout le monde le voulait. Sheen, qui assistait d’ailleurs au match d’hier, était prêt à le faire. Jason Kipnis et Mike Napoli, deux joueurs des Indians, ont même construit un temple vaudou dans leur vestiaire, comme le faisait le personnage de Pedro Cerano, coéquipier de Sheen dans Major League.

Cela n’a visiblement pas fonctionné. Les dieux du baseball ont donné du fil à retordre aux Cubs, qui ont démontré qu’ils étaient dignes d’être leurs disciples. Ils sont maintenant lavés de leurs péchés.

Mais, en vérité, je vous le dis : les Indians ne remporteront pas la Série mondiale tant que Wild Thing ne lancera pas la première balle.



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