Maurice Mad Dog Vachon

Je ne peux pas dire que mon père partage ma passion pour la lutte professionnelle. En fait, entre passer une soirée à écouter un gala de lutte et se faire faire un toucher de la prostate, il commence déjà à détacher sa ceinture.

Pourtant, il prend plaisir à me parler de la lutte quand lui il était jeune. Une époque où André The Giant s’appelait encore le Géant Ferré, où le tout petit Sky Low Low était une très grande vedette et où les lutteurs communistes avaient intérêt à se dépêcher à sortir de l’aréna s’ils ne voulaient pas se faire ramasser.

Mais quand il me parle de cette époque révolue, un nom revient toujours : Mad Dog Vachon. Véritable icône de la culture populaire, pionnier québécois sur la scène internationale, Vachon n’est rien de moins qu’une légende.

Et pourtant, malgré son statut légendaire, je dois admettre que je le connaissais assez peu avant d’entamer la biographie écrite par le duo de Bertrand Hébert et Pat Laprade, intitulée simplement « Maurice Mad Dog Vachon ».

Hébert et Laprade nous proposent un récit chronologique de la vie du chien enragé. Partant de ses origines de jeune bum traînant dans les rues de Montréal à la recherche d’anglais à tabasser à athlète olympique pour finalement devenir lutteur professionnel, c’est un récit époustouflant et malheureusement trop méconnu qui nous est raconté ici.

Ce n’est pas le premier livre du tandem Laprade/Hébert que je lis, et s’ils ont une qualité, c’est qu’ils font vraiment, vraiment bien leurs recherches. Maurice Mad Dog Vachon n’est pas le genre de livre dans lequel on se contente de nous retranscrire la page Wikipédia.

Les auteurs ont fait de nombreuses entrevues avec des proches de Mad Dog (ils l’ont d’ailleurs rencontré avant sa mort), et ces efforts nous permettent d’avoir un regard vraiment intime sur la vie de Vachon. On découvre un homme agressif, mais doux; fier, mais ignoré; un Québécois à la fibre patriotique qui a dû s’exiler; un homme de famille qui s’est abandonné à la lutte.

Ce regard intime et personnel est l’une des forces de cette biographie. Bien sûr, ses accomplissements professionnels sont aussi couverts de façon extensive, sauf que n’importe qui peut lire une liste d’accolades. Mais fermer une biographie en ayant l’impression de vraiment connaître le principal intéressé, c’est autre chose, et les auteurs atteignent cet objectif avec brio.

Parfois, l’affection que les auteurs ressentent pour Vachon est peut-être un peu trop débordante, à un point où la prose peut devenir mièvre. Cependant, on ne peut pas tellement leur en vouloir; Maurice Vachon semblait être un homme vraiment attachant, et on s’y attache nous aussi.

3 meilleures citations

Sur la force de Mad Dog :

« En effet, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la force brute n’est pas le meilleur atout de Maurice, et il n’est même pas considéré comme le plus fort parmi ses frères. En fait, il n’est pas non plus le plus fort parmi ses sœurs! »

Sur son aura terrifiante :

« J’avais vraiment peur de lui, raconte le lutteur Pat Patterson. Mais lui, il me regardait travailler. Une bonne fois, il m’a dit avec sa grosse voix : « Toi, tu vas faire un bon lutteur! » Je n’ai pas dit un crisse de mot, ni merci ni rien. J’avais bien trop peur de lui! »

Sur sa philosophie particulière :

«Dans ces années-là, Maurice croyait que si le match ne finissait pas en émeute ou si nous n’avions pas à nous battre pour retourner aux vestiaires, que nous n’avions pas bien fait notre travail, que nous n’avions pas réussi notre mission, se souvient Paul [Vachon]. »

L’histoire de Mad Dog Vachon en est une que tous devraient connaître.

Même s’il est un nom connu de tous, peu connaissent vraiment l’ampleur de ses accomplissements. Il a été un véritable pionnier dans le monde de la lutte, l’un des premiers Québécois à atteindre les plus hautes sphères de la lutte professionnelle.

Dans Kevin Owens, il y a certainement un peu de Mad Dog Vachon. Et ça ne prend pas un dictionnaire pour comprendre ça!

Note : 3.5 Mad Dog sur 5

Mad Dog



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