Cette semaine, j’ai écouté pour vous En marchant, un film d’animation de 1968, dans la plus pure tradition d’animation de l’ONF.

C’est un film de Ryan Larkin, à ne pas confondre avec Dylan Larkin, le centre des Red Wings de Détroit. Dessiner tout ça seul a dû lui prendre un méchant boute.

En gros, un dude marche pendant cinq minutes. On commence par le regarder et voir ce qu’il croise puis plus le film avance, plus on tombe dans la poésie, dans l’abstrait.

Comme le fait la marche, ce film détend. On se laisse bercer par la musique et les images sans se poser de question. Vous ne verrez rien d’extraordinaire à vous lancer en bas de votre balcon. Juste un feelgood movie artistique où la fluidité du mouvement est reine.

La trame sonore est un personnage en soi. Pour avoir visionné beaucoup du répertoire de l’ONF de cette époque, c’est une des belles trames sonores que j’ai entendue. Elle est en parfaite harmonie avec les images, comme peut l’être We are the champions lorsqu’une équipe sportive est sacrée championne.

La marche se transforme peu à peu en danse, voire en chorégraphie de groupe. Quand on prend une marche (surtout avec ses écouteurs), on a parfois cette impression que tout le décor interagit avec nous, que notre quartier est constitué de figurants engagés pour notre marche. Comme si chacun de nous avait son petit Truman Show.

Si vous écoutez ça ce matin, c’est certain que vous allez prendre une marche sur l’heure du dîner!

En marchant te permet de voir tout ça, mais pas nécessairement dans l’ordre:

– Attention aux yeux prudes, on voit certaines parties de l’anatomie.
– Le dude brille comme s’il a une étoile dans Mario Bros.
– J’ai tu dis qu’on voit des pénis?


En marchant, Ryan Larkin, Office national du film du Canada



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