Martina Navratilova et John McEnroe

Lundi le 19 mars, la chaîne britannique BBC a dévoilé un documentaire-choc qui promet de faire beaucoup de vagues en Europe à propos de l’équité salariale.

Britain’s Equal Pay Scandal, de la série Panorama, lève le voile sur les énormités dans les différences de salaires entre les hommes et les femmes dans des emplois comparables. Le tout est la retombée d’une obligation de divulgation de salaire légiférée en 2017 contre la BBC à propos de ses personnalités à l’antenne.

Du lot, le documentaire adresse la couverture du tournoi Wimbledon avec, notamment, deux légendes du sport : Martina Navratilova et John McEnroe.

Navratilova, qui a remporté le tournoi à neuf reprises lorsqu’elle jouait, a accusé le diffuseur de valoriser davantage les voix masculines alors qu’elle compare son salaire pour la durée du tournoi, 15 000 livres britanniques (environ 27 000 $), à celui du commentateur vedette McEnroe, 150 000 $ livres britanniques (plus de 270 000 $).

À sa défense, la BBC soulignait au journal The Guardian que McEnroe est l’une des vedettes de la station qui est le plus présente à l’antenne et son contrat est exclusif, empêchant l’ex-tennisman de prêter sa voix à d’autres médias. Ceci explique son salaire plus imposant, selon eux, en plus de son expertise mondialement reconnue.

Navratilova, de son côté, aurait obtenu la confirmation que sa charge de travail était similaire à celle de McEnroe lors de la couverture du tournoi. Le documentaire souligne que McEnroe aurait compilé une trentaine d’apparences en 2017 lors de la couverture du tournoi et Navratilova une dizaine.

Alors, qui dit vrai?

Difficile de ne pas considérer la position de Navratilova quand on sait que la BBC est déjà dans l’eau chaude par rapport aux écarts salariaux. D’ailleurs, une cadre senior de la BBC a démissionné dans la foulée des révélations puisqu’elle était payée considérablement moins que ses homologues masculins.

Aussi, une quarantaine de journalistes féminines de la BBC ont rédigé une lettre ouverte pour dénoncer les écarts quand une liste des plus hauts salariés de la chaîne a été dévoilée en 2017 et que seulement un tiers de cette liste était des femmes. Il faut aussi ajouter que le top-7 était exclusivement masculin avec un écart de plus de 1 million de livres britanniques entre les hommes et les femmes les mieux payés de la chaîne.

Ouch!

Sue Barker, l’autre annonceuse vedette aux côtés de John McEnroe, était parmi les signataires de cette lettre ouverte.

Alors, quand on vous dit que les médias c’est souvent un boys’ club, ce n’est pas juste pour faire nos fins finauds. Il y a un réel problème à adresser.

via Deadspin



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