farce

Seigneur…

Ça semble officiel, Conor McGregor et Floyd Mayweather croiseront le fer le dans un ring de boxe le 26 août à Las Vegas.

Ainsi, Floyd Mayweather et sa fiche parfaite (49-0) sortiront de la retraite pour un combat/attraction contre le premier homme à détenir simultanément deux ceintures du UFC dans deux catégories de poids différentes, le «Notorious One» Conor McGregor.

Sur papier, il y a de quoi saliver. Mais si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est que les collisions entre les boxeurs et les combattants d’arts martiaux mixtes sont, au mieux, catastrophiques, et, au pire, carrément pathétiques.

Citons en exemple la triste démonstration de James Toney lorsqu’il a foulé l’octogone de l’UFC pour y affronter le légendaire Randy Couture lors du UFC 118 en 2010.

Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, Toney affirmait haut et fort que la transition vers l’octogone serait simple en raison de son bagage de boxeur et de ses bonnes performances sur la scène internationale. Randy Couture, lui, avait plutôt en tête d’amener rapidement le combat au sol et disposer ensuite d’un James Toney qui avait la présence d’esprit au sol d’une truite sur l’asphalte.

Ce n’était pas beau à voir.

Sans dire que McGregor paraitra aussi mal que Toney à l’époque, disons que les chances sont minces qu’ils surprennent la planète boxe avec une victoire flamboyante contre possiblement le meilleur boxeur défensif de l’histoire.

Pourquoi?

Premièrement, Mayweather n’a pas à s’ajuster pour affronter Conor McGregor, malgré sa retraite. On peut rapidement faire la comparaison entre McGregor et Canelo Alvarez qui ont sensiblement les mêmes mensurations. En 2013, Mayweather a infligé sa seule défaite en carrière à Alvarez, résistant ainsi à la force de frappe du puissant boxeur mexicain.

Ensuite, les grandes qualités athlétiques dans l’octogone de l’UFC de McGregor ne seront pas utiles dans un ring de boxe. Il ne pourra pas maintenir la distance avec la menace d’un coup de pied ou d’une amenée au sol. En boxe, la proximité est de mise et Mayweather ne laissera aucune chance à McGregor en contre-attaque dès qu’il sera à portée de mains.

Autre chose, Conor McGregor n’a jamais boxé de façon professionnelle. C’est  un bon cogneur dans un contexte d’arts martiaux mixtes, mais sa puissante gauche n’a jamais été testée avec des gants de dix pouces dans un ring de boxe. On ne parle pas ici de la même force de frappe et si Mayweather a résisté à tous ses opposants jusqu’ici, incluant plusieurs excellents cogneurs, on voit mal comment McGregor pourrait être une menace.

Les preneurs aux livres sont du même avis, favorisant Mayweather à plus de 11 contre 1.

Mais pourquoi ce combat se déroulera-t-il alors? Une seule réponse : l’argent. Toujours l’argent.

Floyd Mayweather est une machine à imprimer des billets verts et Conor McGregor, lors de son ascension spectaculaire avec l’UFC, s’est avéré être le combattant le plus lucratif de l’histoire des arts martiaux mixtes. À ce niveau, l’opposition entre les deux hommes est très alléchante… mais est-ce que le public en aura pour son argent?

Assurément que non, car toutes les bonnes parties de ce combat seront gratuites. Elles proviendront des déclarations incendiaires avant et des réactions plus humbles après. C’est souvent le cas avec les sports de combat, mais souvent il y a un suspense dans le ring. Ici, McGregor aura de la difficulté à simplement atteindre Mayweather avec des coups de qualités. On ne parle pas ici de le battre, mais simplement de le toucher.

Ce qui rendra le combat assurément très ennuyant, voire complètement inutile.

Le boxeur Chris van Heerden, qui avait aidé McGregor dans sa préparation pour son 2e combat contre Nate Diaz, semble du même avis, lui qui a partagé une vidéo d’entraînement où il touche à répétitions McGregor avec sa boxe.

Qui plus est, cette aventure de McGregor loin de l’octogone est nocive pour l’UFC qui doit composer avec l’absence de son combattant le plus populaire qui, en plus, à une ceinture à défendre.

Donc, les deux combattants ont beaucoup à gagner au niveau du portefeuille, mais qu’en est-il de la crédibilité du sport et du respect des amateurs? Il y a une frontière à ne pas franchir, à mon avis, entre le combat-spectacle et la triste farce. Ici, on penche du mauvais côté et c’est le public qui sera floué.

Par contre, c’est difficile d’en vouloir aux deux hommes qui ne font que récolter les dollars qui sont lancés à leurs pieds. Nous sommes donc, en tant qu’amateurs de sports, responsables de cette farce d’une certaine façon. Notre intérêt alimente la machine même si, au final, on dénonce l’absurdité de l’aventure.

Damned if you do, damned if you don’t

L’argent sera, une fois de plus, la grande gagnante de cette extravagante aventure. Faut s’y faire, ça ne changera pas.



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