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François Lemay vous en parlait il y a moins de deux semaines : l’heure est grave pour la direction du CH. Très grave!

Voyez-vous, c’est que le Tricolore disputera son match d’ouverture au Centre Bell pas plus tard que ce soir face aux puissants Blackhawks de Chicago et qu’il reste toujours de nombreux billets disponibles pour la rencontre.

Il ne suffit que d’une petite visite sur le site du Centre Bell pour en faire le constat.

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Crédits photo : Capture d’écran

Observation : les partisans semblent plus intéressés à observer l’attaque du Canadien que sa défensive (qui est meilleure que celle de l’an passé selon Marc Bergevin). Étrange.

Mais qu’est-ce qui pourrait bien expliquer le fait que tous les sièges ne soient pas déjà réservés pour cette première rencontre à domicile? Plusieurs choses.

Le coût d’une sortie au Centre Bell

Tout le monde le sait : assister à un match des Canadiens, c’est pas donné. D’abord, juste pour les billets, on parle d’un montant de 549 $ plus taxes pour deux sièges dans les rouges (520 $ pour les places, 24 $ de frais de service et 5 $ pour recevoir les billets sur mobile, oui oui!).

Un partisan prêt à s’asseoir dans les hauteurs du Centre Bell, soit dans la section grise, devra quant à lui débourser 185 $ plus taxes pour une paire de billets. Assez cher pour voir les défenseurs de la Sainte-Flanelle avoir de la misère à faire une sortie de zone.

Je n’ai même pas encore parlé du prix des hot dogs, nachos et autres cochonneries tant aimées des sportifs. Un conseil : si vous souhaitez casser la croûte et boire une petite bière en assistant au match, on vous suggère de parler à votre conseiller financier pour être certain que ça n’affecte pas vos plans de retraite.

La piètre qualité du produit

Quoiqu’en pense le directeur général du club montréalais, il faut avoir la tête enfoncée à un minimum de 6 pieds sous terre pour oser croire que le CH a une meilleure équipe cette année qu’à pareille date en 2016.

Avec les pertes d’Emelin, Beaulieu (je ne pensais jamais dire ça) et surtout Markov, les Glorieux ont perdu beaucoup de lustre et de mobilité en défensive. Oui, Marc Bergevin a fait l’embauche de quelques joueurs, dont Karl Alzner, David Schlemko, Joe Morrow et Jakub Jerabek, mais aucun d’entre eux (à moins que Schlemko ne soit une véritable révélation à son retour au jeu) ne possède la vision de jeu et les habiletés en sortie de zone qu’avaient Markov, et même Beaulieu. Seul point positif? La surprise causée par le jeune Victor Mete qui se trouve maintenant à être l’homme de confiance de Claude Julien pour relancer l’attaque en avantage numérique. Ça en dit long.

On se retrouve donc avec une brigade défensive ayant beaucoup de difficulté à sortir la rondelle de sa zone et par conséquent encline à donner des revirements qui seront profitables aux attaquants de l’équipe adverse. On a d’ailleurs pu le constater lors des premières parties de l’équipe, surtout samedi contre les Capitals de Washington.

En attaque, le portrait n’est guère plus reluisant : le club n’a marqué que trois buts en trois rencontres et la perte d’Alexander Radulov se fait ressentir. Le directeur général du Tricolore a fait une excellente prise en obtenant Jonathan Drouin du Lightning cet été, mais celui-ci se retrouve aujourd’hui dans une situation extrêmement délicate : soit celle d’évoluer dans un des marchés sportifs les plus exigeants au monde, d’occuper le poste de centre numéro 1 du club, une position qui n’a pas été remplie pleinement à Montréal depuis les beaux jours de Saku Koivu; tout ça, à l’âge de 22 ans. En voulez-vous de la pression? En v’là!

Pour ce qui du reste de l’offensive du CH, plusieurs points d’interrogation doivent être dessinés sur le tableau de Claude Julien. On ne sait toujours pas qui occupera la position d’ailier droit sur le premier trio : Gallagher? Hemsky? Lehkonen? Galchenyuk? Et  en parlant de Galchenyuk, où est-ce qu’on le met? Au centre? À l’aile? Personne ne semble le savoir, même pas le principal intéressé.

Tout ça pour dire que ça fait 20-25 ans que l’attaque de l’équipe n’a pas fait faire de cauchemars à leurs adversaires. Il serait temps et pas à peu près d’y remédier.

La malhonnêteté de l’organisation envers ses fidèles partisans

Les fans des Canadiens sont parmi les plus fidèles au monde : même lors d’une saison décevante, ils seront toujours présents, au Centre Bell comme devant leur téléviseur, pour soutenir leur équipe chérie.

Mais depuis de nombreuses années, tous les membres de la direction du club semblent avoir mis des lunettes roses et refuser de faire face à la réalité. Non, le CH n’a pas de chances de remporter la Coupe Stanley cette année et il n’en a pas plus à court ou à moyen terme, à moins d’un revirement de situation.

Il serait peut-être temps pour la direction d’arrêter d’être trop optimiste, de réviser ses effectifs et de bâtir à partir de zéro comme l’ont fait d’autres organisations de la LNH comme les Leafs et les Oilers. Il faudra cependant que les fans acceptent cette reconstruction durant une certaine période, ce qui n’est pas facile dans un aussi gros marché de hockey que celui de Montréal.

Bref, l’année s’annonce longue pour le club chéri des Québécois. Et il risque d’y avoir quelques matchs disputés devant des sièges vides en 2017-2018.



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