Steve Austin lors de RAW Reunion

Lundi soir, c’était le RAW Reunion de la WWE et, malgré tout, la soirée était à la hauteur des attentes — ce qui n’est pas forcément une bonne chose.

Prenons tout d’abord un petit pas en arrière pour se souvenir qu’en janvier 2018, RAW fêtait ses 25 ans avec la présentation de l’édition spéciale RAW 25. Il y a un peu plus d’un an, tous les grands noms de l’histoire de la WWE (à l’exception de Hulk Hogan) sont retournés faire un tour lors de l’émission hebdomadaire dans une édition particulièrement décevante au niveau du spectacle.

Déjà là, on commençait à se dire que la nostalgie avait fait son temps à la WWE et que les partisans étaient prêts à vivre autre chose, à laisser le passé dans le passé.

Mais ça, c’était avant de voir RAW Reunion.

RAW Reunion et la mort de la nostalgie

La WWE nous a démontré lundi soir que la nostalgie, malgré son succès sur les médias sociaux, a ses limites.

Par exemple, la présence de Steve Austin. Stone Cold Steve Austin est l’incontestable vedette de la fin des années 90 à la WWE et l’homme qui a relancé l’organisation une bière à la fois. Sa présence a été gardée pour la fin et, sans surprise, il a reçu la plus chaude réception du public. Le hic? Sa prestance fait pâlir celle des lutteurs actuels de l’organisation. Austin est tellement un gros nom et une fibre nostalgique que tout le reste est pâle à ses côtés. Ça ne rend pas service au produit pour la suite des choses.

Un autre élément problématique de la nostalgie : les gens vieillissent. Revoir des gloires d’antan aujourd’hui n’est pas toujours une bonne chose pour nos souvenirs. Voir Scott Hall marcher péniblement vers le ring, ce n’est pas forcément un événement heureux. Voir Ted DiBiase surjouer son personnage et manquer ses lignes, ce n’est pas de la bonne télévision. Collectionner les clins d’œil au passé sans fil conducteur, c’est comme manger trop de bonbons en buvant une boisson gazeuse. Ça l’air d’une fête jusqu’à ce que tu le fasses et que ta digestion te ramène sur terre.

Une émission comme RAW Reunion, c’est une bonne idée sur papier et pour les publicitaires, mais c’est en réalité trois heures pénibles de télévision.

Trop, c’est comme pas assez

Mais le véritable problème avec une émission comme RAW Reunion, c’est qu’il n’y a plus rien de nouveau ou de surprenant dans ça : il y avait RAW 25 l’année dernière; il y a la présence de légendes à WrestleMania et lors du Hall of Fame annuel; Hulk Hogan et Shawn Michaels sont revenus lors des spectacles en Arabie saoudite; Ric Flair n’est jamais très loin, même chose pour Mick Foley et sa famille; les femmes de l’Attitude Era ont fait des apparitions lors des deux premiers Royal Rumble féminins. Et j’en passe.

La nostalgie à la WWE est une chose banale et surutilisée dans le produit régulier. Quand on fait un événement spécial avec juste ça, ben il ne reste plus rien. C’est un tue-l’amour littéral.

C’est quoi le plan?

Alors, qu’est-ce que la WWE peut faire? Une portion majoritaire de l’auditoire veut voir de la nostalgie puisqu’ils étaient devant leur téléviseur à l’époque. Mais cette portion de l’auditoire ne pavera pas l’avenir. Les plus jeunes ne sont pas interpellés par un Pat Patterson ou un Gerald Brisco. Il ne faut pas systématiquement jeter le passé aux poubelles, mais il faudrait penser à minimiser son utilisation, ne serait-ce que pour sauver l’effet « wow » de revoir Steve Austin de temps en temps.

Dans le fond, je suis surtout déçu de voir une organisation que j’aime et observe depuis si longtemps ne pas s’actualiser et suivre la parade. C’est comme assister à la mort lente du VHS.

Un peu de nouveau, svp!

Peut-être que la WWE changera quand Vince McMahon ne sera plus aux commandes, mais peut-être qu’il sera trop tard. Peut-être que le monstre de la nostalgie aura complètement avalé l’organisation et que RAW ne sera qu’une longue suite de reprises pour les 25 prochaines années puisque de toute façon, comme me le confirme une émission comme RAW Reunion, rien ne sera mieux que Steve Austin dans le cœur des amateurs.

Et c’est triste de ne jamais revenir de son ex même quand elle a refait sa vie ailleurs.



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