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Avec 6 petits points en 8 parties pour l’Impact, la lune de miel est terminée entre Rémi Garde et le public montréalais. Cette semaine le technicien français a fait face à la musique, alors qu’il a répondu aux nombreuses questions des médias après la lourde défaite contre Atlanta (4-1).

Sans langue de bois

Les extraits de cette conférence de presse ont alimenté les débats dans la communauté de partisans de l’Impact. Sa référence à la « culture d’entraînement » a été interprétée comme ambitieuse ou insultante. Ses invectives envers Edwards, Jackson-Hamel et Oduro ont eu le mérite de clarifier sa position sur ses atouts offensifs. D’ailleurs, Mancosu a été le seul épargné, car « il a bien aidé en début de saison ». Mais, force est de constater qu’après une écoute complète des dires de Rémi Garde (16 minutes), nous avons eu droit à une belle tempête dans un verre d’eau.

Ses propos ont été plutôt modérés et conciliateurs. Si expliquer sa démarche équivaut à dire les vraies affaires, la communication sportive à Montréal est décidément bien opaque. Sans être un adepte de la langue de bois, Rémi Garde a fait preuve d’un discours bien rodé qui a repris tous les poncifs du genre, dont les fameux « le groupe est uni », « il faut bien travailler », « on doit retrouver la confiance », « le football est un métier », « le match important de la fin de semaine », etc.

Alors que retenir de cette conférence ?

Après que son club ait subi une 4e défaite consécutive, le coach de l’Impact déplore qu’il « n’a pas les mêmes moyens au départ des matchs », et se plaint d’« éléments qui ne sont pas favorables » discutant d’arbitrage et des blessures.

Néanmoins, Rémi Garde a le mérite de faire un mea-culpa sur ses méthodes lorsqu’il évoque être « responsable de la manière dont joue l’équipe sur le terrain », et qu’il devra « changer certaines choses dans la manière d’aborder les matchs », mais aussi « être un peu derrière ses joueurs plus souvent pour les aider ».

Finalement, le moment où notre oreille a sifflé, c’est lorsqu’il parle de son effectif. En effet, Rémi Garde affirme : « vous le savez la composition du groupe me dépasse un petit peu ». Ah bon ? Si la petite phrase est passée complètement inaperçue, c’est peut-être, car l’on sous-estime la patte du coach sur cette saison de transition (à oublier).

Rémi Garde le chef d’orchestre

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Crédits photo : Getty Images

Le Lyonnais est arrivé en début novembre 2017 avec le titre d’entraîneur-chef de la première équipe du club et de directeur du personnel des joueurs. Sous l’aval de l’ancien Lyonnais, l’Impact de Montréal a exercé l’option des contrats du gardien Evan Bush, des défenseurs Kyle Fisher, Chris Duvall et Daniel Lovitz, des milieux de terrain David Choinière et Michael Salazar, et de l’attaquant Nick DePuy.

Après les camps de présaison, Choinière se blesse tandis que DePuy et Salazar sont prêtés à d’autres clubs.

Parmi les joueurs de la saison précédente sous contrat pour 2018, Rémi Garde est vite passé à l’action. Le gardien de but Maxime Crépeau, les défenseurs Deian Boldor, Shaun Francis, Laurent Ciman et Wandrille Lefèvre, les milieux de terrain Blerim Dzemaili, Andrés Romero, Hernán Bernardello, Shamit Shome, Ballou Tabla vivent leur saison 2018 sous d’autres cieux.

Si Blerim et Ballou ont tout fait pour partir, les autres loin du club ont été vivement encouragés à jouer ailleurs. Ajoutons à ça les Patrice Bernier, Ambroise Oyongo, Eric Kronberg, et Hassoun Camara dont les contrats ont pris fin et qui, eux aussi, ne sont pas de retour avec le club en 2018.

En tout, 17 joueurs de 2017 ont quitté le onze montréalais.

Alors qui reste-t-il de ce groupe qui dépasse un petit peu le nouveau coach ? La liste est courte. Evan Bush, Víctor Cabrera, Ignacio Piatti, Samuel Piette, Matteo Mancosu sont dans les bonnes grâces de Rémi Garde. À l’heure actuelle, on est moins affirmatif pour les blessés Kyle Fisher, David Choinière et Marco Donadel ainsi que pour les jeunes Louis Béland-Goyette et Shamit Shome.

Quant à Anthony Jackson-Hamel et Dominic Oduro, ils sont clairement dans le viseur de l’entraîneur français. Pour le reste : Jason Beaulieu, Rudy Camacho, Zakaria Diallo, Clément Diop, Raheem Edwards, Rod Fanni, Ken Krolicki, Thomas Meilleur-Giguère, James Pantemis, Michael Petrasso, Jukka Raitala, Saphir Taider, Alejandro Silva et Jeisson Vargas sont tous des signatures approuvées par le coach.

On y voit plus clair dans l’effectif de 31 contrats du club : 14 choix du coach, 17 anciens dont 6 validés, 4 en prêt, 3 qui doivent se prouver, 2 blessés longue durée et seulement 2 dont le coach ne veut pas. Que Rémi Garde ne soit pas satisfait des performances de son effectif, c’est une chose; qu’il estime que les joueurs présents ne sont pas ses premiers choix, c’est aussi à considérer.

Par contre, lorsqu’il se dédouane de la composition de l’effectif, il induit en erreur la communauté de partisans de l’Impact. Garde n’a pas chômé depuis son arrivée, et quoi qu’il en dise cet effectif c’est bien le sien…

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