O-Pee-Chee

Je suis un enfant des années 80 qui a grandi en région, la Haute-Mauricie plus spécifiquement. J’ai vécu les deux dernières conquêtes de la Coupe Stanley du Canadien à travers mes yeux d’enfant admiratif.

À la fin des années 80, l’industrie de la carte sportive a littéralement explosé, provoquant ce que l’on appelle maintenant la « junk wax era » en raison du nombre démesuré de produits offerts par les différentes compagnies comme O-Pee-Chee, Topps et Upper-Deck.

Cette explosion de la carte a façonné mon enfance et celles de plusieurs ti-culs du Québec qui collectionnaient les cartes de Patrick Roy, Mario Lemieux et les meilleurs de l’époque. On trouvait des cartes au dépanneur, à côté des livres d’autocollants Panini, à l’épicerie, chez Jean Coutu, dans les grandes surfaces et même certaines stations-service, sans parler des arénas et des magasins exclusivement consacrés à l’accumulation d’objets de collection.

Bref — il y avait des cartes de hockey partout au Québec et nous étions heureux d’en avoir à la maison, dans une boîte à soulier ou dans un cartable, bien rangées dans notre chambre pour des consultations futures et des échanges avec nos amis.

La nostalgie des cartes

Dans un élan nostalgique, j’ai décidé de revivre le « thrill » d’ouvrir une boîte de l’époque.

À 6-7 ans, ouvrir une boîte de cartes de hockey, c’était aussi gros que Noël et la Saint-Jean-Baptiste combinées (j’exagère à peine). C’était une longue cérémonie qui m’occupait pour la journée. Ouvrir les paquets, classer les cartes, écarter les doubles, tout mettre dans un cartable et puis les observer. La minutie était de mise tout comme la patience avec mes petites mains pas encore tout à fait optimales pour la motricité fine.

C’était la belle époque.

Avec l’aide des proprios de chez Collect-Edition à La Prairie, j’ai replongé en enfance avec une boîte pleine d’O-Pee-Chee 1991-1992, avec les gommes dedans, dans l’emballage d’origine.

Voici le résultat.


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La boîte, presque intacte, n’attendait que mes mains curieuses.

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On le voit mal sur les photos, mais les paquets sont faits d’un genre de papier ciré avec la même texture qu’un papier sortant du four, chaleur en moins. Ça suinte un peu.

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Cette quantité de paquets à ouvrir, c’est un projet, surtout pendant la canicule. Chaleur + Papier ciré = pas forcément l’idée du siècle.

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J’ai raté ma chance d’acheter cette précieuse ceinture pour collectionneur à l’époque. J’me demande s’ils honorent encore les commandes chez O-Pee-Chee Canada?

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Tous les paquets contiennent cette précieuse gomme antique, déposée là il y a près de 30 ans comme une bouteille à la mer. Une lueur d’espoir pour les nostalgiques des walkmans cassettes et des joggings fluo. Je n’ai pas osé en manger une, l’odeur de vieux ciment en poudre mélangée à la texture d’un papier sablé usé aura eu raison de ma volonté.

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Par contre, je les ai toutes gardées. Un doux parfum antique habite désormais mon bureau à la maison.

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Tellement appétissante, comme du Pepto-Bismol croquable qui a passé l’hiver sur le balcon.

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Bon, les gommes c’est amusant, mais c’est les cartes qui m’intéressent.

Passons aux choses sérieuses

En 1991-92, on faisait tout un cas sur les Sharks de San Jose. Le turquoise, c’était très tendance, tout comme les coupes de cheveux « Business up front, party in the back ». Patrick Kane s’en inspirait quotidiennement, lui aussi a sûrement grandi avec ces cartes.

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On faisait tout un plat sur les nouvelles équipes aussi.

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À fréquence d’une par paquet, on avait la chance d’obtenir des cartes des joueurs soviétiques de la Super Serie. Avant la KHL et la popularité de certains joueurs, la crainte des pays de l’Europe de l’Est étaient réelles ici, sûrement alimentées par notre surconsommation du film Rocky IV.

Posséder ces cartes était une façon de rendre « l’ennemi » plus accessible. Notez que les trois joueurs sur ces cartes ont fini par faire le saut dans la LNH. C’était big de les « connaître » avant, croyez-moi.

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Par contre, la faucille et le marteau sur une carte — ct’un brin intimidant.

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Donald Audette et Olaf Kolzig parmi les espoirs à surveiller. Nous sommes définitivement dans une autre époque.

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J’ai oublié la carrière de Trevor Kidd, mais cette paire de lunettes ne quittera jamais ma mémoire.

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Là on commence à jaser, ça c’est de la recrue. Jagr avait l’air un peu plus fringant à l’époque.

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D’ailleurs, Ed Belfour a eu une grosse année faut croire.

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Parlant de grosse année, ce nom me dit quelque chose.

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Plus jeune, j’adorais mes cartes de Brett Hull. J’étais très impressionné par toutes les mentions « 50 buts en 50 matchs », c’était tout un exploit pour le p’tit cul que j’étais. Par contre, à cet âge, je pensais que les Blues portaient leur nom en raison de la couleur de leur chandail. Oh well…

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Guy Lafleur dans les mauvais uniformes, c’est triste quand même.

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Le Saint Graal de ma jeunesse — une carte de Patrick Roy. Elle était souvent accompagnée d’un chandail de Patrick Roy, d’une réplique de son casque pour jouer dans la rue et d’un minimum d’une imitation par jour de son clin d’œil aux Kings.

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Parlant de mauvais uniformes : Peter Stastny, mesdames et messieurs.

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La division Adams, le royaume du CH à l’époque. Ce n’est pas d’hier que l’avantage numérique est ordinaire à Montréal.

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Qui n’aimait pas Lyle Odelein à l’époque? Secondé par monsieur Racicot et un jeune Éric Desjardins. C’était le début de la grande formation avant la conquête de 1993, avec Shayne Corson et « Fafan » Richer. La belle époque.

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Denis Savard est peut-être encore dispo si on se cherche un premier centre pour la saison prochaine. Monsieur Bergevin, à vous de jouer.

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Sinon, la moustache de Mike McPhee pourrait faire le travail.

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Ah les vilains Nordiques. À part Owen Nolan et peut-être Curtis Leschyshyn, rien de marquant là, n’est-ce pas?

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C’est bizarre quand même Joe Sakic sans le « C » de capitaine et pas dans l’uniforme de l’Avalanche. Très bizarre.

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Même chose pour Mats Sundin pas à Toronto (ou pas).

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Au final, c’est une belle petite cagnotte que cette boîte d’O-Pee-Chee. La valeur monétaire est risible, moins de 10$ sur Ebay, mais on ne peut pas mettre de prix sur la nostalgie et l’attachement sentimental. Plonger dans une vieille boîte d’O-Pee-Chee, c’est plus qu’une dépense — c’est un voyage au cœur de l’enfance.

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Ne reste qu’à trouver une utilité à toutes ces cartes, et surtout, toute cette gomme précieusement conservée dans un ziploc à la maison.

Vous avez des suggestions?


Encore une fois, merci à Collect-Edition pour la boîte. N’hésitez pas à visiter leur boutique à La Prairie, c’est ben swell pour le collectionneur en vous.  

BONUS —un petit salut au collègue chez RDS, Jocelyn Lemieux.

JocelynLemieux



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