CMJ : Équipe Canada en 2017

Vous avez remarqué qu’on débute les temps des fêtes plus tôt cette année? Pour la première fois, un sapin de Noël au mois de novembre, ça passe. Pour les amateurs de hockey, les réunions familiales sont les bienvenues, en autant que ça ne se déroule pas pendant un match Canada-Russie au Championnat mondial de hockey junior.

D’ailleurs, parler du Championnat mondial de hockey junior au mois de novembre, c’est comme le sapin de Noël, en 2020, t’as le droit.

Souvenirs du Mondial Junior

Je suis replongé dans mes souvenirs pour cet événement qui, comme plusieurs, a marqué ma jeunesse durant le temps des fêtes. Kid, j’avais une fascination pour les gardiens de but. Lorsque les tournois du mondial junior se tenaient en Europe, j’ajustais le cadran une bonne demi-heure avant le début du match.

Ça me prenait mon avant-match, à moi aussi. J’enfilais mon ensemble de gardien de but de rue. La marque Road Warriors, vous vous rappelez? Si t’es un jeune trentenaire, tu te dois de t’en souvenir. Je substituais mon gant de baseball à la mitaine de gardien. La mite de balle allait mieux.

Puis, j’étais prêt pour le début du match. Devant le téléviseur, j’avais enlevé tout ce qui pouvait être encombrant. J’étais José Théodore, Marc Denis, Mathieu Garon, Pascal Leclaire, Maxime Ouellet.

Le gars recevait un tir, j’en recevais un moi aussi. En style papillon à 7h30 le matin le 28 décembre. J’ai réveillé certains membres des Richard un peu plus tôt qu’ils ne l’auraient souhaité durant le temps des fêtes.

Associé à Équipe Canada Junior

Si vous avez trippé sur Équipe Canada junior, vous vous rappelez des joueurs les plus obscurs. On dirait que je me souviens encore plus des joueurs qui ont eu une modeste carrière professionnelle que ceux qui ont dominé dans la Ligue Nationale.

Rico Fata, Daniel Tkaczuk, Brandon Reid, je ne vous ai pas oublié les amis.

Jamie Lundmark, Steve Eminger, vous ne me connaissez pas, mais je vous connais. Je le sais, que vous êtes droitier.

Jordin Tootoo, Steve Ott, Steve Downie, que ça rentrait au poste, les mises en échec.

Je pourrais continuer comme ça toute la journée!

À moitié imposteur

Ces souvenirs de jeunesses me ramènent à 2017. Le tournoi est conjointement présenté, à Toronto et Montréal, mais les rondes quarts de finale, demi-finales et finale sont présentées à Montréal.

Au début du tournoi, mes patrons m’envoient au Complexe sportif Bell à Brossard, recueillir les propos de l’équipe finlandaise, qui connaît un tournoi difficile. Très peu de membre de l’équipe parlent anglais, si bien qu’après deux ou trois courtes entrevues, je suis de retour vers le bureau.

Mon affectation a duré dix minutes, mais ce fut suffisant pour obtenir une accréditation qui me permet d’assister à tous les matchs du tournoi.

Un peu incrédule et suspicieux, je m’assure qu’il s’agit bien de TOUS les matchs, même ceux du Canada, même lors de la ronde des médailles. On me confirme que oui.

Eh bin! J’assiste donc aux matchs du Canada en quart, demi, et finale, sur la galerie de presse.

Le hic dans tout ça, c’est que je ne travaille pas quand j’assiste au match. Mon collègue Alexandre Tourigny est celui qui est affecté à la couverture des matchs du Canada. J’assiste donc aux rencontres en tant que spectateur… sur la galerie de presse.

Au milieu de la troisième période, le membre de l’équipe des communications de Hockey Canada demande à chacun des journalistes s’ils ont des demandes spéciales pour les entrevues d’après-match. Un peu embêté de lui dire la vérité, de peur de perdre l’accréditation, je lui invente que je suis le bras droit d’Alex Tourigny, donc que je vais communiquer avec lui pour les demandes.

Ce qui est totalement faux. Quand le match se termine, je suis dans le métro Lucien-Lallier, de retour chez nous.

Charles Saindon-Courtois l’apprendra s’il lit ce texte.

N’empêche, la finale entre le Canada et les États-Unis est le match le plus enlevant que j’ai vu sur place dans ma vie. Plusieurs collègues soulevaient le point que c’était peut-être la rencontre la plus excitante de l’histoire du Centre Bell.

Il y a avait une tension palpable sur la galerie de presse, bondée de journalistes qui affichent habituellement une neutralité un peu plus prononcée. Le Canada s’est finalement incliné en tirs de barrage, après plusieurs revirements de pointage durant le match. Mathieu Joseph a marqué en échappée en début de troisième période. Pierre-Luc Dubois a raté une occasion en or qui aurait donné la victoire aux siens. Les deux périodes de prolongation ont été enlevantes.

Plusieurs Québécois formaient cette équipe. Julien Gauthier, Nicolas Roy, Mathieu Joseph, Pierre-Luc Dubois. Mais surtout, Thomas Chabot.

Ne serait-ce que pour voir ce jeune défenseur danser sur la patinoire avec un échec-avant constant des Américains en pleine période de prolongation, ça valait la peine de faire semblent de travailler durant trois soirées.



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