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On capote aujourd’hui sur de nombreuses athlètes du Québec, comme les sœurs Dufour-Lapointe, les plongeuses québécoises, Kim Boutin, les boxeuses Kim Clavel et Marie-Ève Dicaire, etc. Mais pendant longtemps, les femmes n’étaient pas trop invitées à être excellentes en sport.

Elles sont, plus souvent qu’autrement, moins payées, on leur impose encore des standards comme « être cute » avant de leur offrir des commandites et on assume qu’elles sont moins performantes, mais au moins, elles ont le droit de participer, tsé.

Sauf que les choses bougent de plus et en plus et, comme vous le verrez plus bas, c’est pas mal grâce à ces trois pionnières.

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Cécile Grenier

Photo : Crédits photo : UQAM

Cécile Grenier est une précurseure de l’enseignement sportif. Elle fonde, en 1938, une école qui forme surtout des femmes à enseigner l’éducation physique dans les écoles de la province.

Mme Grenier croit que le sport doit être pratiqué de façon différente chez les femmes et les hommes, mais elle dénonce quand même le conservatisme de l’Église qui rend difficile, par exemple, le port d’un costume approprié à l’activité sportive et qui interdit certaines activités perçues comme non morales, comme la danse et les démonstrations sportives devant public, qui, c’est bien connu, font fondre les yeux des hommes et rendent les femmes inaptes à faire un gâteau.

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Hilda Strike

Photo : Stella Wash et Hilda Strike, 1932

La Montréalaise n’a que 22 ans lorsqu’elle traverse le continent pour aller courir aux Jeux olympiques de 1932, à Los Angeles. Elle remporte la médaille d’argent au relais 4×100 mètres, puis répète le même exploit à l’épreuve du 100 mètres, seulement battue par la Polonaise Stella Wash.

Elle devient la première Québécoise médaillée aux Olympiques.

Pour la petite histoire, quelques années plus tard, il a été révélé que Stella Wash était hermaphrodite, mais avait les organes génitaux masculins. Le débat sur l’identité sexuelle des sportifs était lancé, et c’est vraiment, tellement pas réglé, comme le prouvent les débats entourant la coureuse Caster Semenya.

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Myrtle Cook

Photo : Myrtle Cook

Médaillée olympique aux Jeux de 1928 (athlétisme), elle est l’une des premières à promouvoir le sport de compétition chez les femmes. La mentalité de l’époque privilégiait le sport féminin comme une façon de garder la santé et donc d’assurer que les femmes puissent remplir leur rôle traditionnel : être mère.

Elle tiendra une chronique, quotidienne entre 1929 et 1944, puis hebdomadaire jusqu’en 1969, dans le Montreal Star. Elle y parle des performances sportives réalisées par des femmes d’ici ou d’ailleurs et sa chronique paraît dans la section sportive du journal, plutôt que dans celle destinée aux « intérêts féminins ».

Une genre de Serge Vleminckx du sport féminin. Mais avec plus de klout, tsé.

NDLR : On a appris vraiment plein de choses sur les femmes et le sport grâce à la lecture de Mises au jeu, les sports féminins à Montréal, d’Élise Detellier. À lire, vraiment.



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