La semaine dernière, Troy Smith, ancien quart-arrière repêché par les Ravens de Baltimore et qui est même venu faire un tour avec les Alouettes, s’est fait arrêté en était d’ébriété, ou plutôt en état de « shit man, kessé tu fais à conduire avec toute la crap que t’as dans le corps? ». Lors de son arrestation, une pièce d’anthologie en passant, le policier lui pose différentes questions. D’où arrives-tu et où vas-tu de même? As-tu bu? Le classique.

Mais lorsqu’il lui demande de réciter l’alphabet en partant de la lettre C jusqu’à la lettre W, ça se complique. Même chose avec la question : Quel est votre niveau de scolarité le plus élevé. L’ami Smith répond qu’il a un bac en baccalauréat.

Bon, on sait que Smith était intoxiqué à l’os et qu’il disait pas mal n’importe quoi, mais ça soulève quelques questions quand même sur la scolarité des athlètes et surtout sur cette merveilleuse organisation qu’est la NCAA.

Plusieurs remettent en question l’intégrité de cet organisme collégial américain. Et on n’ira pas en profondeur là-dedans…

Mais j’ai comme le goût de soulever quelques points :

– La NCAA fait des milliards en revenus publicitaires et droits télé, surtout pour les matchs de football, les Bowls et le March Madness au basketball.

– Dans les faits, les « départements » sportifs des universités font bien peu d’argent. Tout ça, car ils maîtrisent parfaitement l’art de dépenser au max pour limiter les profits.

Ohio State Stade

– Voilà pourquoi ils possèdent des stades pouvant accueillir plus de 80 000, parfois même 100 000 partisans. En fait, les 10 plus grands stades aux États-Unis sont des stades universitaires.

– Voilà pourquoi ils ont des centres d’entraînement ultra-sophistiqués et des vestiaires dignes des ligues professionnelles.

– Voilà pourquoi ils peuvent se permettre d’engager des entraîneurs comme Nick Saban ou Jim Harbaugh à des salaires de plus de 7 millions par année.

– Et en contrepartie, les athlètes qui attirent les fans, qui font vendre les chandails, qui permettent d’acquérir les droits télé et les commandites, font zéro, zip, rien, nada. 0$.

– La NCAA aime jouer avec les mots. Le joueur est un « athlète étudiant » et non pas un employé. Sa paie au joueur, c’est le fait d’avoir un « scholarship » gratos, d’étudier dans des cours bidons de Swahili (langue africaine) pour augmenter les notes, et finalement le rêve de pouvoir atteindre les ligues majeures.

– Sachant que moins de 2% des étudiants-athlètes se rendent dans la grosse ligue, que le joueur peut facilement perdre ses droits de scolarité dans un cas de blessure et être sévèrement puni s’il obtient quelque compensation que ce soit, comme se faire payer un lunch par le coach, on commence à trouver qu’il y a un petit déséquilibre.

Le toujours excellent John Oliver avait fait une critique assez virulente de la NCAA l’année dernière.

Donc avec tout ça en tête, on se dit qu’il est très probable que Troy Smith se sacre pas mal de son bac parce qu’il ne lui sert à rien. Ou qu’il ne sait juste pas dans quelle matière il a gradué, parce que c’est juste pas important dans le fond.

Une simple recherche sur Wikipédia nous indique que Troy Smith a obtenu un Bac en communications à l’université Ohio State en 2007.

C’est quand même un peu ironique non ?



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